‹ Maîtres et Élèves: Essai de Psycho-Pédagogie AffecticeChapitre 46 sur 109 · III. L'aspect extérieur · texte numérisé non relu

III. L'aspect extérieur

Dans les cas individuels qui ont été rapportés plus haut, on a pu sé rendre compte du fait que l'aspect extérieur de l'élève peut parfois jouer un rôle dans l'attitude affective du maître à l'égard d’un élève. Mais lorsqu'on considère numériquement la valeur de ce facteur, on est étonné de constater le peu de place qu’il occupe. La beauté occupe sensiblement le même rang dans les deux groupes d'élèves. La bonne santé est, elle aussi, à peu près égale ici et là. On peut cependant recueillir dans le groupe: A (antipathiques) nombre de défauts physiques qui ne sont pas signalés dans le groupe S (sympathiques) : baveur, loucheur, obèse, grimaces, incontinence, etc.

Si les défauts physiques ont une certaine influence sur l'attitude affective du maître, ils n’en sont pourtant pas le mobile direct. Sauf les cas rares d’une répulsion physique immédiate (mauvaise odeur, aspect répugnant de certaines infirmités, affections du cuir chevelu comme lVeczéma, croûtes d’impétigo, etc.), il est à supposer que ces défauts n’ont, sur l’affectivité du maître, qu’une répercussion indirecte. Il y a, d’abord, l'expression dans laquelle on croit découvrir certains traits de caractère ou propriétés morales : méchanceté, brutalité, stupidité, etc. Ïl y a ensuite les défauts physiques qui troublent le travail scolaire : surdité, bégaiement, malpropreté, etc. (1). I peut y avoir encore une répercussion plus lointaine. C’est qu'un enfant frappé d’une infirmité physique, et parfois sujet à un sentiment d’infériorité, est d'une susceptibilité exagérée, d’un caractère qui peut, à son tour, affecter le maître.

Bien plus nettement proportionnée, dans les deux os est la valeur de la mise : goût, ordre, propreté.

a richesse par elle-même n’a pas d'importance. On peut relever, parmi les antipathies, des cas de mises riches et, d'autre part, des enfants sympathiques habillés modestément ou même pauvrement. Le bon goût est plus fréquent en S, souligné particulièrement par les maîtresses. La propreté et l’ordre sont aussi indiquées, ici, dans la grande majorité des cas, tandis que la saleté et le désordre sont signalés dans dés cas très nombreux parmiles À. On y voit aussi fréquemment des enfants habillés très pauvrement

(1) On s’imagine le désordre qui peut se produire au milieu d’une leçon lorsqu'un élève fait, par exemple, tout d’un coup et à haute voix, la constatation qu’il y a un pou sur l’habit de son voisin. Ou bien, si aucun des élèves ne veut rester assis près de tel autre enfant qui est sale ou qui sent mauvais par suite d’un petit vice...

ou en loques. L'aspect de la mise peut donc jouer aussi un certain rôle, rendant l'enfant agréable ou repoussant.

La saleté et le désordre dans la mise de l’enfant sont, très souvent, des résultats directs de sa conduite même. Or, il y a bien des chances qu'il se trouve en A, beaucoup plus qu’en $, des enfants dont la conduite agitée laisse des traces assez marquées sur leur tenue, Mais le manque d'ordre ou de propreté dans la mise de l'enfant peut naturellement être dû aussi à une négligence des parents ou, ‘encore, à leur situation matérielle. C’est qu’en effet, la pauvreté est un peu plus fréquente en A, qu’en $. Un autre détail significatif : le nombre d’orphelins, d'enfants délaissés ou adoptifs est manifestement plus grand dans le groupe A. On conçoit facilement que les enfants de cette catégorie (ainsi que ceux dont la mère est obligée de travailler dehors), souvent négligés et peu soignés dans leur mise comme dans leur éducation, peuvent avoir l'aspect peu attrayant.

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