SEL DES EAUX SALÉES
quantités au fur et à mesure que l’évaporation a lieu. Ces dispositions du sol, connues sous le nom de marais salans, forment une série de réservoirs creusés sur les bords de la mer; nous les indiquerons successivement en y montrant la marche des eaux qui s’y doivent concentrer.
$ Ier. — Exploitation des marais salans.
L'eau de la mer, outre le sel marin, contient plusieurs sels moins abondans dont les proportions sont indiquées ci-dessous. Cette eau renferme en outre des substances organiques dont lune d’entre elles produit, au moment du salinage, un phénomène curieux que nous décrirons plus loin.
Composition de l’eau de mer.
Sel marin ou chlorure de sodium. . . 2,50 Chlorure de magnésium. . . . . . 0,35 Suifate de /magnesié. . [27.1 "0. "10:58 Carbonate de chaux et de magnésie. . 0,02 DUO TI CHAUES .re Le Tel les en et RU ÉD LE NE MM so RETRO AMP AE |
La quantité d’eau à évaporer est donc fort grande ; mais, dans les marais salans bien placés l’évaporation est assez rapide pour qu’on obtienne le sel-à un prix très modique. Il est convenable de placer les marais sur une plage unie dont le sol soit argileux et mis à l'abri des marées. L’eau de la mer est conduite d’abord
| dans un fer réservoir A (fg.515), appelé jas,par
ure écluseouvaraigneE. Ce réservoir doit con-
tenir une hauteur de 2 pi. d’eau au moins et |
6 pi. au plus. Dans ce jas l’eau de mer com-
mence à dégager de la vapeur, mais sur- |
tout elle se dépouille des corps qu’elle Lenait en Suspension. Au moyen d’un tuyau souterrais ou gourmas, on la fait passer dans une
| suite de bassins moins profonds €. €, €, nom-
, més couches; de ceux-ci, au moyen du faux-
| gourmas {aulre tuyau souterrain placé en f),
| elle passe dans le mort M; c’est un canal qui fait tout le tour du marais et auquel on donne
jusqu’à 4,000 mèt. de développement. Le mort
amène l’eau dans de nouveaux bassins t, 4, :
connus sous le nom de tables; de ceux-ci elle passe dans une série de bassins semblables m, m, désignés sous le nom de muant; du muant l’eau arrive enfin dans les aires &, 4, a, a où s'achève son évaporalion; elle y parvient par des canaux b, b, b, nommés brassours, qui chacun versent l’eau dans 4 aires par des conduits souterrains qu'on ouvre et qu’on ferme à volonté à l’aide de tampons. L'eau arrive très concentrée dans les aires et ne tarde pas à y saliner. Le dépôt du sel s’annonce ordinairement par une teinte rougeâtre qui se développe dans l’eau et vient à la superficie. Cette coloration est due à la séparation d'une matière organique particulière inaperçue dans l’eau où elle était très étendue ou disséminée. M. Dumas, qui en a recueilli une petite quantité, a reconnu que c’est elle qui exhale, aux alentours des tas de sel des marais, l’odeur de violette signalée par divers observateurs.
Le sel cristallise à la superficie de l’eau ; de temps à autre on brisé la croûte et, lorsqu'il s’est formé une couche assez épaisse, on ramasse le sel avec des ràtissoirs et on le met en tas sur le chemin v, v qui sépare les aires et qu'on désigne sous le nom de vie. Dans certains marais, au lieu de briser la croûte de sel, on la recueille en lécrêmant avec un ràteau à long manche.
Le travail des marais salans commence au mois de mars et se termine en septembre.
Au commencement de la saison, pour mettre le marais en état de fonctionner, on doit le netioyer. Pour cela, on ferme la communication entre le muant et les tables et l’on ouvre le conduit souterrain C désigné sous le nom de coy. Les eaux du muant s’écoulent et entrainent avec elles les dépôts. On jette dans le muant toutes les eaux que contiennent les aires et l’on nettoie celle-ci. On ferme alors a communication entre les couches et les tables et l’on vide ces dernières dans le muant. Les tables étant nettoyées, on pourrait en faire autant des couches, mais ordinairement on s’en dispense,
Le marais étant nettoyé, on amène l’eau du jas dans les couches, delà dans le mort, les tables, le muant, jes brassours, et enfin dans les aires. Quand il y a 1 po. d’eau au plus dans l'aire, on ferme la communication ; l’eau qui arrive dans Îles aires est, dans les 1° temps, peu saturée, parce qu’elle n’a pas séjourné assez de temps dans les bassins intérieurs et que la saison est encore peu chaude. Il faut alors 8 jours pour que le sel se produise dans l'aire; mais, dans la bonne saisor et quand les eaux ont subi une évaporation convenable avant d'arriver dans l'aire, on saline 2 ou 3 fois par semaine, quelquefois même tous les jours.
Le sel se ramasse en tas coniques P,P,nommés pilots, on en tas pyramidaux V, V, qu'on appelle vaches. Ces tas sont recouverts de paille où d’herbages qui les garantissent de la pluie. Le sel, ainsi conservé en tas, s’égoutte et se purifiemême, en ceque les sels déliquescens qu'il contient attirent peu à peu l’humidité de Pair atmosphérique et s’écoulent en solution.
Lorsque le sel a été ainsi suffisamment égoutté, on l’expédie dans le commerce où il
ARTS AGRICOLES : EXTRACTION DU SEL