‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 270 sur 295 · CHAPITRE XXV. — DE L'EXTRACTION DU SEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV. — DE L'EXTRACTION DU SEL

Sous les noms SEL MARIN, SEL DE CUISINE, SEL GEMME, SEL BLANC, SEL RAFFINÉ, On désigne le sel le plus usité dans l’économie domestique, comme dans les exploitations agricoles et industrielles. Les 2 premières dénominations indiquent quelquefois plus particulièrement le sel brut obtenu par lévaporisation des eaux de la mer, la 3e s’applique au sel extrait des mines à l’état solide; les 2 dernières spécifient les produits du raffinage ou de l’épuration des 2 sortes de sels bruts.

Une grande partie du sel qui se consomme se trouve dans la terre, tout formé; il constitue des dépôts très considérables, en masses solides, qui donnent souvent lieu à d’abondantes sources salées également exploita-

bles.

Les mines de Williczka, en Pologne, sont pratiquées dans un dépôt salifère ayant environ 200 lieues de longueur et 40 lieues de largeur, et plus de 300 mètres d'épaisseur. On a trouvé en France, dans le département de la Meurthe, un banc analogue. Ce sel est tantôt blanc et transparent, et alors presque complétement pur, ou bien opaque, coloré en une teinte rougeâtre ou brune par l’oxide de fer, renfermant en outre de l'argile, des traces de bitume, de charbon, etc. Les mines de sel gemme ont d’ailleurs été découvertes en Espagne, en Angleterre, en Hongrie, dans divers États de l’Allemagne et en Russie; on n’en a pas encore trouvé en Suède, en Norwége nien Italie, quoique dans cette dernière contrée on rencontre des sources d'eaux salées ; l'Asie, l'Afrique et l'Amérique renferment des dépôts salifères.

Secrion Ir. — Extraction du sel à l’état solide.

$ Ier. — Mode d’extraction du sel gemme.

Le sel gemme ou des mines s’exploite à l'aide de puits et de galeries, comme les auires munerais ou produits des carrières. Ce sel, coloré ou blanc et diaphane, est en masses ou blocs très compactes, en sorte qu'il doit être divisé en poudre fine pour servir à divers usages, et notamment pour l’application industrielle qui en consomme le plus, c’est-à-dire sa décomposition par l’acide sulfurique, opération dont on obtient du sulfate de soude et de la soude, ainsi que nous l’avons décrit dans le chap XXI. Il n’en est pas de même dusel résultant del’évaporation spontanée des eaux de la mer; celui-ci, formé de lamelles successivement réunies, offre des agglomérations de cristaux facilement perméables,

$ II. — Raffinage du sel des mines.

Le sel gemme est raffiné sur place avant d’être livré à la plupart des usages économiques. Ce raffinage constitue une opération bien facile : On suspend, dans un crible en fer et près de la surface du liquide, les morceaux de sel de différentes grosseurs dans un réservoir rempli d’eau. À mesure que l’eau se sature de sel, devenue plus pesante, elie descend au fond du vase et est aussitôt remplacée par une autre partie du liquide qui vient dissoudre de nouvelles quantités de sel, puis se précipiter à son tour. On conçoit que. de cette manière, on parvienne à salurer de sel toute la masse de liquide.

On laisse alors déposer cette solution trou-

‘ble ; les matières terreuses tombent au fond,

et il suffit d’évaporer le liquide soutiré au clair pour obtenir des cristaux très blancs qui se forment à la superficie, puis tombent au fond du liquide.

À mesure que le sel se précipite, on le recueille en plongeant dans la chaudière A (fig. 512) une espèce de grande écumoire B, quiest munie de 3 anses C. L’ébullition qui fait dégager l’eau en vapeur agite constamment le liquide. La vapeur ne se formant pas dans le petit vase, plongé au milieu du grand, il s’y établit un repos relatif et le sel s’y dépose bientôt assez abondamment pour qu’en soulevant lécumoire, à l’aide d’une poulie D, on puisse l’en retirer avec des pelles en tôle. On porte ce sel dans des trémies en bois blanc E (fig. 513); on laisse égoutter le liquide qu’il contient au travers des trous du faux-fond G ; on peut même obtenir directement, dans la chaudière où le précipité s'opère, le sel dans les vases ou enveloppes qui doivent le contenir pour la vente. A cet effet,on plonge des paniers d’osier blanc H (fig. 514), qui ont la forme d’un cornet,

dans la chaudière, lorsque le sel commence à s’y précipiter ; on les relire une ou 2 minutes

crraP. 25°.

après, remplis de sel. Après les avoir enlevés, on les laisse égoutter et se dessécher à l’étuve, puis après avoir nettoyé l'extérieur à la brosse ou les envoie à la vente.

Secrion II. — Extraction du sel des eaux salées.

On obtient du sel en menus cristaux par l’évaporation spontanée ou artificielle des eaux de la mer ou des eaux de sources salées; et enfin par l’évaporation de l’eau que l’on a saturée de sel, en la faisant séjourner dans les cavités au milieu des mines mêmes. Ce dernier mode d'extraction est même généralement préféré, en raison de ce que les produits qu’il donne sont immédiatement applicables, tandis que le sel extrait en blocs exige un triage, un broyage et souvent la refonte de la plus grande partie; qu’enfin les frais d’évaporation sont très peu plus dispendieux. Le sel marin, que l’on obtient par tous ces procédés, revient à très bon marché; c’est, de tous les sels solubles trouvés dans la nature, celui qui coûte le moins de prix d’extraction.

Dans les pays méridionaux, pendant l'été, l’évaporation des eaux de la mer se fait spontanément par les courans naturels de Pair atmosphérique. A cet effet, on forme, dans un terrain argileux, des fossés d’une grande étendue et très peu profonds, séparés les uns des autres par des languettes de la même terre ; à l’aide de rigoles ou y introduit l’eau de la mer et l’on ferme l’accès par une sorte de vanne; on en ajoute ainsi de nouvelles

Fig.

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