‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 85 sur 295 · TOME IIL · texte numérisé non relu

TOME IIL

avec un degré d’exactitude bien suffisant pour tous les essais d'améliorations auxquels un propriétaire voudrait se livrer, ou pour juger de la valeur respective des diverses espèces de laines, et M.CHARLES CHEVALIER (1).

Jeune opticien très-instruit, à qui nous avons demandé quelques renseignemens à cet égard , nous a indiqué plusieurs moyens de se servir de cet instrument qui remplissent parfaitement le but proposé. À

Le premier nécessite l'emploi d’un microscope horizontal et d’une chambre claire : il est très-exact; mais, comme il est compliqué et qu’il demande du soin et quelques calculs, ilne nous a pas paru d’un usage assez simple pour être décrit ici. Quant à un autre moyen qui peut être mis en usage même avec lesmicroscopes les plus communs,nous allons en donner la description. À B CD (%g.100) est

Fig. 100.

le corps ou tube d’un microscope compose , garni deses verres; C Dlalentilleou l'objectif, et E,F les verres composant l’oculaire double du microscope. H est une vis très-fine dont on connaît exactement l’écartement du pas, et dont l'extrémité de la tige P est terminée en pointe très-déliée. I tête de la vis ou cadran divisé en parties égales, par exemple en 100 parties. P pointe très-déliée de la vis, placée au foyer de l’oculaire E, auquel on applique l’œil. L'objet L placé devant lobjectif CD, dans le cas actuel, est un brin de laine dont on ne voit que la coupe transversale; G est l’image de cetobjet grossi et tel qu'il estvu dans l’oculaire

On voit que tout ici est disposé comme dans un microscope composé ordinaire, à l’exception de la vis H placée sur le côté du tube de l'oculaire et pénétrant dans son intérieur.

Maintenant, rien n’est plus facile que de

mesurer un brin de laine soumis au microscope ; en effet, si l’on met en contact la pointe P de la vis H avec le bord de l’image G produite par l'objectif C D dans l’intérieur de loculaire double E, F, puis qu’on tourne la vis de manière à ce que son extrémilé pointue P traverse entièrement cette image en tenant compte du nombre de tours et de fractions de tours qu’on aura fait faire à la vis pour lui faire parcourir le diamètre de l’image, comme on connait avec exactitude l’écartement du filet de cette vis où la hauteur de son pas, i! est évident qu’il sera très-facile de déterminer la grosseur de l’objet ; car si le pas de la vis est de 1/4 de millimètre et sa tête divisée en 100 parties , il est clair qu’à chaque révolution entière on comptera 1/4 de millimètre, et à chaque division du cadran 1/400 de millimètre, ce qui donne un moyen très-facile et très - exact de connaître le diamètre ou la finesse des laines. Ainsi une laine, pour laquelle il aura fallu tourner la vis de 8 divisions, aura pour épaisseur 8/100 de 1/4 de millimètre ou 2/100 de millimètre, c’est la finesse des mérinos ordinaires; et une autre où il aura fallu la tourner de 1/5 de tour aura pour diamètre 20/400 où 5/100 de millimètre, épaisseur d’une laine ordinaire.

Un autre procédé, encore plus commode, consiste à placer seulement dans l’oculaire E,F, sur le diaphragme R, un verre divisé en parties égales. Ces divisions devront correspondre au grossissement du microscope, c’est-à-dire que si, par exemple, cet instrument grossit 100 fois en diamètre, chaque division, pour représenter 1/10 de millimètre placé devant l'objectif, devra avoir sur le verre placé dans l’oculaire un écartement d’un centimètre ; mais, comme ce large espace peut être facilement partagé en dix parties, il en résultera des subdivisions représentant chacune des centièmes de millimètre. Maintenant, si à la place de la division en dixièmes de miilimètre que nous supposons placée en L sous la lentille, on met un fil de laine, il sera facile de juger de son diamètre en le comparant aux espaces tracés sur le verre du diaphragme de l’oculaire, de manière à avoir des mesures exactes à 1/50 et même à 1/100 de millimètre près. On concoit qu'il serait possible, par ce moyen, d’avoir des mesures encore beaucoup plus petites en augmentant le grossissement de l'instrument, et en employant des divisions encore plus fines.

Secr. IIL. — Lavage des laines.

Nous avons dit que le but du lavage des laines était de les débarrasser d’une espèce de graisse qui les enduit, à laquelle on a donné le nom de saint, et qui les empêche de recevoir les couleurs qu'on veut leur appliquer. Il importe, avant de décrire les procédés de lavage, de connaître la nature et les propriétés de cette graisse, afin de mieux apprécier les procédés employés pour en débarrasser la laine.

(1) Ingénieur opticien au Palais-Royal, n° 163.

$ 1°, — Du suint.

Le suint est une substance grasse, onctueuse et odorante, dont la source ne parait pas encore avoir été déterminée d’une manière précise parles physiologistes. Cette substance a été analysée par VAUQUELIN qui l’a trouvée composée: 1° d’un savon à base de potasse qui en constilue la plus grande partie; 2° d’une petite quantité de carbonate de potasse; 3° d’une quantité notable d’acétate de potasse ; 4° de chaux dans un état de combinaison inconnu; 5° d’une trace de chlorure de potassium ( muriate de potasse); 6° enfin, d’une matière odorante d’origine animale.

Toutes ces matières, selon ce chimiste, sont essentielles à la nature du suint, et ne s’y trouvent pas par accident, puisqu'il les a constamment rencontrées dans un grand nombre de laines d'Espagne et de France; mais il y a aussi trouvé d'autres matièresinsolubles, telles que du sous-carbonate dechaux, du sable, de l'argile, des ordures de toute espèce qui y sont évidemment accidentelles.

Le suint étant, comme on vient de le voir, un véritable savon à base de potasse , il semble qu’il n’y a rien de mieux à faire pour dessuinter les laines que de les laver dans l’eau courante ; mais, ajoute VAUQUELIN, il y a dans les laines une matière grasse qui n’est pas en combinaison avec l’alcali, et qui, restant attachée à la laine, lui conserve quelque chose de poisseux, malgré les lavages à l’eau les mieux soignés.

Cette matière grasse, qui peut en grande partie être enlevée par des lotions savonneuses ou alcalines, n’a pas été examinée par ce chimiste; mais M. Cneveeuz, dans un travail subséquent, est parvenu, en soumettant, dans un digesteur distillatoire, de la laine d’agneau mérinos dessuintée à l’eau pure, à l’action de l'alcool et de l’éther, à en débarrasser complètement cette laine. 11 a ainsi séparé 17 p. 0/0 en poids dela laine dessuintée d’une matière grasse qui, elle-même, a été réduite en 2 autres substances grasses dont l’une ressemble, à la température ordinaire, à la cire par sa consistance, et l’autre est filante comme de la térébenthine.

D’après cestravaux, le but du lavage à froid paraît donc être de débarrasser la laine de son suint et de l’excès de la matière grasse qui la rend poisseuse et moins propre aux usages auxquels on la destine. Les agronomes allemands, qui ont fait une étude toute particulière de l'éducation des moutons et de la laine,ont depuis long-temps distingué le suint de la matière grasse qui nous occupe. « Le suint, dit M. B. Perri, se compose de 2 substances bien distinctes, le suint proprement dit ( die schweiss), et la matière grasse ( die fette ). Le 1‘ est une sécrétion de la peau de l’animal dont on peut,dans la plupart des cas, débarrasser la laine par un lavage à froid; la 2°, au contraire, est une excrétion du brin lui-même, et ne peut être enlevée que par l’eau chaude mêlée à du savon, à de l’urine putréfiée ou de l’eau de suint. Le 1‘ est une substance inorganique attachée à la laine, l'autre en est une partie organique. La matière grasse se montre sous plusieurs cou-

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