LA FAMILLE
1. — Notions générales. — A la suite des invasions, la famille barbare apparaît sous deux aspects : A) sous celui de la Parenté on Lignage , vaste cercle embrassant tous les parents,
(n Bibl. dans Viollet, 384. Glasson, 1, 104; 2, 37; 3, 1 ; 7, 141 (au début de chaque vol.). — Ci-dessus, p. 419. — Post, Grund. d. elhnol. Jurisprud., 11. 53. — Dareste, Etudes, passim. — Laboula3'e, Rech.s. la condition des femmes, 1843. — Kœnigswarter, Hisl. de l'organisalioîi de la famille en France, 1851. — P. Gide, El. s. la condit. privée de la femme, 1867(2" éd.. 1885, par Esmein). — Beaune, La cond. des personnes, A'21. — Cauvet, Org.de la famille d'après la Coût, de Norvi. — R. Wolowski, 1847. — Hue, R. crit. de lég.. 9, 224 {Infl. du dr. canon). — Vanderkindere, Cond. de la femm.e j et mariage (Acad. Belg., 8, 15, 851). — Van Wetter, Le dr. rom. et le dr.
genn. dans la monarchie fr. {La Famille, 1899). — Starcke, La famille dans les div. sociétés, 1899. — Baudry-Lacantinerie et Houcques-Fourcade, Traité de dr. civil, t. I et II. — Galy, La famille d'ap. Grég. de Tours, thèse. 1902. Révilland, Cours de droit égyptien, 1902,
Législation étrangère. — Wackernagel, Klein. SchrifL, 1872. — Heusler, Inst., II, 271. — Brunner, I, g 12, 28. — Schrœder, g 11; 35, 5; 61, 4. —
tStobbe, IV, 1. — Huber, g 121. — Schupfer, La famiglia pr. i Longobardi (Arch. giur., 1868). — Devilla, Eleinento romano. german. n. dir.familiare. — Villari, Fam. e Stato, 1868. — Niutta, Stor. d. dir. d. famiglia, 1871. — Salvioli, g 168. — Pertile, g 107. — PoUock et Maitland, II, 362. — Moret y Prendergast, La familia forai, 1863. — Vinogradofif, Geschlecht u. Verwandt. ira altnorw. R. Z. f. social u. Wirthsch., 1899. — ZVR, 1900, 14, 149. — Kier, Edictus Rotari, 1899, et Ficker, Mitth. Inst. œst., 1901. — NRH, 1898, 33 (La famille homérique et la famille celtique). — Besson, Bull. Soc. lég. comp., 1894, p. 276 (famille kabyle).
Mœurs. — Allemagne : Weinliold, Deutsche Frauen, 1882 (2* éd.). Grimm, RA (éd. Heusler, 1899). — France : Franklin, Vie privée, 1888. Guibert, La famille limousine, 1883. Mathieu, La fam. des Cévennes, 1885. Frain. Mœurs des fam. bretonnes, 1887. De Ribbe, La vie de famille, 1876; Une
k famille au XVI' s., 1879; au XV' s., 1894; Les familles et la société en France, 4' éd., 1899; La société provençale, 1898. Batcave, Réf. soc, 1893 (Béarn); Ardant, ibid., 1898 (f. jougo-slave). Bertin, Les mariages dans l'anc. soc. fr., 1879. Du Bled, La soc. fr, du XVI' s., 1900.
4 PARENTÉ. SIPPE.
constituant une association dont les membres unis par une étroite solidarité, doivent se défendre, s'aider les uns les autres en toute circonstance ; B) sous celui de la Maison, domus, mesnie, groupe moins étendu ne comprenant que les parents les plus proches, ceux qui habitent ensemble. La Parenté est une confédération de mesnies.
2. — La Parenté s'étend aussi loin que les liens du sang sont reconnaissables. Dans le système patriarcal pur, elle ne devrait comprendre que les parents par les mâles ou agnats, et non les parents par les femmes oucognats. Mais dès l'époque de Tacite, des restes du matriarcat donnent aux simples cognats une place à côté des agnats; de même dans la Loi Salique (1). En règle générale, cependant, il est vrai de dire que la parenté agnatique est seule prise en considération (2). Les parents par l'épée, par la lance {Schwertmagen, Speennagen), s'opposent aux parents par la quenouille, par le fuseau (Spillmagen, Kunkelmagen) (3); il y a là comme deux cercles distincts dont le second se rapproche de plus en plus du premier. La proximité de la parenté se calcule non par le nombre des générations comme en droit romain, mais par des procédés plus grossiers, en comparant la famille au corps humain et en logeant les parents dans chaque articulation. On retrouvera ce système plus loin, à propos des empêchements au mariage et des successions (4).
Les effets de la parenté étaient : 1° la solidarité dans la vengeance des délits commis contre un de ses membres et dans la responsabilité de ceux qu'ils commettaient contre des tiers (5); 2° l'obligation à l'assistance en justice (cojureurs) ; 3° le droit à la succession (6) et au retrait ; 4° le droit et l'obligation à la tutelle
(1) Tacite, Germ., 20. Ci-après, Successions, etc. Brunncr, I, 81. Ficker, op. cit.
(2) Lefebvre, Hist. du dr. malrim. fr., II, 315.
(3) Rosin, Schwertm. i. Rechlsbûch., 1877. Stutz , Verwandschaft. d. Sachsensp., p. 7. Heusler, g 130.
(4) Ci-après. Cf. Viollet, 392 (bibl.). Morgan, Sysl. of sanguinily, 1871.
(5) Brunner, Sippe u. Wergeld (ZSS. GA, 16).
(6) L'obligation alimentaire restreinte de nos jours aux très proches parents, devait s'étendre autrefois au cercle entier de la parenté. Ciccaglione, Enciclop. giur. ital., v° Alimenli. Salvioli, p. 332. Pothier, VII, 25 : a La corruption des mœurs qui est toujours allée croissant et qui est parvenue à son comble, rend, à la honte de l'humanité, très fréquentes ces demandes qui étaient autrefois inouïes. » Merlin, v" Aliments. Henrys, IV 681. Z. f. Privai, u. ôff. R., 18'J3, 20, 481.