‹ Manuel de droit civique (volume 2)Chapitre 79 sur 231 · DU CHOIX DES MANU.\TAIRES · texte numérisé non relu

DU CHOIX DES MANU.\TAIRES

Choisir les lioiumes qui seront investis du mandat de faire les lois est évidemment une des lourdes responsabilités atta-

cliôc'.'- iiu titre (le uiloyenp Si nous soiimics coupables

envers Uieu et envers notre conscience de lu manière dont nous letnp'ispons nos devoirs strictement piTsonnels, comment pourrions-nous ranger parmi les actions indifférentes la mission de concourir à l'œuvic si importante de la confection des lois générales ?

— Déjà, quand riiomme agit dans la sphère limitée de ses atït'ctions et de ses affaires de famille, il lui est souvent donné de poser des principes dont les conséquences, bonnes ou mauvaises, s'élemlront à plusieurs générations et lui survivront longtemps. A- plus forte raison est-il obligé de peser dans la balance la plus dé'icate et de soumettre au contrôle de la morale la plus sévère ses acions publiques, celles qui toKclicnt aux intérêts collectifs de tous ses concitoj'ens et exerceront une influence durable sur les destinées de sa patrie. Sans doute, chacun de ceux qui déposent dans l'urne du pcrutin un Imlletin de vote n'est pas immédiatement investi de la fonction auguste de rédiger le texte des lois auxquelles tous doivent obéir. Mais comme il lui appartient de choisir en toute liberté et souveraineté ceux qui seront délégués à cette fonction, sa responsabilité, pour être moins directe, n'en est ni moins certaine ni moins redoutable. Ce sont nos députés qui font les lois ; mais c'est nous qui choisissons nos députés. Dès lors, si les lois sont bonnes, nous avons part an mérite de leurs auteurs ; et si elles sont mauvaises, nous n'avons pas le droit de dire comme le lâche Pilate : Je suis rnnociut du sang de ce juste ; je n'ai rien à voir à cela •,je ni'en lave les mains. C'est précisément le contraire qui est vrai, et les votes émis par nous au jour des électio'is nous rendent d'avance solidaires des actes législatifs qui seront plus tard édités par nos mandataires.

Mgr PERRAtû.

IMPORTANCE DP VOTE

Donner son vote dans une élection n'est pas peulemcnt l'exercice d'an droit, c'est souvent l'accomplissement d'un devoir, et du devoir le plus important de la vie sociale. En etï'et, la prospérité ou la déchéance d'un pays dépendent surtout de ceux qui le gouvernent. Or, sous le régime constitutionnel que nous possédons, ce sont les électeurs qui nojnment eux-mêmes leurs gouvernants. Il s'ensuit donc qu'un électeur qui néglige d'aller faire enregistrer son vote, peut manquer à une sérieuse obligation. Mais l'électeur ne doit pas seulement voter, il doit le faire avec intelligence ; et pour cela, il est tenu d'interroger soigneusement les personnes et les faits, de se renseigner autant que possible, et puis de se prononcer ensuite suivant sa conscience et au meilleur de eon jugement.

Il ne faut pas se dire qu'une voix de plus ou de moins ne peut pas faire une grande différence : si chacun agissait d'après ce raisonnement, où en serions-nous ? Un édifice eft formé d'up grand nombre de pierres ; chaque pierre, prise isolément, est peu de chose, mais elle est indispensable, néanmoins, dans la position qu'elle occupe, pour consolider le tout et le rendre complet.

Du reste, voter, c'est remplir une obligation sociale ; et, à moins de raisons sérieuses, on ne doit jamais hésiter cà accomplir un dev-oir aussi important.

N. Legekuue.

CE qu'il faut Éviter pkxdant les élections

1° Le parjure uu faux tiennent, qui est un péché mortel dout l'absolution aal réservée clans cette Province.

2^ Le niensoiiiie qui peut facilement devenir un péché mortel.

3° Le.s calomnies et les médisances.

4° La violence et les menaces, qui sont un attentat à )«, liberté des autres.

6° L'ivrogtieric, qui empêche de donner son suffrage en liomme raisonnable, et qui est quelquefois la cause de batailles sanglantes.

6-^ La vente de son vote, qui est une trahison contre le bien public, un déshonneur pour celui qui fait ce marché, une preuve qu'il est indigne du droit de vote, et quelquefois un péché mortel, dont il faut se confesser avec une contrition sincère, si on a eu le malheur de trafiquer de son vote connue d'un objet négociable.

7° L'engagement de ne pas aller voter, en retour d'une certaine somme d'argent, ce qui est une véritable trahison. Car on favorise indirectement uu candidat en qui l'on n'a pas confiance, et ou prive de son vote un homme que l'on en croit digne. Il n'est pas nécessaire de rappeler que c'est une faute d'engager quelqu'un à faire ce que les lois ou sa conscience lui défendent, et que Dieu jugera uu jour les candidats, les électeurs, et tous ceux qui prennent part aux

élections-

La Semaine Religieuse de Québec.

CHAPITEE CINQUIÈME

LA LOI — LE BUDGET — L IMPoT

" Les lois écrites sont des règles de justice consenties par tons."

Saint Augustin,

Cité de Dieu;

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