‹ Manuel d'histoire du droit privéChapitre 37 sur 267 · Réaction contre l'indissolubilité. — La Réforme · texte numérisé non relu

Réaction contre l'indissolubilité. — La Réforme

une séparation par consentement mutuel; c'est une anomalie. Luchaire, Louis le Gros, n" 430. Bcaum., 57. Siele Par/., VI, \-2.

(1) Le mari peut même contraindre la femme adultère à reprendre la vie commune. Mcricourt, Loix ecclés., G. VI. Lanselot, Inst., 2, 13. Sanchez, I. X.

(2) Louet, S. G43. Perrière, Guyot, h. V (et bibl.). Pothicr, Tr. du contrat de mariage, C, 3. Angleterre : les cours d'Eglise ont perdu la connaissance des causes testimoniales et testamentaires seulement en 1857.

(3) Mais non les maladies d'un époux, sa démence.

(i) Beaum., 57, 4, ne regarde comme une cause de séparation que le fait par le mari d'entretenir une concubine dans la maison conjugale au vu et au su des voisins. — Jostice, p. 19G. L. des droiz, 773, Gautier, Chevalerie, p. 3Cl). — Cf., dans le même sens, le droit anglais (qui admet cependant la compensation des torts entre époux). Glasson, Inst. Anglet., VI, 180.

(5) Enfants nés après le dessevrement. Beaum., 18, G.

(6) Olim, III, 152 (1304). Sur la capacité de la séparée, cf. ci-après, Réi^ime de biens entre époux. Puiss. maritale.

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L'indissolubilité du mariage est l'œuvre des idées religieuses: charité chrétienne, textes de l'Ecriture, conception du sacrement. Une fois passée à l'état de doctrine officielle, les théologiens s'avisèrent de la justifier par des raisons tirées du droit naturel (1). Thèse des plus vaines, si l'on considère l'ancien droit, mais qui s'inspire d'un idéal très haut, de la pensée qu'une seule union est compatible avec la dignité de la vie (unum corpus, una vita). Nul doute que le divorce ne soit un mal pour les époux eux-mêmes et encore plus pour les enfants ; mais la question est de savoir s'il n'y a pas de cas où c'est un moindre mal que la cohabitation faite d'hypocrisie, de discorde et de mépris réciproque ou la séparation de corps avec une vie de désordres. L'Eglise catholique elle-même, malgré son intransigeance, a dû faire des concessions puisque, dans sa doctrine, l'indissolubilité n'est complète que si le mariage est consommé (2) et que la nullité du mariage y dégénère parfois en divorce déguisé (3). L'Eglise réformée, par l'effet de son attachement à la Bible de préférence au Nouveau Testament, sous le coup de nécessités pratiques, réagit contre l'excès dans lequel on était tombé. Elle admit le divorce ('i) au moins en cas d'adultère (5), conformément au texte de saint Matthieu, et lors-

(1) Trente, sess. 24, c. 7; Catcch. rom., de malrim., 1, 11; Syllabus, Err. de mah:, 8, 67; Encycl. Arcan. Div. de Léon XIII, 10 fév. 1880. — Add. motifs de droit divin positif; Genèse, II, 23 (erunl duo in carne una); X, 1, 30, 11, 4, 19, 8; in VI% 3, 15, 1; mais, en partant de cette idée, on aurait reconnu que le mariage des infidèles était indissoluble; comment expliquer aussi le divorce chez les Hébreux? Saint Thomas, Summ. III., 2" 2»% q. 154, 2 c.

(2', Schling, p. 98, X, 4, 13, 2. Cas assez nombreux d'abord, restreints actuellement : vœu de chasteté d'un conjoint (Gonc. Trente, 24, 6; cf. Cod. Just., 1, 3, 52, 3), dispense du pape (Richter et Schulte, Conc. Trid., 251 ; Acta S. Sedis, 17, 353; 18, 19G; 22, 2G2 ; 23, 470), mariage des infidèles (X, 4, 19, 7; 3, 22, G; 3, 33, 1).

(3) Surtout au profit des puissants. Cf. divorce de Napoléon. BCh., 189G, 197 (Louis XIlj.

(4) Friedberg, g IGO (bibl.). Richter, Z. Gesch. d. Eliescheid. in. ev. K., 1858, Grûbncr, Ueb. deserlio, 1882. Mossdorf, 1740.

(5) Th. de Bèze, de repudiis, 15G6-1G10. Tr. du divorce par l'adullère, 158G. Luther, Mémoires, tr. Michclet, II, GO et passim : v. ehel Leben, 1522. Cf. Strampf, op. cit., 3G4 Richter, Kirchenordn., 1, 29. Milton renvoya sa première femme peu après son mariage, 1643, parce qu'i/ avait découvert qu'elle était slupide, et, pour se justifier, écrivit sur le divorce un livro que les presbytériens voulurent brûler; il se défendit par deux nouveaux traités, Tetracliordon et Colasterion, 1645. Cf. divorces de Henri VIII.

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que ruii (It'S époux ;iljan(lonn;iit l'antre (1) ou se rendait coupa- 1)1(' de sévices envers lui (2). On rn vint même à soutenir, dans une opinion très large, que le divorce était léiiitime toutes les fois que l'union entre les époux était rompue au fond des cu'urs et cessait d'être l'image de l'union du Christ et de l'Eglise. La législation des pays protestants se conforma plus ou moins complètement à ces llieories (.S^.

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