‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 118 sur 156 · CLXXX · texte numérisé non relu

CLXXX

î° Ayantages de celle méthode. — Ce qu'elle eiige.

Cette méthode pour apprendre à connaître et à prononcer les lettres, offre plusieurs avantages.

!•» Elle est utile pour instruire à la fois tous les commençants; elle excite et exerce l'attention; elle habitue en commençant à des idées claires ; elle fait disparaître l'ennui qu'engendre l'étude des lettres et plaît beaucoup aux enfants.

2° Avant l'introduction de cette méthode dans les écoles, les enfants n'apprenaient en plusieurs mois qu'à connaître la forme des lettres, et il s'écoulait

iune demi-année, une année entière^ même souvent I deux années, avant qu'ils pussent lire un seul mot : I tandis que par cette méthode les enfants commencent déjà à lire un mot aussitôt qu'ils ont appris à connaître la première consonne. Cela leur fait plaisir et les excite à l'application.

5*» L'épellation, qui était, dans Fancienne méthode, si ennuyante, peut très-bien s'abréger par la nouvelle , comme je me propose de le démontrer.

Pour faire connaître les lettres aux enfants de îa manière susdite, l'instituteur doit avoir de la facilité pour écrire en grand et distinctement avec la craie les petites lettres imprimées. Cette facilité peut aiscnient s'acquérir par l'exercice, comme j'en ai fait répreuve avec plusieurs instituteurs. Servez-vous d'un bâton de craie carré qui soit aussi gros que les traits principaux des lettres qu'on veut tracer. La craie est-elle trop tendre? on lui donne la dureté convenable en la chauffant. Un instituteur dépourvu d'habileté pour écrire avec la craie sur le tableau, doit s'en procurer un avec Tabécé, c'est-à-dire, une feuille sur laquelle se trouvent représentées en grand les voyelles et les consonnes, de même que ba, be, bi, etc., etc. Qu'il la colle sur du carton et la pende de manière que les élèves puissent facilement voir les lettres, et qu'il procède du reste comme «eus avons dit.

2" De rÉpellation.

§ CLXXXl.

1® D'une méthode d'épeler meilleure que celle dont on se sert ordinairement.

La méthode d'épeler qu'on enseigne ordinairement dans les écoles, consiste, comme on sait, à nommer en particulier chaque lettre d'une syllabe; à les pro-

noncer ensuite toutes ensemble, et à répéter de nouveau les syllabes précédentes, en épelant des mots de plusieurs syllabes. Qui ne voit combien cela est pénible! Et à quoi bon cette longueur désagréable? Par exemple, dans la syllable m, n'est-il pas évidemment plus facile de dire d'un seul son, in, que de faire entendre i puis enne, ensuite in? Mais l'enfant à qui on apprend les lettres, ne doit-il pas concevoir la pensée erronée que ces deux lettres doivent se prononcer ienne? Or, pour le préserver de cette erreur, l'instituteur devra lui dire, après avoir épelé les lettres i, enne, qu'elles se prononcent en un seul son m, et non ienne.

La nomenclature des différentes lettres n'est donc pas seulement une perte inutile de temps, mais, de plus, elle embrouille les enfants et, au lieu de leur faciliter la prononciation d'une syllabe, elle la leur rend plus difficile.

H existe une méthode d'épeler plus courte et bien plus utile : elle consiste à ne jamais prononcer les consonnes seuks , mais à les joindre toujours avec la voyelle qui se trouve dans la syllabe. S'il y a au commencement ou à la fin d'une syllabe plusieurs consonnes, on sépare les consonnes, et on prononce premièrement avec la voyelle la consonne qui en est le plus proche, et ensuite^ en répétant la syllabe ^ on y ajoute Vautre consonne. Par exemple, pré s'épelle pr é, pré, cinq s'épelle c in, cinq. Cette séparation des voyelles ne se fait qu'autant qu'il est nécessaire pour apprendre aux enfants à prononcer deux consonnes d'une seule émission de voix.

Pour vous montrer plus clairement en quoi cette nouvelle méthode d'épeler diffère de l'ancienne, ft combien elle est plus courte que cette dernière, je vais placer ici le mot immortalité, épelé d'après les deux méthodes, sans répéter les syllabes, ce qui a lieu dans les deux méthodes.

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