IV. L'idéal
} Le fait de s’enthousiasmer pour des vertus qui ne sont bas toujours plaisantes, ne doit pas surprendre. Si les enlants et les adolescents trouvent du plaisir à imiter des habitudes extraordinaires ou extravagantes plus souvent ue des habitudes correctes et reconnues bienséantes, ce est pas par un manque de jugement ni par un goût pervers. L'est, essentiellement, l’effet de la nouveaulé, de « l’osé », le l'original, comme diront ces « grands enfants » qu’on Hppelle communément «snobs ». C’est la supposition d’avoir levant soi quelqu'un qui n’est pas comme tout le monde, Jun être supérieur, un idéal. Se comporter comme lui, limiter l’est lui ressembler, c’est devenir supérieur à ses égaux. Limitation en général, et par le fait qu’elle comporte bresque toujours un choix, une sélection (de fait ou de ersonne), n'est-elle pas principalement l’effet d’une crainte Minfériorité ou d’une tendance à un perfectionnement, léel ou imaginaire ? Nous n’imitons volontairement que le qui nous semble être une supériorité, afin d'enrichir hotre existence, de nous rendre (ou de paraître) plus grands, blus intelligents, plus intéressants.
Nh L'idéal n’a point besoin d’avoir une valeur intrinsèque. Aussi ne peut-on presque jamais prévoir ce qui deviendra l'idéal de l'individu ; il peut être forgé de toutes pièces
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et des plus fortuites. Il trouverait son explication dans les désirs et dans les tendances personnelles, alimentées surtout du passé individuel. Il peut être le résultat de la vie présente en société en ce qu'il est souvent la perfection du conforme, mais aussi en ce qu il est plus souvent encore une tendance rebelle contre le conforme, une manifestation du Moi à l'encontre du commun, du régu-
her. à Le critérium principal de l’être idéal est: pas comme:
tout le monde. D'ailleurs, pour apprécier l’Idéal à sa juste valeur, il faut déjà pouvoir raisonner et juger objectives ment. Mais cette qualité est justement peu développée encore à cet âge-là. Ce qui décide le choix, ce sont les tendances: intimes ou les goûts personnels qui sont très peu soumis au
raisonnement logique. L'idéal qu'on aura élu correspondras donc à l'orientation secrète de la personnalité, et pourra
en une certaine mesure, renseigner sur le caractère profond, de celle-ci. ‘à
Belle et élégante, réservée, mais bonne avec les élèves. Leçons attrayantes ; elle semblait s'adresser à chaque élève en particulier Obtenait la discipline par la persuasion, on craignait de lui déplaire«
Je l’aimais pour sa douceur et sa beauté. Elle s'imposait à nous par une certaine distinction et aussi par sa fragilité physique»
Très distante des élèves, ironique, esprit critique.Beaucoup« de discipline obtenue par son silence et la sévérité de son regard Les élèves la craignaient beaucoup et exécutaient ses ordres, avec soumission. 4
« On ne l’aimait pas généralement, mais celles qui l’aimaient,« l’aimaient beaucoup.
« Moi je l’aimais pour son air distingué et quelque peu hautain Elle n'était pas jolie, mais très distinguée et sympathique, beau coup d'élégance. Caractère fermé, pourtant grande sensibilité générosité. Par sa seule présence, sans aucun reproche, elle obtenaïit beaucoup de discipline. Esprit très actif, beaucoup d'intelligence » No 423 s (F 18 — F 35 cél.). .
« Sévère et presque froide avec les élèves (elle ne semblait pas les aimer beaucoup, les punissait souvent). Ses leçons n'étaient pasn attrayantes. Les autres élèves ne l'aimaient pas. Moi, je l’aimais beaucoup parce qu'elle jouait merveilleusement du violon. Et puis,« elle avait une démarche si belle que lorsqu'on la voyait venir de loin, on lui souriait involontairement et on la suivait longtemps « du regard. De figure elle n’était ni belle ni laide mais son expressionM gaie lui donnait un air très attrayant. Elle était habillée très élé-M gamment. Outre cela elle avait une voix adorable et lorsqu'elle. se mettait à chanter des chansons douces et tristes, tout le monde était charmé. En l'écoutant jouer du violon, l'âme se mourait ou“ s'envolait vers le pays des souvenirs. Par ces qualités elle pouvait être la meilleure amie du monde. Comme jeune fille elle semblait” ne se soucier de rien, mais elle jouissait de l'estime générale car elle" était très honnête ». — No 113 s (F 11 — F 25 cél.) À
| Une autre jeune fille nous raconte qu’elle aimait sa aîtresse parce qu'elle «était douce et avait une certaine sanière d'obtenir ce qu’elle désirait. C'était une belle mme grande, mince, ne paraîssant pas son âge. Quand le souriait, elle avait un sourire désabusé, comme quelqu'un u n'espère plus rien dans la vie.»
. Et voici, en face de ces épanchements de cœur de unes filles, l’idéal d’un garçon (d’un grand village).
Il était gai et communicatif, sévère mais bon, ne se servant pas punitions pour nous mater ; en classe, se tenait de la façon la us libérale (!), traitait tous les élèves de la meilleure façon. On : le craignait pas, mais il avait de la discipline et tout le monde
i obéissait. Il était aimé de tous les élèves.
} Il était passionné pour les sports, bon musicien (mandoline), availleur (plus que ses collègues). Aimait les belles institutrices s’en choisit une pour femme. C'était un compagnon excellent ins toute société. Ne manquait non plus d'originalité et lorsqu'il uait sur scène il était toujours acclamé ». — No 48 s (M 11 — 132 mar.).