INCUBATION ARTIFICIELLE
Pour donner aux plumes une couleur jaune, on les plonge dans un extrait aqueux de safran jusqu'à ce qu’elles aient atteint la nuance désirée. Pour les teindre en bleu, on fait une dissolution d'une partie d’indigo broyé très-fin dans 4 parties d’acide sulfurique concentrée, puis on étend d’eau la dissolution, on ajoute un peu d’alun en poudre, et c’est dans ce liquide qu’on plonge les plumes, el qu’on les y laisse séjourner jusqu’à ce qu’elles aient acquis la teinte convenable. On teint les plumes en vert en mettant pendant quelque temps celles-qui sont déjà teintes en bleu dans la dissolution jaune ci-dessus, etc.
On parvient, dit-on, à donner aux plumes cette couleur jaunâtre qui les fait rechercher, et qui est un indice d'ancienneté, en les faisant tremper pendant quelque temps dans un bain d’acide hydrochlorique trèsétendu.
En général, ces opérations de teinture ne se font qu'après que les plumes ont recu l’apprêt , c’est-à-dire ont été dégraisséeset polies.
Une fois apprêtées , les plumes:sont assorties suivant leur poids ou leur grosseur, ou bien lewrs qualités, ou suivant qu’elles proviennent de l’aile gauche ou de l’aile droite. Quand elles ont été assorties, on les assemble en paquets de 25, dont 4 font le cent. Ces paquets, qui sont maintenus par une ficelle roulée plusieurs fois autour des plumes à la naissance du tuyau, sont assez difficiles à former d’une manière régulière. Ils doivent être carrés, c’est-à-dire composés de 5 rangs, chacun de 5 plumes. Quelques fabricans mettent ordinairement les plus belles à l’extérieur, et les médiocres dans l’intérieur du paquet. Pour suppléer à l’habileté des ouvriers, on a inventé une petite machine en Allemagne que nous ne connaissons pas encore, et qui empaquète 20 à 24 mille plumes par jour avec beaucoup de régularité.
Les qualités des plumes à écrire se distinguent par la couleur des ficelles qui servent a lier les paquets, et par la couleur du papier qui réunit les paquets de cent. EF. M.