‹ Maîtres et Élèves: Essai de Psycho-Pédagogie AffecticeChapitre 37 sur 109 · RÉ ME RL EE · texte numérisé non relu

RÉ ME RL EE

sur le fait, il niait. Puni, il allait s’en plaindre à ses parents qui cherchaient toujours à excuser leur fils.

Motifs du peu d'affection : « Son hypocrisie, ses mensonges.

« Très paresseux, cahiers malpropres, orgueilleux, forgeait des histoires de toutes pièces où il était toujours la victime de ses condisciples.

« Très faux, se plaignait constamment de ses camarades, souvent sans raison, pour les faire punir. Très brutal et dangereux par ses coups de pied, ce qui nous obligeait à lui interdire l'accès’ : de la cour. Ses parents, d’une faiblesse immense, le soutenaient, l’approuvaient. Détesté de tous les élèves de l’école à tel point que tout ce qui était fait de mal était mis invariablement à son actif par ses condisciples ». — N° 3 a (M 32 mar. — M 10).

Dans bien des cas, comme on a déjà pu s’en rendre compte, les trois catégories — personnelle, morale, scolaire — entrent en jeu, à tel point qu’il devient impossible d’affirmer avec quelque certitude laquelle des trois était prépondérante ou primitive.

Beau, intelligent, travailleur, obéissant ; placide, réfléchi.

Motifs de l'affection : « Travail, sagesse et propreté, sensibilité. Elève doux et affectueux, docile et poli, soigneux, aimant peu les plaisirs, les jeux. Grande douceur de caractère. Enfant plutôt sombre et triste (mère souvent malade); peu expansif, d’une politesse exquise ; studieux et très soigneux, d’une application rare. Tempérament calme, intelligence vive et montrant déjà beaucoup de bon sens et un grand désir d'apprendre. Très attentif aux divers cours. Cœur bon et .sensible». — No4s(M33 mar. — M 10).

Nous avons là un de ces «petits vieux» au caractère

doux, soumis et bien commode pour le régime scolaire.

Mais voici son contraire qui donne souvent au maître du fil à retordre. Dans les deux cas (même maître) l’élément scolaire, quoique mis en avant, est intimement lié aux éléments moraux, sociaux et personnels.

Famille pauvre, père séparé de la famille. à Vêtements déchirés et très sales ; robuste mais tendance

. aux grimaces. Elève médiocre, peu obéissant, fanfaron, effronté.

Jovial, communicatif, meneur. Aimait peu son maître, le mettait en colère par sa brutalité, rires moqueurs, etc. Etait souvent uni. < Motifs du peu d’affection : « Paresse, malpropreté, mensonges. « Elève perpétuellement agité, brutal, menteur, paresseux. Tendance au vol, à l’école buissonnière ; imagination très vive, tendance à exagération. IR «Elève arriéré, intelligence ouverte au mal et aux plus vilains sentiments. Menteur né. Souvent d’une saleté repoussante. Prenaït plaisir à causer du désordre dans la classe, à nuire à ses voisins : coups, vols, etc. J'ai employé tous les moyens : résultats à peu près nuls. Le milieu familial laissait à désirer. Type parfait de vaurien ». N°4a(M 38 mar. — M 12).

Ainsi donc, de fil en aiguille, à travers les divers sens compris dans la notion de sensibilité, nous sommes

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passés des raisons personnelles à des raisons d’ordre moral, social et esthétique, pour arriver à celles qui concernent les intérêts scolaires proprement dits. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement. Nous avons déjà indiqué que, de tous, c’est aux traits de caractère que nous tenons le plus dans l’appréciation d’une personnalité et que ce sont eux qui provoquent chez nous les plus vives réactions. C’est que, sans raisonnement aucun, tout acte moral ou immoral, toute conduite sociale (et, dans notre cas, scolaire), nous semblent être plus ou moins en fonction d’une sensibilité naturelle du sujet ; ils sont aussi considérés comme faits volontaires engageant la responsabilité de la conscience. Aussi, tous ces faits, et ils sont extrêmement nombreux, nous touchent singulièrement alors même que notre Moi n’y est intéressé que d’une façon très indirecte. Nous en sommes même touchés à tel point qu’il est souvent difficile de distinguer entre le personnel subjectif et le moral (ou le scolaire) objectif. Même dans les cas explicitement présentés comme ayant des mobiles moraux, sociaux ou scolaires, on sent nettement l’élément personnel prendre le dessus, déterminant l’appréciation morale elle-même. La preuve, c’est que les mêmes traits de caractère indiqués par les uns comme défauts déplaisants sont au contraire présentés par d’autres, non pas certes comme des qualités, mais de toute façon comme choses plaisantes ou agréables. Par exemple : l’orgueil, dont on peut tirer tout ; la laquinerie ou la pitrerie, qui amusent sans méchanceté, sans le désir de blesser (est-ce bien sûr ?...); la réserve, qui est signe de distinction, de tact, de bonne éducation ; l’entélement devient fermeté, l’effronterie hardiesse, et ainsi de suite.

On voit combien le goût et les préférences toutes personnelles, ou encore, des raisons inconscientes intimes, teintent tout à leur manière et entraînent des jugements, non pas expressément arbitraires, mais trop subjectifs, sur des vertus qui, dans d’autres cas et présentées sous un autre Jour, seraient mesurées par la même personne selon une tout autre échelle de valeurs. Dans presque tous ces jugements, l'élément personnel (ou, plutôt, interpersonnel) entre presque toujours soit comme facteur constitutif et déterminant soit seulement comme un effet susceptible d'intervenir par la suite au titre de facteur partiel dans les jugements ultérieurs. Rares sont les cas où les raisons morales et sociales soient dégagées de Fu élément personnel. Et encore n’est-ce pas toujours rès sûr.

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