‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 109 sur 156 · CLXI · texte numérisé non relu

CLXI

1° Servez-vous de questions équivalentes, c'est-àdire, remplacez la question qui se trouve dans le livre par une autre conçue en termes non moins clairs et aussi intelligibles.

Mais il faut observer qu'on doit s'exprimer de manière que les enfants saisissent tout de suite que c'est une question équivalente à celle qui est dans le livre, et que, par conséquent, la question ne change rien à la chose.

Ce changement peut se faire : a) en interrogeant de manière que la réponse reste affirmative ou négative, comme celle qui doit être faite à la question du livre; b) ou bien de manière que la réponse qui, à cette question , était affirmative , doive être négative à la seconde, et vice-versâ. Par exemple, la question : Devons-nous observer les commandements de Dieu? peut être remplacée par les questions suivantes (ou par toute autre équivalente) : Sommes-nous obligés de faire ce que Dieu nous a commandé? Pouvonsnous suivre notre propre volonté malgré les commandements de Dieu ? Pouvons-nous négliger ce que Dieu nous ordonne d'observer?

2** Énoncez la réponse dans la question même sans toutefois l'y insérer tellement que les élèves n'aient qu'à répondre oui ou non, (§ 146. III. b). Par exemple, la réponse à la question : Quelles âmes vont directement au ciel ? peut être insérée dans la demande de cette manière : Où vont les âmes de ceux qui meurent en état de grâce et qui n'ont plus rien à satisfaire pour leurs péchés? — On peut en agir ainsi relativement à toute question dont la réponse a déjà été expliquée ; c'est-à-dire que l'explication peut être énoncée sous forme de question. Si l'explication se trouve dans une première question, et que

le nom de ce dont il s'agit, constitue la réponse , par exemple : Comment appelez-vous ce qui sert à rappeler quelque chose? Réponse, une marque? Ce nom peut toujours devenir le sujet d'une nouvelle question : par exemple, qu'est-ce qu'une marque?

3" Questionnez par des exemples, c'est-à-dire , quand les élèves ont affirmé ou nié une chose en général, essayez alors, par des questions, si,'^dans des cas particuliers, ils savent affirmer ou nier à propos. Par exemple, à la question : Qu'est-ce à dire que Dieu est tout-puissant? l'élève a répondu : Il peut tout ce qu'il veut; spécialisez quelques cas particuliers; par exemple : Pourriez-vous tomber dans une misère si extrême que Dieu ne s'aurait vous en lirer? — Quand vous êtes malade, peut-il toujours vous guérir? etc.

Questionner par des exemples, n'est pas seulement utile pour s'assurer s'ils ont compris une vérité en sens général; mais, de plus, ils apprennent par là à la mettre ea pratique dans des cas particuliers. A cette fin, l'instituteur choisira toujours, pour ses questions, des choses présentant une vérité qui concerne les enfents.

4" Faites-vous donner souvent des exemples par vos élèves, pour vérifier s'ils comprennent une idée ou une proposition générale. Par exemple, si vous voulez voir s'ils ont bien compris cette maxime : Celui qui nuit volontairement à son prochain , doit réparer le dommage; dites-leur : Donnez-moi pour exemple un cas où quelqu'un fait volontairement du tort à autrui et indiquez ce qu'il doit faire pour réparer ce tort. — Si vous voulez vérifier s'ils savent ce que c'est qu'un signe, dites-leur : Pouvez-vous me nommer une chose qui soit un signe? Dans les réponses qu'ils donnent , il faut qu'ils vous prouvent que ce sont réellement des exemples. Ainsi demandez-leur : Est-

ce, en effel, un signe que vous venez de me nommer? Pourquoi le considérez-vous comme un signe? — Bien, parce qu'il vous rappelle ce dont il s'agit. Que vous rappelle-t-il donc?

5" Questionnez par des choses opposées et par d'aulres qui ont des rapports entre elles, c'est le moyen de voir si vos élèves saisissent suffisamment une chos«; par exemple, le sujet ou l'attribut d'une maxime; vérifiez s'ils savent distinguer une chose de celle qui lui est opposée, ou d'autres qui ont avec elle quelque ressemblance. Par exemple : Est-ce que les enfants désobéissants sont agréables à Dieu? ou du moins aux hommes? — Est -ce que plus le paresseux s'adonne à la paresse, plus le travail lui devient facile? — Ne peut-on pas dire du charron qu'il a créé un char? — L'aspersion de l'eau bénite, n'est-ce pas un sacrement? Si les différences qu'ils remarquent entre faire et créer, entre l'aspersion de l'eau et un sacrement, senties véritables, il est évident qu'ils ont des idées nettes. Dépareilles questions excitent beaucoup l'attention et la réflexion et sont un bon moyen pour leur rappeler la réponse convenable (§ 142), ou pour la leur faire trouver par leur propre réflexion.

6** Analysez le composé comme il est dit § 148. Quand on instruit les enfants au moyen d'un ouvrage rédigé par demandes et par réponses , on ne doit pas seulement analyser et expliquer les réponses, mais souvent aussi les questions.

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