VIII. Réciprocité de sentiments
Nous avons jugé intéressant de demander au maîtr a) si l'élève devinait son attitude affective ? b) si les autr élèves la sentaient également ? c) si cette attitude du maît s’exprimait par des faits concrets et comment ? d) quel était l’attitude de l’élève à l’égard du maître ? Ces que tions posées, nous n’attendions certes pas des renseignemen pouvant être dans tous les cas considérés comme des do nées objectives. Nous voulions seulement avoir là-dess le point de vue du maître. | |
L'élève se rendait-il compte du sentiment que le maît avait pour lui ? Dans des cas très nombreux, le maît se défend d’avoir montré ses sentiments : nous trouvo: cependant, en S, que la moitié des maîtres répondent aff mativement à la question posée. En A, ce fait est un ps moins fréquent mais il l’est encore assez. L’antipathie sera donc plus cachée, non pas assurément que la chose soit pli facile, mais probablement parce que c’est un sentime! considéré comme indigne de la vocation du maître et com nuisible au travail. Il en est de même pour la questi de savoir si les autres élèves s’apercevaient de l’attitu affective du maître. Dans certains cas de préférence, élèves non seulement s’aperçoivent du fait, mais ils le tre veraient juste et naturel sans être jaloux de leur cart rade fortuné.
L’attitude du maître se manifeste-t-elle au deh par certains faits ? C’est là, on le comprend, une questih assez délicate, et le nombre de ceux qui avouent un pt de partialité, dans un cas comme dans l’autre, n’est } grand. Dans des cas nombreux, le maître peut ne pas rendre compte de l'influence de ses sentiments sur & comportement envers l'élève. Mais la plupart save assurément vaincre leurs sentiments afin de juger l’éle en toute équité. Il ÿ en a même qui, dans ce but, passe à l’autre extrémité : craignant l'injustice et surtout critique des élèves, ils se montrent plus sévères pour l’éll sympathique et plus doux et indulgents pour l’aul (ce qui est certainement plus difficile et plus rare). Ce peut, du reste, avoir encore une autre raison. L’él4 préféré étant souvent le plus doué de la classe, l’orgl et l’espoir du maître, celui-ci montrera aussi pour lui
perfide contre l’autorité d’une élève qui, dès son arrivée dans l’établissemh exerça sur ses Compagnes, par un certain charme personnel, une action ment fascinante. La lutte menée par la directrice contre cette influence ex dinaire nous fut présentée au point de vue moral-scolaire mais, personnellem nous avons eu l’impression de nous trouver devant un cas de secrète jaldl pour l’autorité comme pour le charme de l’enfant.
"exigences. Par contre, un élève médiocre et peu aimé qui > présente pas beaucoup d'intérêt pour le maître, pourra assi bénéficier de cette indulgence qui ignore. Le dépit ne ient-il pas justement de ce que le vouloir dépasse le poupir et que les résultats obtenus n’égalent pas ceux qu’on omptait obtenir ?
Quels sont donc les avantages réels qui peuvent être scordés spécialement à l'élève préféré ? C’est souvent, nomination au rôle de moniteur ou à d’autres fonctions pnférant de l’autorité (surveillance des affaires de la classe, rotection des faibles, etc.), participation plus fréquente ux jeux divers avec rôle prépondérant, charge de petites pmmissions. En classe, interrogations plus fréquentes, ésentation aux autorités scolaires, attribution de prix, } y a aussi des marques d’affection moins tangibles : cerins regards, sourires, petits mots, appel par le prénom, resses fugitives, etc.
Pour l’élève le moins sympathique, les désavantages euvent être aussi bien ouverts ou dissimulés : l’élève st l’objet d’un traitement plus rigoureux quant à la displine, souvent mis à la porte, rarement interrogé ; le haître s'intéresse moins à lui, semble parfois ignorer sa jrésence. (Dans un cas, le maître n’a pas adressé la parole un élève antipathique pendant toute une semaine et ’a pas voulu accepter son obole pour une œuvre natioale).
Les réponses à la question concernant l’attitude de élève envers son maître, nous renseignent sur le degré e réciprocité de leurs sentiments. En $, par exemple, auf quelques rares exceptions de cas douteux, tous les fèves aiment leur maîtres ; dans presque la moitié des xs on trouve même les mentions «beaucoup», « très », | énormément » ; ou encore : « il s’était particulièrement ttaché à moi » ; «elle désirait surtout me faire plaisir ». fn A, le tableau change du tout au tout. Comme il n’est fas agréable de s’avouer qu’on n’est pas aimé de son élève, is cas douteux sont très nombreux, 25 % environ. Les (as positifs eux-mêmes ne sont pas affirmés d’une façon frès catégorique : « oui, à certains moments » ; « peut-être
lui » ; ou encore cette réponse curieuse : «si, il m’aimait
} mon grand étonnement ». Par contre, là où l’attitude le l'élève pour le maître est franchement négative (environ 0 °/,), celle-ci est accompagnée de commentaires variés : {je crois qu’il n’aimait personne » ; «il en était incapalle». C’est, comme on l’a déjà vu, le manque d’affectivité lui est surtout mis en cause.
De tout ce qui vient d’être dit on peut donc conclure
100 d’une façon générale, le sentiment du maître n’est
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point isolé ni parfaitement caché, soit à l'élève qui y es intéressé soit à ses condisciples, et qu’il se trouve le pl souvent devant un sentiment correspondant, que celui le précède ou lui succède. On n’est, par conséquent, qu
vent on se trouve en face d’un complexus où entrent el jeu les goûts, les désirs ou les tendances intimes de deu
personnalités au moins.