TEMOIGNAGES D'ÉLÈVES
Nous avons entendu l’une des parties : le maître. Il faut entendre l’autre : l'élève.
Ici, nous pouvons nous attendre à des renseignements exprimés avec moins de réserve ou d’embarras. C’est du reste tout naturel. Le maître, lorsqu'il lui arrive de parler de ses sympathies ou antipathies à l’école, a d'habitude l’air de se défendre, de se disculper d’une chose qu'il ne considère pas compatible avec sa morale professionnelle. Aussi y a-t-il parfois dans sa petite confession (car c'en est une, tout de même...) une certaine gêne, et, malgré toute la franchise et toute la sincérité qu’il y met et dont [nous ne saurions douter, on sent vaguement que tout n’a |pas été dit, qu'il y aurait encore à ajouter quelques chose, |à préciser certains points.
| L'élève ou l’ancien élève apparaît par contre, et tout Inaturellement, en accusateur. Lui-même n’est jamais en cause. C’est le maître qui, seul, serait responsable de Pattiltude ou des sentiments qu’on avait pour lui. Aussi l’élève Ise gêne-t-il beaucoup moins dans son témoignage et dit même parfois plus qu’il ne pense.
La mise en cause est presque toujours exprimée d’une {façon catégorique.Même dans les cas où les raisons présentées Isont absolument subjectives, on cherche à généraliser et Jà objectiver, à prouver que les causes du mal résidaient dans le maître. C’est toujours lui qui est en faute, étant peu juste, peu aimable ou peu intelligent. En un mot, le senti- {ment prend chez l'élève un caractère tout objectif et géné- Mral, si bien qu’un maître déclaré antipathique le serait pour tout le monde.
| La franchise et la sincérité font parfois place à un Îton goguenard et « blagueur », à un désir de ridiculiser, lle caricaturer, de faire de lPesprit. Les renseignements loivent alors être soumis à une critique des plus rigoureuses afin de dégager, sous le fatras « humoristique », “les données sérieuses.
| Il y a encore un côté faible dans le témoignage des