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phénomènes affectifs sont bien plus fréquents à l’école qu’on ne se l’imagine et qu’ils peuvent y agir par euxmêmes, sans qu’on ait besoin de les invoquer éxpressément et volontairement.
Que la plupart des auteurs aient négligé, ou évité, l’étude de ces phénomènes en pédagogie ne saurait surprendre. Il y a, ici, un côté quelque peu pénible, ou du moins délicat, auquel on préférerait peut-être ne pas toucher. Aussi voit-on la psychologie pédagogique se consacrer presque exclusivement aux faits intellectuels, comme s’il n’y en avait pas à l’école bien d’autres dont l’action est pour le moins aussi importante et aussi riche en conséquences. Et s’il arrive, dans une étude pédagogique, de frôler au passage le côté sentiment, on se contente de lieux communs, et on se garde de serrer la question.
Pourtant, ce problème est depuis longtemps déjà une source inépuisable de sujets à l’usage des romanciers et des auteurs dramatiques. C’est un thème qui donne libre cours à la verve humoristique et même sarcastique. Quoi de plus facile, en effet, que de railler les travers ou le pédantisme d’un professeur, d’édifier un drame avec les conflits qui mettraient en danger une jeune existence en proie aux rigueurs réglementaires et purement extérieures de l’école !
On se rend bien compte de ce qu’une plume alerte peut en tirer. Les griefs contre le maître d’école ne se présentent plus alors comme des cas isolés, des exceptions. On aime à généraliser. On impute au maître tous les « méfaits » de l’école, que dis-je ! tous les maux de l’époque, tous les vices d’une génération déroutée et désordonnée. On s’en prend à l’instituteur toutes les fois qu'il s’agit de critiquer l’enseignement public en général (1). On
(1) Ainsi, par exemple, en Allemagne, à la fin du XIX® siècle et à la suite du mécontentement général contre l’école d’alors, une littérature partitu- . lièrement abondante fut consacrée à la gent enseignante. Les auteurs, on se l’imagine bien, et sauf de rares exceptions, ne se montrèrent guère avares de couleurs sombres pour brosser leurs tableaux aux contours tranchants, où les nuances de transition faisaient défaut (v. Dr. Edouard EBNER: Magister, Oberlehrer, Professoren. Nürnberg, 1908).
Il y aurait aussi de quoi composer un livre sur la place du maître d’école dans la littérature française, travail parallèle à l’ouvrage de A. DUPUY : Un nouveau personnage dans le roman français : l’enfant. Ed. Hachette (Voir aussi CALVET : L'enfant dans la littérature française, 2 t., F. Lanoire, éd.). On y verrait que les auteurs français, eux non plus, n’ont pas toujours été très tendres pour le maître d’école.