VI. Sentiments des condisciples
Les sentiments des condisciples pour l’élève en question ne doivent certainement pas toujours coïncider avec: ceux du maître. Dans bien des cas, ils peuvent même être tout opposés. Les «chouchoux » du maître sont bien souvent détestés par les condisciples jaloux (ce qui est surtout fréquents parmi les filles), et inversement, les élèves peu aimés du maître peuvent être des camarades adorés, limités et suivis en tout.
| Nous avons pourtant cru intéressant d'interroger là-dessus les maîtres eux-mêmes. Dans la grande majorité des cas, ceux-ci croient avoir vu leurs sentiments partagés aussi par les élèves. Les réponses affirmatives sont catégo- Jriques et sans réserves dans 90% environ en Set dans 61% len A. Ici encore, l’antipathie obtient moins le suffrage Igénéral que la sympathie. Quant aux attitudes des condisciples qui sont divergentes de celles des maîtres, elles comportent plusieurs degrés et formes. En $, il y en a qui sont l’objet de taquineries ou auxquels on fait des misères ; d’autres, dont on est jaloux, ou qu'on n'aime pas
(1) Ce qui corroborerait encore l’hypothèse déjà émise suivant laquelle l’antipathie comporterait plus fréquemment des éléments personnels et immédiats que la sympathie.
à cause de leur caractère capricieux, fermé, insociable En A, la variété est plus grande encore. Il y a d’abor des cas assez nombreux (22 %) où l’attitude des condis ciples est en opposition absolue avec celle du maître. Certain sont admirés, d’autres sont craints ; il y en a aussi qui n sont aimés que de quelques-uns (« de son genre », des mau vais élèves, des sots...) mais détestés des autres. Mais or signale aussi des cas de haine, de mise à l’index, d’exclu:
sion systématique des jeux.