DE LA CHAUX ET DE SA FABRICATION
46i peut fritter la chaux des pierres qui contiennent des proportions notables de silice et d’alumine. Ces 3 matières s'unissent et forment nne espèce de verre grossier (silicate et aluminate de chaux), qui n'a plus aucune des propriétés utiles de la chaux , et que l’on appelle vulgairement biscuit. Il faut donc se garder de pousser le feu au point d'atteindre cettetempérature;ilest d'ailleurs convenable, même pour les pierres calcaires les plus pures, de borner la température au degré utile à la décomposition du carbonate, ne fül-ce que pour économiser le combustible , et éviter d’allérer les parois internes du fourneau.
Si la calcination de la pierre a été bien conduite, la chaux grasse obtenue a la propriété d’absorber l'eau avec une grande énergie et de s’y combiner en proportions fixes; cette union doune lieu à uue augmentaliou de Lempérature assez considérable et qui, lorsqu'on ménage l’eau, peut s'élever au-dessus de 150», puisque durant l'extinction elle peut enflammer des allumettes soufrées. Le volume de chaque particule augmentant aussi brise toute la masse. Cette action est utile dans plusieurs applications pour réduire la chaux en poudre extrêmement fine et sans qu'il en coûte de puissance mécanique, el en même temps qu’on rend l'agent plus énergique par son union avec l’eau.
Pour obtenir ces résultats, il suffit d’immerger la chaux dans l’eau, puis d'ajouter une nouvelle quantité d'eau à mesure que labsorption a lieu et que la chaleur développée vaporise une partie du liquide.
On désigne aussi mais improprement, sous le nom de biscuit, les fragmens de pierre qui, n'ayant pas été chauffés suffisamment , n’ont perdu que très peu ou point d'acide carbonique. Ces morceaux ne peuvent plus être que très difficilement convertis en chaux, ayant perdu, avant d’être décomposés, toute la quantité d’eau qu’ils contenaient, et dont la vaporisation à une plus haute température aurait favorisé le dégagement de l'acide carbonique, réalisant ainsi l'une des plus importantes conditions de succès dans cette fabrication.
$ II. — De la calcination de la chaux.
Les fours à chaux les plus simples anciennement usités se composent d’une cavité cylindrique ou rectangulaire, quelquefois creusée dans lesolet revêtue de briques, où même à nu lorsque la terre est assez compacte. On voit dans les fig. 521, 522, 523, les dispositions de ce four indiquées par 2 coupes et une élévation. A indique toute la cavité légèrement conique rempliedes pierres à chaux ; EE, la plateforme au niveau de l'ouverture supérieure du four; D, la charge en menus fragmens qui termine et surmonte la fournée. Une ouverture latérale B, C, à la partie inférieure, permet de construire à sec une voüle CC, avec de gros fragmens de pierres à chaux; cette voûte laissant le plus possible d’interstice entre les pierres qui ia forment est chargée des mêmes pierres à chaux, mais concassées de plus en plus menues; et lorsque toute la capacité est remplie de cette manière, on ailume un feu de bourrées et menu bois sous la voûte. Le feu est soutenu jusqu’à ce que les parties supé-
Fig. 523.
rieures soient échanffées au rouge vif; alors on laisse un peu refroidir, puis on tire la chaux afin de recommencer une autre calcination sans attendre que les. parois du four soient trop refroidies.
Ce mode de fabrication, quoique grossier peut encore être employé dans les localités où les matériaux et les ouvriers constructeurs manquent, ou lorsque l’on veut, sans trop de frais, essayer en grand quelques pierres calcaires; enfin dans le cas où au commencement d’une exploitation rurale, on veut économiser les frais de 1er établissement.
On fait usage maintenant de divers fours plus économiques de combustible que ceux que l’on employait autrefois. La forme que l'on préfère généralement aujourd'hui représente un cône renversé et tronqué si le four est à travail intermittent ; à la base selrouve le foyer, comme l’indiquent les fig. 524, 525, 526; À, cavité conique contenant la pierre à calciner ; B, voûte servani à communiquer du dehors avec l’intérieur du four; CC, voûte à sec en
ierre à chaux formant le foyer. On met des
ourrées ordinairement dans ce foyer (1); la flamme arrivant sur la pierre élève sa température et détermine la séparation de i'eau et de l’acide carbonique. On retire la chaux lorsque toute la masse a acquis la température utile à la décomposition du carbonate de
Fig. 525. Fig. 524.
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Fig. 526.
ARTS AGRICOLES : PRODUITS MINÉRAUX