LA PRIÈRE
Mon eufent, lorsque tout petit votre mère vous prenait dans ses bras pour vous épargner une fatigue, lorsqu’elle vous donnait ur fruit ou vous cueillait une fieur, ne vous a-t-ou pas appris à joindre à votre petit sourire de reconnais-
sance le mot : Merci ! et ne trouvez-vous pas bien naturel de
remercier ainsi celle qui vous aime tant !
Eh bien, mon enfant, songez à une chose : ce sont les dons de Dieu dont votre mère vous comble, et vous devez aussi votie merci à Dieu. Tout ce qui vous eutoure n’est-il pas sou œuvre : le fruit velouté qui pend à l’arbre du chemin, aussi bien que ces myriades d’étoiles qui rendent la nuit lumineuse ?
La petite marguerite des prés, dont la collerette blonde s’emplit des gouttes de la rosée, est comme vous, mon enfant, une œuvre de Dieu ; seulement la petite pâquerette n’a point uue intelligence pour admirer son créateur, ni un cœur pour l’aimer, ni une voix pour le glorifier. Elle n’a que sa beauté pour elle, Vous, petit enfart, parlez à la place de la fleur, et bénissez le nom de Dieu.
Seul dans la nature vous avez la parole; élevez donc la voix, et faites-1a18 l’interprête de la nature entière : bénissez la bonté du Cré:teur !
— Cominent, vous écriez-vous, j’oserais parler à Dieu ? Dieu est sans bornes, infini! Et moi, petit enfant, si petit, je ne puis pas même le comprendre. La goutte de rosée qui tremble sur le sein de la marguerite peut-elle contenir l’immensité du ciel bleu? Ma pauvre intelligence peut bien moins encore comprendre l’immensité de celui qui a fait le
ciel même.
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— Mon enfant, approchez de plus près, et voyez. Cette petite goutte, si petite, qui se balancesur le pétale de la fleur, est en même temps si pure et si transparente qu’une parcelle du ciel bleu s’y réfléchit. La perle limpide se fait miroir, elle reflète la belle nuance des cieux! Eh bien, mon enfant, une âme pure est comme la goutte de rosée, elle reflète en elle l’image du Dieu infini qui a créée le monde. Plus l’âme est pure, plus l’image céleste y laisse une visible empreinte.
Soyez donc pur, mon enfant, soyez donc bon, soyez donc sage. La pureté, la bonté, la sagesse nous font ressembler à Dieu ; et la prière est le lien qui nous unit à lui.
G. Bruxo, Francinet.