IX. Fréquentations extra-scolaires
Si le régime scolaire est à même de créer, entre maître et élèves, des malentendus et des malveillances, par contr les fréquentations en dehors de l’école (promenades, excu sions, visites à domicile, etc.), favorisent plutôt une atti tude amicale et une compréhension meilleure de parte d’autre. Il suffit de quitter les murs de la classe et d’entre avec l’élève en une libre conversation, pour que disparais immédiatement le ton scolaire tendu et conventionnel si caractéristique, et que l’élève reprenne l’aspect natur d’un enfant chez qui on découvrira facilement des qualit imprévues et même un fond de sympathie non soupçonné L'élève, de sa part, s’apercevra, lui aussi, que le maît n’est pas du tout ce qu’il avait cru, etil sera tout heureux d sa découverte, en plus de la fierté naturelle d’avoir approch son chef d’une façon personnelle. Dès lors, celui-ci ne ser plus pour lui un étranger, un adversaire, quelqu'un d fort avec qui il faut toujours être sur ses gardes ou en é de lutte. La glace est rompue. On est désormais ent amis. |
C’est pour cette raison que nous avons voulu teni compte des rencontres extra-scolaires entre maîtres € élèves et de leur influence éventuelle sur les rapport affectifs entre eux. Malheureusement, l’éducation sco laire prévoit encore très peu ou point d'occasions où maître et élèves puissent entrer en contact plus personnel. Si cette chose rare à lieu ce n’est, le plus souvent, que sur l’initiative privée du maître ou des parents (relations person: nelles, leçons particulières, etc.). Cependant nous avons pu recueillir quelques chiffres intéressants. Nous constatons, en effet, que dans 26 % de cas de sympathie, il y a eu fréquentations plus ou moins régulières entre maîtres et élèves : (au cours de promenades que j'organisais avec
ma classe » ; « rencontres accidentelles, elle me rencontrait, par exemple, à mes leçons avec ses amies et l’on sortait ensemble » ; « en cours privé avec quelques-uns de ses camarades » ; « au patronage » ; « dans une société
Sportive » ; « visites aux parents » ; «en leçons particulières ratuites, les parents ne pouvant payer et l'enfant étant intéressante » ; « une ou deux fois par an je l’ai emmené isiter des musées, la sachant seule le jeudi ». Il y a aussi es cas de relations amicales et intimes assez suivies. En A, nous ne trouvons que deux visites de l'élève à domicile. Mais, dans les deux cas, il ne s’agit que de visites de moralisalion à des adolescents jugés foncièrement vicieux : « chez elle une fois, pour essayer de la retirer à son milieu» ; « quelquefois, pour essayer de l’amener à modifier son caractère »… Dans les autres rares cas de rencontre entre le maître et l'élève peu aimé, celui-ci ne semble pas avoir été l’objet d’une forte sollicitation du maitre et la rencontre es a laissés étrangers ou même hostiles l’un à l’autre omme ils l’étaient auparavant. Plus curieuses sont les xplications données sur l’absence de contact personnel avec l’élève antipathique. Ainsi certains maîtres nous disent qu'ils évitaient même de rencontrer l'élève en dehors de la classe ; et une maîtresse ajoute : «la classe me suffisait ».