‹ Maîtres et Élèves: Essai de Psycho-Pédagogie AffecticeChapitre 64 sur 109 · VI. Amour filial. d · texte numérisé non relu

VI. Amour filial. d

L'amour filial pour un maître ou une maîtresse est” encore basé sur l’admiration pour un certain idéal, mais celui-ci n’est plus seulement un modèle auquel l’on vou-w drait ressembler soi-même. C’est l'idéal d’un père ou d’une” mère que l’on eût voulu avoir. C’est un parent idéal que l’on se choisit pour remplacer celui qu’on n’a pas (orphelin, 1 enfant abandonné) ou celui dont on n’est pas satisfait. ou qu'on n'aime pas. U

Dans la vie de plus d’un enfant i! y a des cas de décep-" tions douloureuses quant à l’image idéale que l’on s'était. formé des parents ou de l’un d’eux. Suivant les théories. psychanalytiques, une certaine animosité pour l’un des” parents serait même presque de règle. Aussi peut-il arriver qu'il s’opère une sorte de transfert du sentiment négatif de l’enfant pour son parent sur le maître. Mais une autre A issue est aussi possible ; notamment que l’enfant cherche, * auprès d’un parent «adoptif», une compensalion au sentiment frustré. Le désir d’avoir tel ou tel personnage admiré comme parent est même assez fréquent chez les enfants D et souvent non seulement conscient mais aussi candidement, 4 exprimé. (On sait aussi que bien des enfants s’imaginent parfois ne pas appartenir à leurs parents officiels mais avoir M été dérobés à des parents plus nobles, plus distingués). 4

Ceux qui ont eu l’occasion de travailler dans un orphe- 4

linat ou même seulement avec des enfants plus ou moins délaissés de classes pauvres, savent, combien ces petits sont avides d’une caresse maternelle et comme il est facile, avec un peu d’affection, de se les attacher complètement.

Le cas suivant west pas exceptionnel. Ce qu’il y a de Curieux c’est qu'avec toute la fraîcheur de ses menus dé- Lails, il rapporte un fait ancien d’une dizaine d’années. Il a donc dû laisser des traces bien profondes pour survivre lans l'esprit avec tant de détails particuliers.

Très douce avec les enfants, très bonne. Elle traitait tous et Loutes de la même façon, très juste. Pour moi, elle ne l’a jamais ‘té m'ayant favorisée toujours (il est vrai que je travaillais très rien). J'attendais toujours le délicieux moment où elle m’appelait : son bureau. Ses leçons étaient plus qu'’attrayantes, spirituelles ; le comparait toujours les leçons aux petites histoires de son enance.

‘ Elle était belle, habillée avec de beaux habits de deuil sous line modestie pleine d'élégance ; en entrant en classe, avec tout son bharme, elle ôtait tout d’abord son manteau puis, restant un bon moment avec son chapeau voilé, elle nous mettait au travail,et ne fois en pleine dictée, elle enlevait son chapeau qui cachaït de veaux cheveux blancs. Au! moment où elle riait avec les élèves, lout à coup, c'était si étrange, elle s’arrêtait, passait les mains ur les yeux, et, fixant deux secondes un objet quelconque, elle edevenait sombre ; j'ai attribué cela à la perte de son mari.

} Je l’aimais à cause de la douceur de ses paroles, de ses cheeux blancs, elle était jolie malgré son âge et avait pour moi des gards très personnels. Elle me préférait de beaucoup aux autres lèves, je n'ai jamais su pourquoi ; un jour que je tombai malade, lle est venue jusque chez nous demander de mes nouveles, et lavoue que chaque jour dans sa classe j'avais de ses délicieux lLonbons. Toutes les élèves l’aimaient, sauf celles qui me jalouaient.

Je ne puis dire si elle avait un défaut physique, je l’aimais Hrop pour cela. D'ailleurs mes sept ans me rappellent une figure lbujours souriante, une personne toujours douce, des yeux où ‘étillait tant de douceur et dont le regard suppliait plus qu’il ne lommandait à l'élève. Ce qui m'affligeait pourtant c'est que si > voyais ses deux mains sur ses yeux, j'étais certaine de voir enluite disparaître ce beau sourire. J’ajouterai que notre classe était ivisée : garçons et filles. Ma maîtresse préférait de beaucoup les les ; elle avait ce petit don maternel souvent d'appeler une de

loréable à la vue. Bien souvent en rentrant de récréation elle a passé à main sur mes cheveux ».. — N° 77 s (F 7 — F 45 mère).

| Douce mais ferme. Elle se mettait difficilement en colère mais Un la craignait quand même ; la plupart l'aimaient aussi. Leçons ltrayantes, à notre portée, agrémentées d’anecdotes.

Je l’aimais parce qu’elle élait maternelle avec nous et nous comenait. Elle avait beaucoup de bonté. Ses réprimandes étaient hites de telle façon qu’elles touchaient même les mauvaises têtes. lans ses cours elle nous parlait souvent de sa fille âgée de 13 ans. | lle se mettait à notre portée ; elle nous comprenait ayant un enfint de notre âge. — N° 376 s (F 14 — F 34 mère).

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