AUX INSTITUTEURS
Dans les eufants d'aujourd'hui, voyons les hommes de demain.
Un instituteur (ligne de s^a profession ne doit pas perdre de vue que les enfants et les jeunes ge:)s qui lui sont confiés deviendront lionimes, un jour, et qu'ils auront, plus tard; de graves devoirs à remplir envers la patrie.
Chacun le sait, dans notre province, l'électeur joue un rôle des plus multiples. Il est appelé plusieurs fois l'année à exercer ses prérogatives du suffrage, et cela jamais au même titre Ses droits sont très étendus : c'est lui qui nomme le conseiller municipal, le marguHlier de la paroisse, le cornmissaire d'écoles, \e député provincial, le député fédéral. En outre, il est souvent obligé de prendre part à l'administration de la justice en qualité déjuge de paix, Ae 2>e1it ou de grand Juré. 11 est facile de comprendre que des (6oi75 aussi variés
et aussi importants imposent des devoirs très sérieux à remplir. A un moment donné, la bonne administration locale, la paix religieuse dans la paroisse, la gouverne des écoles, les destinées de la province, les intérêts fédéraux, le fouctionnement des lois sommaires, enfin, l'honneur et la vie même des personnes dépendent de l'intelligence, de l'honnêteté et des connaissances de l'électeur. En vertu de la constitution canadienne, les électeurs sont imlirectement mais absolument maîtres île tout ce qui touche île près ou de loin aux intérêts les plus chers de l'Église et de la Patrie. Ce pouvoir gigantesque est une arme de salut entre les mains du contribuable éclairé, mais il devient une arme de malheur quand on le confie à des ignorants
Après la religion, la langue maternelle, l'agriculture, l'histoire nationale, la géographie, l'arithmétique, la comptabilité et l'anglais, nous ne vciyons rien de plus nécessaire aux petits Canadiens-français que de connaître sommairement, mais d'une manière cliiire et précise, l;'s éléments de notre droit constitutionnel et administratif.
A l'école, on doit <ionc s'etiorcer de bonne heure à inculquer aux élèves les connaissances itidispensables à tout citoyen. Il est temps plus que jamais de songer au lendemain, en instruisant l'enfant en vue du rôle qu'il aura à jouer dans la société au sortir de l'école. Cessons donc d'élever la jeunesse comme si ele ne devait jamais parvenir à la majorité. Armons-la, non seulement [tonv la lutte de la piastre et du centin, mais aussi pour les luttes intellectuelles, religieuses et .sociales. L'époque ne .saurait être mieux choisie. Partout autour de nous on agite les grandes questions de .olre avenir national dans la Confédération, de la consoliilation de nos institutions provinciales, de la nécessité de