‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 251 sur 295 · MOULINS A VENT · texte numérisé non relu

MOULINS A VENT

moulin onse sert d’un frein en bois, qui vient serrer intérieurement le rouet. Cette opération peut se faire du dehors, au moyen d’une corde qui correspond au ressort qui imprime le mouvement à ce frein.

Il ne paraît pas que le vent se trouve dans une direction parallèle à l'horizon; il est du moins généralement reconnu que des ailes verticalement placées prennent moins bien le vent que si l’on incline de 8 à 15° avec l’horizon l'arbre qui porte les ailes. Tous les constructeurs sont d’accord sur ce point.

$ II. — Des moulins à vent horizontaux.

En général où le vent sert de moteur, c’est sur des ailes verticales qu'il agit; le moulin à vent horizontal, quoique essayé assez souvent, n’a pas été adopté. L'avantage qu’il offre au premier coup d'œil, c’est de tourner à tout vent sans avoir besoin d’être orienté; mais il a le désavantage de offrir à l’action du vent qu'un peu plus d’une voile à la fois; tandis que, dans les moulins à vent ordinaires, le vent agit contre les 4 ailes en même temps.

SMEATON assure que la puissance du moulin à vent horizontal n’est réellement que la 8e ou 10e partie de la puissance du moulin à vent vertical.

Nousterminerons là nos observations sur les moulins à vent horizontaux ; ils sont à la vérité employés dans quelques endroits à la mouture des grains, mais cette mouture, par suite de l'irrégularité du moteur, est si grossière, qu'elle ne mérite pas qu’on s’en occupe autrement que pour mémoire.

SecTion IX. Des moulins à manége et à bras.

Pour bien moudre il faut une force assez grande et surtout régulière. Cette double condition est essentielle, et c’est ce qui a rendu les moulins à manége et les moulins à bras si difficiles à combiner avec la pratique, quoique la théorie y trouvât quelques avantages économiques. En effet, «achètes ton grain et fais-le moudre chez toi, disait-on au boulanger; tu cumuleras le bénéfice du meunier et tu auras en outre la certitude que tous les produits de ce blé te rentreront. » On tenait le même langage aux fermiers qui ont beaucoup d'ouvriers à nourrir ; aux agens de la guerre, qui font le pain du soldat. Pourquoi donc les moulins à manége ou à bras n’ont-1ils pas trouvé de nombreux amateurs ? c’est que la force donnée par le trait des animaux et par les bras de l’homme était d’une part trop peu régulière, et de l’autre qu’elle coûtait beaucoup plus cher, proportion gardée, que les autres moteurs : l'eau, le vent ou la vapeur.

Les moulins à bras où à manége ne sont donc que d’une application exceptionnelle; par exemple, à la suite d’une armée en campagne ; sur des vaisseaux destinés à des voyages de long cours; dans une exploitation rurale peut-être qui aurait déjà un manége bien appliqué au mouvement d'une machine à battre ou à une sucrerie, etc. ; mais pour fabriquer de la farine commerciale , pour lutter avec les moulins à eau même les plus arriérés, les moulins à bras ou à manége seraient tout-àfait impuissans.

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Nous n'avons donc rien à dire de la mouture des grains par moulins à bras ou à manége ; si elle pouvait être d’uneapplication habituelle, elle aurait absolument les mêmes principes et les mêmes règles que la mouture par la force de l’eau, du vent ou de la vapeur; c’est-à-dire

u'il lui faudrait, de bonnes meules bien

ressées et de composition aussi homogène que possible ; un rhabillage approprié à la pierre et à la quantité des blés à moudre ; des rouages bien centrés; des bluteries bien combinées, etc.

MM. .Duranp, MALARD, PERRIER, GUIL- LAUME, et beaucoup d’autres ont établi des moulins à bras qui diffèrent trop peu entre eux pour mériter, en ce qui concerne la mouture, une mention particulière.

Section X. Des moulins à cylindres et à meules verticales.

Ii était tout naturel de penser que l’action de meules depierresuperposées, n’était pas le seul mode qui fût prapre à réduire les grains en farine ; la nécessité où sont les meuniers de rhabiller continuellement la pierre , devait faire chercher une machine qui n’eût pas cet inconvénient. L'application de cylindres en fonte doués d’un mouvement de rotation, à des opérations nombreuses de mécanique, indiquait que leur action devait aussi convenir à la pulvérisaiion des blés. Effectivement plusieurs mécaniciens ont monté des machines de ce genre, en annonçant des résultats bien supérieurs à ceux qu'on obtenait au moyen des meules; ainsi M. Garçon MaLanp imprimait dans ses prospectus en 1830 qu’à l’aide de ses moulins à cylindres, il extrayaiten toutes farines de 75 a85 pour 100 du blé,etqu’en repassant dans son moulin les sons provenant des moulins ordinaires à meules, on pouvait encore en extraire 8 pour 100 de farine , à raison de 16 kilog. de farine par heure.

Malheureusement l'expérience a démontré que ces résultats étaient exagérés et de beaucoup. Loin de présenter des produits plus considérables en farine, les blés donnés à moudre aux cylindres Garçon -Malard laissaient des sons trop gras, et qu’il fallait indispensablement remoudre, opération toujours fatale au meunier, ces remoutures de son ne donnant que des farines inférieures. Tout mode de mouture qui nécessite cette reprise des sons peut être jugée d'avance comme vicieuse, quelle que soit la blancheur de ses premiers produits ; il n’y a que lamouture pour gruaux sassés pour laquelle, ainsi que nous J'avons expliqué à son chapitre spécial, cette reprise des sons soit applicable; encore est-il constant

ue la première farine qui en provient est inférieure, et considérée comme deuxième.

M. Garçon-MaLanD avait placé son moulin dans un des faubourgs de Paris, sur une force de manége; là il ne put jamais suivre une mouture complète et se rendre un compte bien uet de ses produits ; MM. TRUFFAUT de Pontoise et Dangzay de Corbeil. à sa sollicitation, montèrent chez eux chacun un de ses appareils; mais ces essais démontrèrent l'infériorité des cylindres comme moyeu de mouture; la grande difficulté est de tenir les cylindres tellement bien serrés sur leurs tou-

| rillons que leur contact soit toujours parfaitcment horizontal ; pour peu que ces touriHons se desserrent ou seulement l’un d’eux, on conçoit que le blé s’attrape sans être suffisamment atteint, que le son reste trop gros et que la farine ne s’affleure pas. Cet inconvéuient arrive bien quelquefois dans les meules horizontales; mais si par un mouvement vertical quelconque le grain de blé n’est pas suffisamment atteint, il est repris un peu plus loin sous la meule; cest ce qui explique comment, avec des meules horizontales souvent très mal montées, 1rès mal dressées et rhabillées, on parvient encore à faire de la farine. Des cylindres montés avec la même négligence ne feraient pas à beaucoup près le même travail.

La seule chose que le meunier ait conservé des cylindres GARÇçON-MaLarp, c’est l’application de deux petits cylindres concasseurs, qui aplatissent le blé avant de l’engrener dans les meules. Cette opération préalable que de bons meuniers adoptent, que d’autres bons meuniers regardent comme inutile , aurait, à ce qu’il paraît, l'avantage de faciliter àla meule l'action d'ouvrir le grain de blé en deux parties égales, et de préparer ainsi un son plus large, plus plat et plus facile à nettoyer, sans crainte de pulvérisation.

Les moulins à cylindres ne sont donc véritablemen! que des moulins broyeurs, qui conviennent parfaitement pour concasser toute espèce de grains pour la nourriture des bestiaux ; sous cerapportnous en recommandons l'emploi aux cultivateurs; il y a grande économie à nourrir les chevaux avec du grain dont la pellicule est ouverte parce qu’il est plus facile à digérer.

Dans le même temps que M. GaARgoN - MA- LARD, M le comte Dusoure annonça qu'il importait de Varsovie un moulin également à cylindres , qui donnait des résultats magnifiques. Outre l’action de ces deux cylindres au moyen de leur contact sur ur point de leur circonférence, la mouture, dans le système Dupoure, se reprenait au-dessous de ces cylindres, sur une surface cannelée qu’il appelait l'âme. C’est là que la farine s'achevalt. Le système DupourG n’a pas été plus heureux dans l'application manufacturière que celui de M. GARÇON-MaLaRD.

Fig. 484.

La fig. 484 représente un moulin à cylindres de M. Jonn CoLLiEr, qui donne ue idée complète et de l’action des cylindres par eux-mêmes et de l’âme du système Dnbourg.

M. Corxxer appelle cette âme, un frottoir; ilest en bois dur et s'appuie plus où moins à l’aide d’un levier à romaine, contre la partie inférieure des eylinidres

Fig. 485,

———— 2 Er, £t û Rs = 2

La fig. 485 représente les deux cylindres À. B est ie frottoir, C le levier à romaine, qui sert à presser je frottoir.

Cette disposition ne peut suppléer comme moyen de mouture à l'insuffisance des cylindres, et elle est essentiellement vicieuse sous Je rapport de l’emploi de la force motrice, car le frottoir agit à la manière d’un frein dynamométrique, et épuise une grande partie de la

uissance.

s Ce que nous venons de dire des moulins à cylindres peut s'appliquer aussi aux moulins à meules verticales.

M. Marre de ViLLore, etaprès lui, M. Tr.

Nopzer, ont établi sur ce système des moulins d’une construction légère et véritablement séduisante ; mais jusqu’à présent, ni l’un ni l’autre ne sont parvenns à vaincre la grande difficulté : la variabilité des tourillons, sur lesquels est supporté l’axe de Ja meule tournante, et la presque impossibilité de tenir les deux meules en parfait rapport entre elles. Conséquemment ils ne peuvent obtenir des sons parfaitement nettoyés; ils sontobligés de lesremoudre, système vicieux, comme nous l'avons indiqué plus haut,

En faveur des moulins à meules verticales de MM.Marrre et Noner, nous devons dire, que nous les croyons les mieux appropriés aux cas exceptionnels qui peuvent faire adopter les moulins à bras où à manége; la guerre en pourrait faire un très bon emploi dans une campagne de montagnes. Ils pourraient fonctionner en faisant route.

La fig. 486 représente l’ensemble du moulin Fig. 486.

Le

de M. Noprer, moins l'enveloppe en bois qui doit éviter l’évaporation de la farine. La fig. 487, exécutée sur une plus grande échelle pour en mieux faire apprécier les détails, est une coupe dans laquelle on à fait figurer : 1° une partie seulement de la meule courante; 2° la totalité de la meule gisante (ou gîte), avec le système de rapprochement et d’écartement qui fait la base de l'invention de D. Nopier. La fig. 488 représente : 1° un

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