‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 276 sur 295 · SEL DES EAUX SALÉES · texte numérisé non relu

SEL DES EAUX SALÉES

acquis près de 6 centimètres de diamètre, on les décharge en brisant le sel; celui-ci tombe sur le sol du bâtiment où on le ramasse.

Le salinage d’une cuite qui durerait 5 à 6 jours dans les chaudières se fait en 17 heures sur ce bâtiment. Le sel est plus pur, mais les eaux-mères sont plus abondantes.

Dans le bâtiment on obtient 2 espèces de sel : le 1e" se forme dans les bassins quand l'eau y séjourne quelque temps, avant d’être élevée sur le bâtiment; il est en gros cristaux très blancs ; le second et le plus abondant se produit sur les cordes mêmes. Ces sels sont d'une pureté remarquable. Voici leur composition :

sel des bassins. sel des cordor

Sulfate de magnésie. . 0,40 0,58 id. de soude . : . 0,75 2,00 Chlorure de magnésium. 0,18 0,25 Selamarin 2,7. 14106): 20867 97,17 109,00 100.00

. On livre rarement au commerce du sel marin aussi pur; toutefois ce procédé, plus dispendieux de 1e établissement d’usé et de main-d'œuvre, n’a été adopté qu'à Moutiers, partout ailleurs on a préféré le salinage en chaudières que nous allons décrire.

D'après des analyses nombreuses sur des échantillons pris à toutes les époques importantes de l'opération du salinage en chaudières, M. BerTRIER résume ainsi les préceptes et la théorie de cette opération.

Il faut schloter à grand feu pour déterminer la formation du schlot, et par suite la séparation d’une grande quantité de sulfate de soude. Après le schiotage, il est utile de saliner à petit feu pour éviter que le sulfate de magnésie et le chlorure de magnésium ne cristallisent avec le sel marin. Au commencement du salipage il se dépose peu de sulfate de soude, la quantité en augmente lentement et tout ce sel est déposé avant la fin de l’évaporation; le dernier sel obtenu ne contient que du sulfate de magnésie.

Les analyses suivantes feront voir que ces préceptes sont une déduction immédiate des faits.

| PRODUITS AVANT GRADUATION PRODUIT DE LA GRADUATION. | ] 2 A mm ||

| poesailpe de Honders, Dépôt Dépôt | Eau près 4 Dépôt [sDernier Eaux | ( analyse de M. BERTHIER). à la près du au DER CAN des | | d source. |bätiment. | bâtiment. || dépôt. Re res Larson | 85,0 5,0 Carbonate de chaux... . , . . 5,0 93 » 0,05 6,60 iDébris-organiques. , . . . .| 4,0 2» » »

Dutilonde CEE ".. 44 cd! . » » 0,270 | 93,3% | 99,76 | 99,75 | 0,3 M — de magnésie., . , . . » » 0,056 D de soude. . ,., .h.:. » 6,130 Chlorure de sodium . . . . . » » 0,060

— de magnésie. . , . . » » 0,032 PRET » 99,402

| Lu

= Rs 100 »1[109 »|100 »

Dernier

eaux-mères. dépôt. | dépôt. | dépôt.

ISulfate de magnésie.|11,74 | 0,2 — de soude. .146,36 156,5 | 95 »

Chlorure de magnés.| 0,60 | 0,2

| | Produit du travail des 4er 2e — desodium.

ARTS AGRICOLES : EXTRACTION DU SEL

PRODUITS SCHLOTAGE. SALINAGE.

de la sig lde Moutiers A] eee ee Un CT UE NE {analyses de M. Berraier) | 4% | Schlot | Dernier Eau fe sel Dernier /| NE ES

schlot. |moyen.| schlot. à 260. sel. moyen. sel. méres. | A —— CREER | CORENNNSENE CORRENNORENAPEN | MANN EMNENNENES | ETES | Ceres | MEURTRE

Sulfate de chaux. 28 »|41,10 » » 1,55 » » » 10,65

— desoude. .| 24 5/52,65 | 10,10 2,81 3,80 5,55 » » 18,66 Chlorure de sodium| 47 5| 6,25 | 25,68 | 25,50 | 94,64 | 93,59 | 85,50 | 20,80 | 57,34 ISulfate de magnésie| » » 64,22 1,48 » 0,25112;50 9,50 3 » (Chlorure de magné.| » » » 1,07 » 0,61 D 4,85 0,75 Eau. . Lie ERP » » » 69,14 | » » » 64,85 9.60

Re E——————— oo DT

Eauxmères.

RSA 7 LP CUS . | » » » 64, 100 » 100 »1100 » |100

IUU » [100 . » Les » ie » es »

Produits d’une cuite sur 46,900 kil.

d’eau à 200.

2 Chlorure de sodium. . . 7900 » ISCRIOIASe. 22m CROP 340 4HlEcaules ITA CRE 210 9 |Eaux-mères et perte. . . . .| 2050

La dernière partie des tableaux ci-dessus indique les résultats d’une cuite faite par M. BerTHiEer, à Moutiers, sur 46,900 kil. d’eau à 20° contenant 10,500 kil. de substances salines. On à employé dans cette cuite 50 stères de bois de sapin ou mélèze refendu, savoir :

25 pour schloter et 25 pour saliner.

Nous ferons observer que le déchet en eauxmères et perte est trop fort; on n'évalue qu'à 1/7 ou 1/8, dans le travail courant, la perte réelle. Il est évident qu’on n’a pu traiter tou- Les les eaux-mères, puisque, d’après le résultat moyen d’une année, celles-ci fournissent en sulfate de soude le 10° du poids du sel marin obtenu. Il faudrait donc ajouter ici environ 790 kil. de sulfate de sonde aux produits.

À Moutiers, on consommait alors 1 stère de bois pour évaporer 7,5 quintaux métriques d’eau à 20° de Baumé. Cette quantité de combustible est énorme, puisque chaque kil. de bois forme à peine 2,5 de vapeur. Les chaudières construites par CLoiss, à Rosenheim en Bavière, sont plus avantageuses; elles évaporent envjron 3,5 kil. d’eau par kil. de bois, et sont indiquées par la fig. 517 en plan, et par les fig. 518 et 519 en coupe suivant les lignes À B et B C de la fig. 517. Dans cette figure, on voit ces 6 chaudières ,

Fig. 517.

dont une, le poélon P, chauffée par les fumées

des 5 autres, recoit l’eau salée. Celle-ci dépose et se rend dans la poéle de graduation G par la pente naturelle. Concentrée là, au point de schlotage, on la fait couler dans la poële de préparation H H; on schlote jusqu'au degré de saliner; l’eau coule dans la poëéle de cristallisation I I; le salinage s’y opère sans ébullition ; on recueille le sel sur une trémie, dont le plan incliné laisse égoutter l’eau dans ja poêle.

Fig. 518.

La fig. 518 montre la disposition des plaques en tôle, soutenues par des piliers de fonte. On voit (fig. 520), un cone creux en cuivre lesté, servant d’aréomètre.

Fig. 520.

Rappelons qu’en se servant de chaux pour purifier les eaux salées, on simplifie de beaucoup la marche du travail; on se débarrasse de divers produits accidentels; enfin on oblient, en moins de temps et avec une grande économie de combustible, une plus grande quantité de .sel marin, puisqu'on recueille

CcHAP. 25°.

tout celui que l’eau renferme et mème un peu plus.

Cette amélioration est applicable, non-seulement anx sources salées, mais encore à toutes les exploitations de sel marin. Ainsi,quand on dissout le sel gemme pour le faire cristalliscr, on se retrouve dans les mêmes conditions, et, lorsqu'on exploite l’eau de la mer, vlles se reproduisent encore. On pourra juser de l'influence de ces améliorations en cxaminant, dans les tableaux ci-dessous, la composition des sels obtenus en Russie (en concentrant les eaux par la gelée et conservant ainsi les maxima de chlorure) ; et remarquons que ces sels ne contiennent que 77 à 91 p. 0/0 de sel marin pur, tandis que les produits vendables de l’étang de Berre contiennent de 95 à 96 de sel pur; enfin, si l’on compare, dans le tableau de ces derniers produits, les résultats de l'ancien mode d’opérer avec les nouveaux moyens mis en pratique, on verra qu'aujourd'hui les sels contiennent plus de 99 centièmes de sel pur, tandis qu’ils n’en renfermaient autrefois que 94 à 96.

SEcTionN III. — Des emplois du sel.

Le sel marin brut est employé dans l'économie domestique, dans certains arts et pour différentes fabrications, entre autres pour la préparation de la soude, du sulfate de soude, de l'acide hydrochlorique, du chlorure de chaux et de différens autres produits chimiques. Ce sel se raffine de la manière ci-dessus indiquée relativement au sel gemme.

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