‹ Maîtres et Élèves: Essai de Psycho-Pédagogie AffecticeChapitre 31 sur 109 · VI. Mensonge — Hypocrisie — Fourberie · texte numérisé non relu

VI. Mensonge — Hypocrisie — Fourberie

Mais voici l’autre face de la médaille. Que nous nous trouvions devant un de ces enfants qui nous font dire : « Il n’y a plus d’enfants », et nous voilà repris par l'inquiétude que la vie sociale impose habituellement. Elle est même plus grande, ici, cette inquiétude, étant donné qu'avec les adultes nous sommes déjà habitués à nous tenir sur nos gardes, par une conduite plus ou moins calculée et réglée d'avance. Avec l'enfant, nous sommes un peu pris au dépourvu. Nous nous attendions à la quiétude, à la paix, à une domination facile enfin, et nous nous trouvons devant un adversaire avec qui il faut compter. La situation se trouve donc compliquée par le fait que, d’une part, nous ne devons pas prendre au sérieux la partie adverse, en nous considérant comme les plus forts, et que, d’autre part, nous ne laissons pas de pressentir des circonstances inquiétantes. Ainsi, le maître peut se considérer supérieur à ses élèves sur tous les points, el néanmoins craindre, comme s’il s'agissait d’adultes, leurs railleries, leur critique. C’est d’autant plus grave ici que, justement, il s'attendait à l’admiration, à une appréciation particulière de sa personnalité, à des possi- DURS étendues de manifester son autorité et son pouvoir moral.

Voici quelques exemples caractéristiques.

Jolie. Très intelligente, esprit très vif, mais pas travailleuse. Primesautière, mais réfléchie plus qu’elle n’en avait l’air; sournoise, hypocrite à un degré extrême. Sociable, meneuse auprès de quelques sottes qui ne savaient se défendre ; en général, ses condisciples la craignaient instinctivement. Elle n’aimait personne. Ne craignail pas sa maîtresse, la mettait parfois en colère quand elle mentait effrontément avec un « air d’ange ».

« Ma réprobation était à peu près la seule sanction que j'ap-

pliquais aux manquements de mes élèves; elle savait qu'elle l'avait entière et en était gênée. Punie, elle se plaignait à ses parents d’injustice de ma part et essayait constamment de soulever des incidents entre sa mère et moi.

Motifs du peu.d’affection : « Sa fourberie extrême. C'était

une petite âme perverse sous des dehors très séduisants et capables de donner le change assez longtemps.

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