II. Parenté de caractère
La parenté de tempérament ou de caractère est, à n'en pas douter, une source inépuisable de sympathie, de même que leur contraste peut très souvent être une raison suffisante d’antipathie. D’aucuns ont même voulu y voir la seule cause de toute attitude affective à l’endroit de quelqu'un. C’est ainsi, par exemple, qu’on a cherché
Lite
vent,
à se servir de la fameuse classification de caractères de
Spranger pour comparer la structure du caractère de l’élève
à celle du maître. On a même cherché à décider quelle était, en général, la structure mentale la plus favorable en soi,
toujours et partout, à la profession du maître (Kerschen-
steiner, Dôring et, d’autres). Nous croyons superflu de critiquer la valeur de telles généralisations en cette matière
‘si riche en variétés inter-personnelles. Rappelons seule-
ment un phénomène assez courant, celui où un caractère en repousse un autre qui lui ressemble beaucoup, et est attiré par un troisième qui est à peu près son contraire. On parle souvent alors de natures qui se compléteraient ; c’est, sans aucun doute, exact dans bien des cas. Dans: d’autres, ce n’est pourtant pas la seule explication, ni la plus sûre. Il y a d’autres mobiles, cachés ou non, qui interviennent dans la détermination d’une attitude affective, indépendamment du caractère propre du sujet ou de celui qui est l’objet de l’attitude. Il semble pourtant que certains caractères (surtout ceux qui sont fortement prononcés, aux contours nets et aux angles tranchants) ont peu de chances de s'entendre bien et d’être à leur aise avec leurs contrastes aussi nettement prononcés qu’eux.
Nous n’avons pas cherché à mettre en parallèle les caractères qui «généralement » s’attirent ou se repoussent. L'eussions-nous voulu que nous ne l’aurions pas pu, puisqu'il ne nous a été donné que rarement de connaître àla fois les deux parties : le maître et l’élève. Aussi, en traitant, plus loin, des traits de caractère qui peuvent déterminer
une attitude affective, nous n’envisageons les faits que
comme ils nous ont été présentés par le sujet lui-même,
sans nous occuper de son propre caractère.
Intelligente, bonne élève, mais dissipée et pas travailleuse, ni obéissante. Primesautière, très démonstrative ; pas réfléchie dans la plupart des cas mais s’il y avait une difficulté elle le devenait. Très très vive, trop vive, elle répondait beaucoup trop vite et ne laissait pas aux autres élèves le temps de chercher la réponse.
* Moiifs de l'affection : Elle était très franche, très ouverte ‘et très bonne. C'était une élève qui me mettait souvent en colère par ses étourderies, ses réponses et ses gestes trop vifs mais que j'aimais beaucoup pour son air ouvert, son esprit éveillé. Je la grondais mais je crois qu'elle sentait que c'était plus par discipline
que par mécontentement, et c'était vrai. Elle était fatigante
mais intéressante comme caractère. — No41s (F 20 cél.,— F 11).
Intelligente, bonne élève, placide, très réfléchie. S’intéressait aux études d’une manière personnelle. Parlait lentement et bas. Etait respectée de ses condisciples et estimée de tous les maîtres.
Motifs d'affection : Fermeté de caractère. — C'était une école mixte. Un des élèves était un vrai sadique (sic) et taquinait terri-
‘| blement toutes les filles et les petits garçons mais il craignait et || respectait l'élève en question. — N° 27 s (F 21 cél., — F 12).