‹ Manuel d'histoire du droit privéChapitre 57 sur 267 · ADOPTION · texte numérisé non relu

ADOPTION

§ 12. — iïadopUon (1).

1. — L'adoption est une inslilution archaïque servant au rccrutcnieuL de la famille; celui qui n'a pas d'enrants se crée une postérité artilicielle en adoptant les enfants d'un autre; le culte des ancêtres lui en fait un devoir religieux ; il peut y être poussé par l'intérêt des siens et par le sien propre. Le droit germanique a connu cette pratique comme la plupart des législations primitives. Elle s'y réalisait à l'aide de formes diverses : l'adoptant armait l'adopté (2), lui coupait les cheveux, la barbe, ou se contentait de les toucher (3), comme un père l'eût fait à son fils lors de sa majorité; l'adoptant faisait asseoir l'adopté sur son siège^ le prenait sur ses genoux (4), parfois l'enveloppait de ses vêtements, dans le but de donner une représentation grossière de la naissance (5). Sous l'influence de la pratique romaine, l'adoption a lieu aussi pei- carlam (6) ; les formules supposent que l'adoptant est sans postérité {peccatis meis facientibus orbalus suni a filiis) ; il demande à l'adopté de le nourrir et de le vêtir, de veiller à ses affaires (7); en retour, il lui promet toute sa succession.

(1) Du Gange, D(ss., î'2 et suiv. Joinville, Acud. Inscr., 1754,76. Struvius, Jurisp. Iieroica, IV, 434. Griaini, 14(j, 404. Post, Grundr. d. etnol. Juriapr., I, 99. Dareste, Eludes pass. Kowalewsky, Coutume conl.. p. ^03. Viollet, p. 491 (bibl.). Glasson, lll, 30. Stobbc, g '258 (bibl.). Moureau, Adopl. des enf. nat., 1817. Schniitt, De adopl. mitius plena, 18"23. Robertson, Hermalliena, VI, 317. Gillet, R. prat., t. 43, 44.

(2) Ostrogotlis. Cassiod., Var., 4, 2 (Théodoric adopte le roi des Herules per arma) ; 8, 1 et 9. P. Diac, l, 23, 24. Lombards : adoption par gairethinx.V a.ppenheiia. Launegild, p, 05. Francs : Gontran et Childobert. Greg. Tur., 5, 17; 7, 33. Aimoin, 3, 08.

(3) Lombards. P. Diac, 6, 53; 4, 40 (le patrice Grégoire et les fils du duc de Frioul). Aimoin, 1, 20 : Alaricus juxla morem anliquorum barbam Clodovei langens adoplivus ei (ïebat pater.

(4) Scandinaves. Gulath.,58. Grimm,p. 155. L'adopté et l'adoptant chaussent le même soulier.

(5) Grimm, p. 403. Michelet, Orig., p. 10. Junon fait semblant d'accoucher d'Hercule; même usage chez les barbares, dit Diodore de Sicile. Lors de la première croisade, le prince d'Edesse et sa femme, pour adopter Baudoin, le font passer sous leur chemise. Aragon, ici. Pidal, Infantes de Lara, 1896, p. 30, n" 3. L'adoption et la légitimation sous le manteau sont fréquentes. Gi-dessus. — Sur les effets de ces adoptions barbares, cf. Pertile, III, 394.

(0) Rozière, Form., 115 et suiv. Marculf., 2, 13. Lindenbrog, 58, 59. Du Gange, V Adopllo.

{!) Nos anciens auteurs constatent que celui (jui adoptait s'amortissait,

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