‹ Manuel d'histoire du droit privéChapitre 239 sur 267 · II. ÔO · texte numérisé non relu

II. ÔO

même façon que les gains de survie à l'époque barbare (1). L'apport de la femme s'accrut, soit que la valeur de son travail eut augmenté, soit surtout qu'elle eut plus facilement accès à la succession paternelle (2); on fut conduit à lui reconnaître dans le mariage des droits plus étendus; l'ancienne constitution de la famille s'y opposait, mais on a vu que le principe de l'unité de patrimoine et l'énergie de la puissance de son chef ne cessèrent de s'affaiblir ; il fut donc possible soit de lui réserver des biens séparés comme en Angleterre, en Allemagne, soit de la considérer comme copropriétaire avec son mari de cer-

galc. Lefebvre, Leç. d'introd. et La Coiil. franc, du mar., 1901. Cf. Typaldo- Bassia, p. 10. — Si les sentiments chrétiens avaient créé la communauté, comment se fait-il que celle-ci ait été inconnue des chrétiens des premiers siècles? On a peine à trouver dans les écrits des tlicologiens et des canonistes quelques textes isolés se rapportant de près ou de loin à la communauté. Cf. dans Lefebvre, II, 488, la lettre de saint Augustin à Ecdicia, Ep. 282 de la Pair. lat. de Migne, et rapprochez-la de la Laudalio Tiiriae. Gratien, c. 27, q. 2, c. 17. X, 4, 20, 2. Les canonistes ne connaissent guère que le régime dotal romain avec le douaire. Si c'est inconsciemment que l'esprit chrétien a engendré la communauté, comment n'a-t-il pas eu cet effet dans le midi de l'Europe, en Normandie, en Angleterre, dans certaines parties de l'Allemagne? Pourquoi n'a t-il pas fait prévaloir partout la communauté universelle, ainsi que la logique l'aurait voulu? Pourquoi dans la communauté coutumière française les acquêts des époux antérieurs au mariage leur demeurent-ils propres ? La maxime Vir et millier fiiint laia ca?-o sert, dans les Ass. de Jér., C. des Bourg., 180, à justifier le droit de la femme à la moitié des acquêts, et, dans Bracton, à expliquer son incapacité. De la définition du mariage de Modestin (D., 23, 2, 1 : consortium omnis vilae) faut-il conclure à la communauté?

(1) Origine germanique. — A° Ou bien on déduit la communauté des vieux usages de la Germanie attestés par Tacite, 18 {laborum periculorumque sociam) et d'une conception plus élevée du mariage qui serait propre à la race germanique (cf. cep. Modestin, D., 23, 2, 1). Nous avons combattu cette opinion, ci-dessus, p. 14, t. II, etc. Cf. cep. Beauchet, dans Typaldo- Bassia, IV : cette conception du mariage a été le premier fondement de la communauté conjugale ; elle scst développée sous l'influence de la copropriété familiale et du mundium qui mettait tous les biens de la femme entre les mains du mari, établissant ainsi une communauté extérieure ou formelle d'oii est issue la communauté véritable. Ces idées très en faveur du temps de Mittermaier, etc., n'ont plus guère de partisans aujourd'hui en Allemagne. — B" Ou bien on trouve la communauté déjà formée dans les documents de l'époque barbare, et on explique sa formation par des causes économiques indiquées plus haut (cf. p. 720, t. II, etc.) ou par les tendances communautaires du temps. Ci-contre, p. 729, t. II. Cf. Schrœder. RG, 723. Ginoulhiac, p. 285.

(2) Si les droits de succession de la femme sont faibles, comme en Normandie, la communauté avorte. Cf. Ficker, g 1052, 1111. Stobbc, g 324.

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