‹ Manuel de droit civique (volume 2)Chapitre 152 sur 231 · I.K HUI.K UE LA MAGI.STR.\TURE · texte numérisé non relu

I.K HUI.K UE LA MAGI.STR.\TURE

La vie il'nii peuple ?e reflète dans f-es in.slitution.s judiciaire?, et i'admiiii^lratioii de ;aju>tice e.«t une marque apfiareiite de civilisation. Que tleviendrail riioinnie, la famille, la cité, la société, Tliumanité, pans le respect de la loi et

ORGANISATION DES TRIBUNAUX 'i47

sans le prestige des (rilmnaiix ? Le pouvoir judiciaire est donc une puissante garantie de l'ordre public ; il assure au citoyen la paisible jouissance de sa propriété ; il protège la société contre les attentats de ses membres. Son rôle est essentiellement pacificateur et conservateur de ce qui est juste, honnête et bon, suivant le désir de la loi. Par lui le faible trouve protection contre les empiétements du fort, et Topprimé obtient justice contre le j)uissant. Sous une égide bienfaisante, l'humanité s'avance graduellement et sûrement vers une fin commune à tons les êtres raisonnables : le progrès. Les sociétés se développent en dehorn des commotions bruyantes. Le droit a pris l'humanité à son berceau ; il l'a débarrassée des langes grossiers de la barbarie, et il l'a triomphalement conduite au seuil des temps modernes. Son rôle n'est pas fini. Il surveillera cette civilisation et écartera les obstacles qui en arrêteront l'essor.

Le rôle de la loi s'identifie, d'ailleurs, avec celui de la raison qui tend chaque jour au perfectionnement d'ellemême. Dieu a voulu que les hommes se formassent en société pour satisfaire au besoin de cliaque être. Mais la raison commandait également à l'iiomme d'associer ses forces à celles de son semblable pour arriver jjlus facilement au but commun. C'est encore la raison qui veut que l'autorité, gardienne des droits de la majorité, emploie ses prérogatives à sauvegarder les intérêts communs du public. C'est encore la raison qui proclame la nécessité de formuler des règles pour établir les droits de chacun dans celte réunion variée de personnes et de choses qui constituent la société. C'est encore la raison qui acclame la nécessité du pouvoir judiciaire, chargé d'administrer la justice aux peuples de la terre. Grande et noble institution, dont l'idée première est innée chez l'homme, que la raison reconnaît et

que la civilisation continue! Elle n'e?t pas seulement la sauvegarde des sociétés, elle en est l'éclat et le prestige. Heureux les peuples qui vivent sous l'empire des lois sages ! Heureuses les nations qui ne connaissent d'autres maîtres que les lois qu'elles se sont données, et devant lesquelles tous les hommes ploient indistinctement la tête dans une fraternelle égalité !

Le rôle de la magistrature est si auguste, si élevé, si noble, qu'il ne devrait être exercé que par les hommes les plus savants et les plus sages de leur temps. Ils doivent, sur le banc, se montrer dignes des honneurs que la nation leur a confiés. Que deviendrait le pauvre peuple s'il perdait confiance en eux, lui qui croit avec rais-on à leur honneur, à leurs vertus, à leur moralité, à leur jugement ! Hélas! le doute est amer, qu'est-ce donc que la réalité ? Interprètes de la loi, les juges sont liés par leur serment à juger d'après la loi, au meilleur de leur jugement et de leur conscience, sans partialité, sans parti pris. Leurs yeux sont couverts de l'antique bandeau de la justice, et dans leurs mains, ils laissent pencher le plateau de la balance là où l'entraîne le poids de la preuve, de la justice et du droit,

Lareau,

{Histoire du droit Canadien).

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