CLXXXII
Conseils pour apprendre aux enfants à épeler.
Lorsque l'instituteur a appris à unir les consonnes aux voyelles bien couramment {§ 179), l'épellation ne présente plus de grande difiicuUé. 11 peut déjà y
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préparer en apprenant à connaître et à prononcer les lettres. Prenons pour exemple le mot ton; pour apprendre à épeler ce mot, que l'instituteur cache d'abord la consonne n sous une petite planchette et demande : « Comment se prononce ce que vous voyez devant la petite planchette? — Bien, to. » Qu'il cache le t et demande : « Comment se prononce ce qui se trouve après la planchette? — Bien, on. Or, to et on comment se prononcent-ils 'ensemble? » Si les élèves ne peuvent rendre tout de suite le son qui en résulte, qu'il leur répète encore différentes fois les syllabes to, on, si brièvement que les deux o semblent se confondre et n'être qu'un seul son. Qu'il procède de la sorte avec tous les mots. Dans cette préparation à l'épellation, il doit continuer à apprendre à connaître et à prononcer les lettres aussi longtemps que les enfants puissent nommer tout de suite chaque lettre, aussitôt qu'ils les voient, et qu'au premier coup d'œil ils puissent aussi prononcer chaque consonne avec la voyelle qui l'accompagne. Il faut mettre ensuite les enfants dans la classe d'épellation, mais pas plus tôt. On s'applique donc d'abord à épeler, et qu'en cela l'instituteur cherche à porter les enfants à s'appliquer en leur inspirant le désir de savoir lire (§ ill). Le maître épellera d'abord la leçon, mais lentement et avec clarté; ensuite il désignera tantôt un élève, tantôt un autre pour le faire à haute voix, et il obligera tous les autres à le suivre tout bas. La leçon finie, on la recommence quelques fois afin que chaque élève l'apprenne , et que la plupart aient leur tour pour épeler tout haut. La leçon ne doit pas être trop longue, afin que les enfants puissent facilement apprendre à épeler pendant le temps désigné pour s'exercer à l'épellation ; bien entendu que ce temps doit être assez court, s'ils s'y sont préparés convenablement par une revue
préalable d*e la leçon. Quant à la durée de la leçon, Tinstituteur ne devra pas perdre de vue qu'il lui faudra encore du temps pour exercer les enfants à l'attention et à la réflexion (§ liO). Ces exercices ne doivent jamais s'omettre entièrement ; l'instituteur doit s'y préparer. Tout en commençant à épeler, il doit faire attention à ce que les enfants prononcent bien nettement et clairement. Ne prenez pas un ton chantanty parce que les enfanis le garderaient aussi en lisant. Vous devez aussi de temps en temps demander si les enfants savent ce que signifie le mot qu'ils viennent d' épeler ; s'ils connaissent l'objet qu'il désigne. Ces questions et l'explication des mots sont nécessaires, parce que les enfants s'habitueraient à dire ou à lire des mots, sans songera leur signification; or cette habitude leur serait extrêmement nuisible.
§ CLXXXIIÎ.
Que l'instituteur fasse souvent épeler au tableau , surtout les commençants. îl ne doit y écrire que des mots faciles à comprendre qu'il trouvera dans le syllabaire, ou d'autres qui offrent quelque chose d'agréable aux enfants.
Il doit, en premier lieu, non-seulement faire épeler aux enfants les syllables difliciles, mais aussi les exercer à les prononcer très-bien. Par exemple, dans conscrit se trouve la syllabe difficile scrit; qu'il la décompose et n'écrive que n, qui est très-facile; qu'il y ajoute se et leur dise auparavant scrit, et qu'il le fasse ensuite redire quelques fois par les enfants. Qu'il efface ensuite Vi et y substitue un e, en leur faisant premièrement dire re, et qu'il leur dise alors : Maintenant ajoutez-y se. S'ils ne peuvent encore le faire, qu'il leur demande : Est-ce encore scrit? — Non, sans doute; et s'ils ne disent pas encore scret, qu'il le leur dise. Changez ensuite e en a, en o; et
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après cet exercice plusieurs pourront sans la moindre difficulté dire sera, scre, etc., dès que l'instituteur aura changé la voyelle, et ce sera pour eux un vrai plaisir. Qu'il écrive ensuite quelques mots où se trouvent de ces syllabes difficiles, c'est-à-dire, dans lesquelles les voyelles sont suivies ou précédées de plusieurs consonnes.