‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 103 sur 156 · CUV · texte numérisé non relu

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Septième Régime. — Appliquez-vous à acquérir une diction claire et à la portée des enfants.

A cet effet , outre ce que nous avons dit précédemment , il faut faire attention aux points suivants.

4" yl une bonne prononciation. L'instituteur doit :

a) Prononcer avec pureté et clarté tout ce qu'il dit.

b) Parler toujours d'un ton réHéchi , attentif et tant soit peu vif; car rinslituteur rend les enfants attentifs, désireux d'apprendre, gais et contents, lorsque le ton avec lequel il parle, prouve, de sa part, de Tattention, de la réflexion, etc.; au contraire, ils deviennent irréfléchis, précipités, opiniâtres et rêveurs, si la diction de l'instituteur trahit de l'irréflexion, etc.

c) Régler sa voix et sa prononciation d'après la nature des choses dont on parle.

d) Ne parler ni trop lentement, ni trop rapidement.

2** A un bon choix de locutions et de mots connus , et à une explication claire de ceux que les enfants ne connaissent pas. — L'instituteur doit prendre garde surtout de se servir de termes et d'expressions qu'ils ne comprennent pas, ou qu'ils peuvent aisément comprendre dans un sens erroné. Afin de n'employer que des mots et des phrases qui soient bien intelligibles pour les enfants, il faut apprendre leur langage. On le connaîtra en faisant attention aux mots et aux expressions dont ils se servent dans leurs conversations : la lecture attentive d'un livre bien çcrit dans la langue des enfants, est aussi très-utile. Vous arrive-t-il, par mégarde ou parce que vous ne pouvez l'éviter, de vous servir d'un mot dont vous doutez que les élèves saisissent le sens, il faut leur demander ce qu'ils en pensent, et le leur expliquer s'ils ne le comprennent pas bien (i).

Procédez de la même manière relativement aux mots que vos élèves disent ou lisent : toutes les phrases peu claires doivent être expliquées. Or, cela peut se faire comme suit.

(1) Un excellent modè'e relativement à ce point, et que nous recommandons beaucoup aux instituteurs, ceslle Questionnaire des contes popal<tir<i<. Fait par un homme d'expériencn , il leur lionnera la clef delà manière de qm^slionner , dont ils peuvent tirer un grand parti pour l'instruction pi lé.lucilJon de leurs élève». dSotn da Trad)

iS

d) Par des expressions qui ont la même signilication, mais qui sont connues des enfants. On peut même et on doit se servir de termes wallons qui ont! la même signification, avec des enfants qui ne savent que cette langue, afin de leur expliquer les molsj français.

h] Par une périphrase.

c) En rappelant à leur mémoire d'autres expressions semblables.

d) Par analogie. Souvent des termes connus sont" employés pour marquer Tanalogie d'une chose avec une autre ; on dit alors que le mot est pris dans un sens figuré du impropre. Des mots pris dans un sens figuré peuvent être expliqués de la manière indiquée ci-dessus (lettres h et c); il est cependant bon de montrer l'analogie qui existe entre une chose et une autre.

En voici un exemple :

L'instituteur. — Lorsque S. Jean Baptiste vit Jésus venir à lui, il dit : Voici l'agneau de Dieu qui efface les péchés du monde. Comment nommait-il ici le Sauveur? — L'élève : Un agneau. — Par là il ne voulait pas dire, comme vous le voyez bien vous-même^ que Jésus était réellement un agneau; mais que voulait-il désigner en lui donnant ce nom ? — Que J.-G. avait de la ressemblance avec un agneau. — Quelle ressemblance Jésus avait-il donc avec un agneau? — (L'élève se tait). — Nous allons tacher de la découvrir. Savezvous à quoi on employait alors les agneaux? — Aux sacrifices. — N.-S. n'a-t-il pas aussi été sacrifié? — Oui. — Il a été sacrifié , dit l'Écriture sainte, parce qu'il Va voulu lui-même. (S. Jean LIIL 7). Qu'estce que les Juifs voulaient obtenir de Dieu en lui sacrifiant des agneaux? — Ses grâces et la rémission de leurs péchés. — Que demandait J.-G. en s'oflrant lui-môme? — Aussi la grâce de Dieu et la rémission

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des péchés. — Était-ce la rémission de ses propres péchés?— Non, c'était la rémission de nos péchés; car luimême n'en a jamais commis. — Comment se conduisent les agneaux qu'on veut tuer; se défendent^ils, se déjettent-ils , crient-ils? — Non. -— Gomment se conduisit N.-S., lorsqu'on l'étendit sur la croix pour l'y clouer? — Il souffrit tout patiemment et sans ouvrir la bouche. — Vous voyez donc que N.-S. avait beaucoup de ressemblance avec un agneau. On offrait, en effet, des agneaux pour la rémission des péchés ; notre Sauveur s'est offert à Dieu pour la rémission des péchés; les agneaux paraissent souffrir très-patiemment et en silence; notre Sauveur a été d'une patience et d'une résignation extrêmes. Savezvous maintenant pourquoi St. Jean appelait Jésus l'agneau de Dieu? — Oui, parce que Jésus devait être sacrifié pour la rémission des péchés, comme on sacrifiait alors les agneaux, et parce qu'il devait souffrir aussi patiemment, aussi tranquillement qu'un agneau.

On pourrait aussi montrer pourquoi S. Jean, après avoir dit : Voici l'agneau de Dieu, ajoute : Qui efface les péchés du monde.

On peut expliquer de la même manière ces paroles : Jésus est la lumière du monde, la vigne, la parle; la foi est une lumière, etc., etc.

é) Par une description de ce dont il s'agit. La signification de certains mots ne peut se donner à des enfants d'une autre manière, qu'en leur faisant d'abord la description de ce qu'ils expriment, et en leur disant ensuite que c'est cela que le mot signifie.

3" Éviter soigneusement toute longueur. — Les explications, les remarques et les applications faites par le maître, ne doivent pas être trop longues, mais concises. Ne pas se servir de trop de mots est une règle essentielle pour tout instituteur, surtout pour les instituteurs primaires. Des explications trop Ion-

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