‹ Maîtres et Élèves: Essai de Psycho-Pédagogie AffecticeChapitre 3 sur 109 · ANS RD · texte numérisé non relu

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Tout au contraire, il nous semble qu’elle fera naître plus d'occasions propres à l’éclosion de certains d’entre eux.

Mais il n’y a pas que la collectivité prise en bloc. Celle-ci est composée d'individus dont chacun demande, suivant son caractère propre, à être traité à part. Il se

conçoit dès lors que dans les rapports du maître avec

les élèves, bien des difficultés peuvent apparaître, de nature à requérir d’autres qualités encore que celles du chef.

Mais ces relations entre individus sont inévitables dans n'importe quelle société ! Nous rencontrons des personnes qui nous attirent fortement et d’autres que nous repoussons où qui nous sont parfaitement indifférentes. Nous nous laissons rechercher par les uns, nous nous soumettons bénévolement aux forces morales qui émanent d’eux ; nous les considérons comme une autorité dans un certain domaine ou comme notre idéal personnel. Par contre, nous évitons les autres, nous nous fermons à leur influence par une attitude hostile, nous rejetons leurs suggestions, nous leur dénions une valeur propre (1).

Quant aux facteurs qui déterminent ces attitudes à l’école, on aurait tort de les juger unilatéralement, en ne mettant en cause que le maître et en lui demandant une somme de qualités qui puisse répondre à toutes les particularités imaginabies chez les élèves. Dans cette dualité scolaire : maître et élève, les deux parties doivent être considérées presque également «responsables» de tout complexus pouvant résulter de leur voisinage. L'élève n’est pas une matière inerte. C’est une personnalité ayant déjà ses qualités et ses défauts ; c’est aussi une énergie vivante et agissante, dont la force d’action n’est pas du tout négligeable. Parler abstraitement d’un maître et de ses élèves, serait méconnaître la complexité réelle de toutes les combinaisons possibles et extrêmement variables. En réalité il n’y a que {el maître en face de tel élève. Le trait le plus caractéristique de l’éducation c’est d’être un fait essentiellement personnel qui, avant tout, est régi par des phénomènes affectifs.

Tout ceci ne veut naturellement pas dire que le succès scolaire doit être basé sur des rapports affectifs. Le maître ne doit certes pas faire la cour à ses élèves ni chercher à leur plaire. Il ne doit pas non plus invoquer, dans son travail, des raisons sentimentales : « Fais cela pour me faire plaisir » ; ou bien : « Si tu ne travailles pas bien tu me feras de la peine ». Nous affirmons seulement que les

(1) Cf. Julius WAGNER, Das Werterlebnis zwischen Schüler und Lehrer, Zeitschr. f. pad. Ps. 1929, XXX, pp. 324-336.

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