‹ Maîtres et Élèves: Essai de Psycho-Pédagogie AffecticeChapitre 38 sur 109 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

RAISONS SCOLAIRES I. Deux moments principaux.

Du fait scolaire on dirait, à juste raison, qu'il constitue la somme de l’activité commune du maître et de l’élève. Par lui s'organisent leurs rapports quotidiens et il est le foyer où convergent leurs intérêts respectifs. C’est donc là que se trouve une source inépuisable de raisons d’accord ou de désaccord. Le fait scolaire doit, par conséquent, être le point de départ d’un très grand nombre de phénomènes qui peuvent aboutir à des rapports affectifs.

On pourrait même dire a priori que la majorité de ces phénomènes partent de ce fait et que nous aurions dû commencer par là l’examen des mobiles des rapports affectifs entre maîtres et élèves. Si, pourtant, les données de notre enquête nous ont fait reléguer les raisons scolaires à la dernière place, celles-ci n’en sont pas moins nombreuses et importantes.

Elles sont aussi beaucoup plus explicites que les autres, plus simples, et plus faciles à exprimer et à comprendre. Le succès scolaire étant le premier souci du maître, son point d'honneur, l'intérêt même de sa vie, il se conçoit que tout facteur qui favorise la tâche du maître et lui offre des possibilités de s’affirmer et de faire épanouir ses ambitions professionnelles, éveille en lui, en dehors même de toute autre raison, une bonne disposition, un inlérél, une force d'attraction, en un mot de la sympathie. Par contre, tout individu qui rend sa besogne plus ardue et son succès plus aléatoire, qui rompt par de l’indiscipline l’équilibre de l’organisation scolaire et diminue l'autorité, partant la personnalité même du maître (car dans tout acte d’indiscipline le maître se voit un peu atteint personnellement), -provoquera nécessairement chez celui-ci un état d'âme de dépit, de colère, d’amertume, d’antipathie.

Au fait, que demande-t-on à l'élève pour qu’il soit considéré « bon » et pour qu'il satisfasse les desiderata du maître ? Quelles sont les qualités le plus souvent invo-

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