CLXXXVI
3** Do la lecture courante et régulière.
En enseignant à lire, il faut faire attention à ce que les enfants :
1" ne lisent pas seulement couramment, mais aussi selon les règles ;
2« qu'ils apprennent à comprendre ce qu'ils lisent;
o" qu'ils aient un grand désir d'apprendre à bien
lire, et qu'ils lisent volontiers quelque livre en leur particulier.
I" &ègle5 à observer dans la lecture*
Lisez comme vous parlez ou comme vous racontez quelque chose. C'est là la règle principale à observer en lissant. Elle suffit seule aux enfants qui parlent bien , si l'instituteur les oblige à s'y conformer. Les règles particulières qui vont suivre , serviront plutôt à faire remarquer et éviter les fautes qu'on commet contre la règle générale.
1" Prenez en lisant votre ton de voix ordinaire; c'està-dire , ne prenez pas, en lisant, un ton forcé, faux; ne chantez pas; ne criez pas.
2" Prononcez chaque mot d'une manière convenable et claire. Cette règle exige qu'on observe le ton convenable et la mesure (le rithme) propre à la syllabe ; qu'on ne balbutie pas; qu'on ne bégaye pas; qu'on ne parle pas du nez, etc.; qu'on ne prononce ni moins, ni plus, ni d'autres syllabes que celles qui se trouvent dans le mot; qu'on n'en bouleverse pas l'ordre.
5" Dirigez-vous diaprés les signes de ponctuation. Il faut s'arrêter un peu à chacun de ces signes, sans cependant laisser baisser la voix, excepté au point (.); arrivé à celui-ci, vous laisserez baisser la voix, mais sans contraite, comme on le fait ordinairement en racontant; on s'y arrête plus qu'aux autres signes. Dans la lecture, on ne doit jamais s'arrêter que lorsqu'il se trouve un signe qui l'exige. 4° N'appuyez que sur les mots de la phrase sur lesquels l'attention doit surtout se porter. Si vous observez comment, en conversation, on prononce plusieurs mots l'un après l'autre, vous remarquerez facilement qu'on appuie plus fortement sur certains mots, c'est-à-dire, qu'on les prononce en élevant un peu la voix, en sorte
que celui à qui Ton parle, puisse compreiidje ce que Ton veut surtout lui faire remarquer.
5° Que votre voix et votre prononciation ou accentuation soient réglées sur le sujet que vous lisez.
Remarquez encore comment, dans la conversation ordinaire, on parle de choses qui causent de la joie, du chagrin, de la crainte, de Tespérance, etc., qui sont de plus ou de moins d'importance. Vous observerez dans chaque différent sujet de conversation quelque chose de particulier à la voix et au ton : c'est ce qu'il faut tâcher d'imiter dans la lecture, mais bien naturellement, c'est-à-dire, sans affectation.
l"' Observation. — Pour bien lire d'après les deux dernières règles, il faut premièrement connaître ce que vous voulez lire, vous en pénétrer; c'est le seul moyen de lire pour être bien compris et pour aller au cœur des auditeurs.
2"=® Observation. — Mettez en pratique en lisant des vers toutes les règles précédentes, et gardezvous surtout de faire une pause après un vers, lorsqu'il n'y a pas de point final (i).
§ GLXXXVII.
Conseils pour apprendre aux enfants à bien lire.
1° Autant que possible, ne faites rien lire à vos élèves qu'ils ne puissent comprendre; caries enfants ne parviennent que lentement à lire ce qu'ils ne comprennent pas; il leur est impossible de le lire comme il faut, et, par là, ils s'habituent à balbutier des mots sans faire attention au sens. Il en résulte qu'ils n'ont aucun goût pour la lecture. On ne doit pas non plus faire lire aux enfants ce qu'ils savent par cœur.
(1) L'auteur n'a pu parler des liaisons des voyelles aux consonnes, qui, en français, si^ rencontrent si fréquemment dans la lecture, et qui exigent une attention continuelle de la part de l'instituteur, (le TradJ
2" Ne faites avancer vos élèves dans la lociure que pas à pas et exercez-les diligemment , sans les fali- ■ gner. Vous ne devez exiger des commençants, dans f la lecture, rien de plus que de syllaber, c'est-àdire, de lire successivement les syllabes avec un ton convenable. Ne les obligez pas à prononcer avec vitesse les syllabes, mais laissez-leur le temps de se rappeler premièrement comment elles s'épellent. Les avez-voiis exercés assez longtemps pour qu'ils puissent prononcer tout de suite et bien chaque syllabe qui peut se présenter, obligez-les d'abord à lire couramment les mots, c'est-à-dire, sans s'arrêter à chaque syllabe. Donnez-leur encore le temps de bien remarquer toutes les syllabes d'un mot polysyllabe, et de réfléchir sur la manière de les prononcer. Lorsqu'ils savent bien lire les mots, il sera temps de les obliger à faire attention aux signes de ponctuation (i). Si vous n'en agissez pas ainsi, ils omettront souvent des lettres et des syllabes, les prononceront mal, les répéteront souvent et s'accoutumeront à bégayer. Si vous les punissez pour ces fautes , ou s'ils s'aperçoient eux-mêmes qu'ils manquent à chaque instant, ils deviendront tristes et perdront tout goût pour l'étude. Pour ne pas fatiguer vos élèves en lisant, et pour i\e pas les ennuyer, ne leur donnez jamais une trop grande leçon , et ne les occupez pas trop longtemps à la lecture.
3*» Lisez d'abord vous-mêmes à vos élèves la leçon de lecture, lorsque vous la leur donnez : i° pour leur faciliter la lecture; 2° pour leur montrer comment ils doivent lire. En effet, bien lire devant les élèves leur est souvent plus utile que les règles de lecture, qu'ils n'apprendront pas en une fois, mais une à une, lorsqu'ils auront déjà acquis assez de facilité pour
(1) Et de leur parler des liaisons des voyelles aux consonnes finales, et de les habituer à les faire. (Le TradJ
en faire usage. Or, pour pouvoir bien lire devant les élèves, il faut vous y exercer diligemment et lire auparavant la leçon que vous voulez leur donner. En lisant, il faut vous guider d'après la force des élèves. A ceux qui lisent encore en syllabant ou en s'arrêtant après chaque mot, lisez de même et si lentement que chacun puisse vous suivre; car il faut obliger les élèves à lire tout bas ce que vous lisez à haute voix. Avec les plus avancés, lisez conformément aux règles de la lecture, rapportées § 186. xVvant de commencer à lire une leçon à vos élèves, donnez-leur souvent une idée succincte de ce qui y est contenu.
4" Lorsqu'ils doivent réciter leur leçon, faites-la lire par un d'entre eux à haute voix, pendant que ses condisciples la répéteront tout bas. Il n'y a jamais qu'un seul élève qui doive lire à haute voix; mais vous devez faire en sorte que chacun ait son tour (i). La leçon finie, on la recommencera. Pendant cette lecture, fiûtes-les arrêter de temps en temps , tantôt pour vérifier s'ils comprennent ce qu'ils lisent, tantôt pour faire quelque observation utile. Cela les excite à être attentifs et dissipe Tennui qu'ils pourraient y trouver. Vous devez souvent demander aux petits s'ils comprennent les mots qu'ils viennent de lire; et, s'ils sont en état de lire une phrase entière, il faudra aussi leur en demander le sens.
5° Cette lecture faite, entamez avec eux une conversation. Demandez-leur ce qu'ils ont lu , et faitesvous en rendre brièvement compte par ceux qui en sont capables. Examinez-les pour voir s'ils ont bien compris tout. Eclaircissez-leur , par des questions ou de simples paroles, ce qui leur est obscur; et tournez
(1} U existe cependant des écoles où, de temps à autre, l'instituteur fait lire ensemble tous les élèves d'une division, surtout les morceaux qui exigent des changements de ton : cette lecture en commun plaît beaucoup aux enfants; en outre,, c'est un moyen efficace d'accoutumer à bien lire lea élèves qui ne savent prendre, en lisant , qu'un ton monotone.
(Note da Trad.)
loul, autant que possible, à leur instruction et à leur amendement.
Voici un exemple qui servira de démonstration pratique à ce que je viens de dire.
Entretien sur Vhistoire de l'enfant Jésus au milieu des docteurs, à l'âge de 12 ans.
L'Instituteur. Que venez-vous de lire, Gérard?
L'Élève. Un trait de la vie de Jésus.
Inst. Oui; mais quel est ce trait?
El. Qu'il se rendit au temple de Jérusalem à Page de 12 ans.
Inst. Ensuite?
El. Qu'il y demeura à l'insu de ses parents.
Inst. Savez-vous ce qu'était le temple?
El C'était
Inst. Le temple était une vaste et magnifique église, où, d'après l'ordre de Dieu, chaque Juif devait se rendre plusieurs fois l'an, pour y adorer le Seigneur. Où était située cette église?
El. a Jérusalem.
Inst. A quel âge Notre-Seigneur se rendit-il à Jérusalem?
El. a l'âge de 12 ans.
Inst. Oui, dès cet âge il allait avec ses parents h l'église , bien que le chemin , pour y arriver , fût long de plusieurs journées. Mais quelle était son intention en se mettant en route? N'était-ce pas curiosité de sa part pour voir cette belle église?
El. Non ; c'était pour y adorer Dieu , son Père.
Inst. Comment se conduisit-il en route? Pensez-vous qu'il criait et se disputait avec les autres, comme le font très-souvent les entants ?
El. Non; il s'y rendit avec modestie et recueillement.
Inst. Oui, mes enfants; si vous aviez pu voir sa marche posée et modeste, c'en eût été assez pour vous
DE pi:dagogie. 267
loucber, et pour vous faire aller à l'église avec plus de recueillement et de retenue que vous ne le faites ordinairement. Mais à quoi notre Sauveur pensait-il eu route?
El. a son Père céleste.
Inst. Oui, il y pensait bien certainement; et puis il réfléchissait à la manière dont il pourrait l'honorer convenablement dans le temple. Comment croyezvous qu'il s'y conduisit? Pensez-vous qu'il s'amusait à regarder les autres enfants, leurs habits, ou ceux qui entraient et ceux qui sortaient?
El. Non ; il y priait dévotement.
Inst. Oh! qui pourrait être aussi recueilli en Difu et prier aussi dévotement que lui! quel bonheur ne serait-ce pas. — Mais dites-moi, Guillaume, avait-il fi\it quelque chose auparavant qui pût le disposer à pouvoir prier dévotement dans le temple? El. Oui ; il y était allé avec un grand recueillement. Inst. Qu'en concluez-vous, mes enfants? Comment devez-vous vous conduire, si vous voulez pouvoir prier dévotement à l'église?
El. Nous devons nous y rendre avec modestie et dévotion.
Inst. Et, à l'exemple de Jésus, à quoi pouvez-vous penser en y allant?
El. a Dieu et à la manière de l'honorer de notre mieux à l'église?
Inst. Et comment pouvez-vous l'honorer?
El. En priant dévotement.
Inst. Mais le faites-vous? priez-vous dévotement, en regardant de côté et d'autre ce qui s'y trouve et ce qui s'y passe, etc.?
EL. Non.
Inst. Et, si vous ne dites ou ne lisez que des lèvres quelque prière , sans élever votre esprit à Dieu et sans l'invoquer de cœur, priez-vous dévotement? El. Non.
Insï. Comment donc devez-vous faire pour qu'il soit réellement vrai que vous priez dévotement?
El. Je ne dois pas regarder de côté et d'autre.
Inst. Est-ce tout?
El. Non; je dois aussi élever mon esprit à Dieu et l'invoquer de cœur.
Inst. Philippe, lorsque les parents du Sauveur retournèrent, l'avaient-ils avec eux?
El. Non.
Inst. Pourquoi donc s'en retournaient-ils sans lui?
El. Ils pensaient qu'il était dans la compagnie d'autres personnes.
Inst. Mais pouvaient-ils bien le laisser ainsi seul avec d'autres?
EL. Oui.
Inst. Oui, me dites-vous; mais ne pouvait-il pas se faire que, n'étant pas sous les yeux de ses parents, il fût exposé à faire le mal par pétulance ou légèreté ou, du moins, qu'il en ressentît quelque dommage?
EL. Oui.
Inst. Comment donc les parents du Sauveur pouvaient-ils être si peu inquiets sur son sort? Croyezvous qu'ils pouvaient se fier que, même loin de leurs yeux, il s'abstiendrait de tout mal et ne s'exposerail à aucun accident?
Él. Oui.
Inst. Certainement ils le pouvaient , parce qu'en toute occasion ils avaient vu qu'il agissait en toul avec beaucoup de prudence et de réflexion, et que ce n'était pas à cause des hommes, mais à cause de Dieu qu'il faisait le bien et évitait le mal. Oh ! quelU consolation et quelle joie pour les parents, lorsqu'ils ont des enfants sur lesquels ils peuvent se fier combien ces enfants sont aimables ! ce sont réellement les favoris de Dieu et du Sauveur. Mais en futcomme le pensaient ses parents? le trouvèrent-ils ave( les autres personnes de Nazareth?
El. Non.
Inst. a quelle distance étaient-ils déjà de Jérusalem lorsqu'ils surent avec certitude qu'il n'était pas avec les autres?
El. Ils avaient déjà marché une journée entière.
Instit. Continuèrent- ils alors leur chemin vers Nazareth?
El. Non, ils retournèrent à Jérusalem, et l'y cherchèrent.
Inst. Mais ils n'en agissaient pas ainsi comme s'ils se lussent méfié de lui; non, c'est parce qu'ils craignaient qu'il ne lui fût arrivé quelque mal; et ensuite parce qu'ils l'aimaient tendrement et que sa présence faisait leurs délices. Mais le trouvèrent ils tout de suite à Jérusalem?
El. Non; mais seulement trois jours après.
Inst. Où le trouvèrent-ils?
El. Dans le temple, au milieu des docteurs.
Inst. Gomment Jésus s'y comportait-il? comme maître ou comme élève?
El. Comme élève.
Inst. Vous pouvez donc apprendre de lui comment vous devez vous conduire à l'école; car le Seigneur est en tout notre modèle. — Mais, Théodore , allait-il à cette école parce que telle était la volonté de vses parents, ou parce qu'ils l'y contraignaient?
El. Non; car ceux-ci ne le savaient même pas.
Inst. D'après la volonté de qui s'est-il donc dirigé en cette occasion?
El. D'après la volonté de Dieu.
Inst. Oui, la volonté de Dieu le guidait toujours. Il allait à l'école parce qu'il savait que cela plaisait à Dieu. Mais était-ce bien faire que de rester à l'école avant d'en avoir prévenu ses parents?
El (Il se tait.)
Inst. Le Seigneur fit-il jamais quelque chose d'injuste ou de mauvais?
2/0 MAINUEL
El. Non; il faisait toujours ïa volonté de son Père céleste.
Inst. En cette circonstance, se laissa-t-il guider par la volonté de son Père céleste, en ne prévenant pas ses parents?
El. Oui.
Inst. Était-ce donc mal agir?
El. Non.
Inst. Certes non; car ce à quoi la volonté divine nous excite et ce qui y est conforme ne peuvent pas être mal. Or, dites-moi, mes enfants, qu'est ce qui doit vous exciter à fréquenter assidûment Fécole? Est-ce seulement la volonté de vos parents?
El. Non, mais aussi la volonté de Dieu.
Inst. Oui, la volonté de Dieu, qui veut que vous appreniez le bien, afin que vous sachiez comment vous devez vous conduire pour lui plaire et pour être sauvés. Vous ne devez donc pas attendre que vos parents vous contraignent d'aller à l'école; mais vous devez au contraire les prier qu'ils vous permettent d'y aller. Comment, en cette occasion, Notre-Seigneur se conduisit-il, Frédéric?
El. Bien.
Inst. Certainement; mais je voudrais savoir en quoi consistait sa bonne conduite, et ce qu'il fit de particulier. N'en est-il rien dit dans votre livre?
El. Oui; il écoutait attentivement et questionnait.
Inst. Que voulez-vous dire par ces mots : Il écoutait attentivement?
El. Il faisait attention à ce que les docteurs disaient.
Inst. Mais comment faisait-il attention? Était-ce superficiellement?
El. Non , mais très-bien.
Inst. Ainsi il était très-attentif à l'école. — Mais ne faisait-il pas autre chose que de prêter une grande attention ?
DE PëDADOGIE. 271
El. Oui; il questionnait.
Tnst. Mais questionnait-il à tort et à travers?
El. Non, il le faisait bien intelligiblement et à propos,
Inst. Oui, si intelligiblement que tous ceux qui i'écoutaient en étaient étonnés. Mais pouvait-il le faire ainsi sans y avoir préalablement réfléchi?
El. Non.
Inst. Ainsi il réfléchissait aussi beaucoup sur la leçon?
EL. Oui.
Inst. Ceux qui l'entendaient admiraient-ils autre chose que ses questions intelligibles?
Él. Oui, ils admiraient aussi ses réponses.
Inst. Il répondait donc assez haut et avec assez de précision. Or, cet exemple de Jésus vous prouve-t-il comment vous devez vous conduire à l'école?
Él. Oui; nous devons y être attentifs.
Inst. Est-ce tout?
El. Non; nous devons réfléchir beaucoup sur les leçons.
Inst. Et lorsqu'on vous questionne?
Él. Nous devons répondre assez haut et intelligiblement.
Inst. Mais, lorsque vous ne comprenez pas la question, ou autre chose que l'instituteur dit, ou ce que vous lisez, que devez«vous faire?
El. Nous devons le demander.
Inst. Or, dites moi maintenant tout ce que vous apprend ce fait de la vie de l'enfant Jésus?
Él. Il nous apprend que nous devons être bien attentifs, réfléchir sur la leçon, répondre assez haut et intelligiblement , et le demander , lorsque nous ne comprenons pas bien quelque chose.
Inst. Très-bien. — Vous savez donc maintenant comment vous devez imiter le Sauveur à l'école ; raais sullit-il, Ilerman , de le savoir?
Él. Non, nous devons aussi le mettre en pratique.
Inst. Vous devez au moins y travailler; vous devez donc aussi questionner lorsque vous ne comprenez pas bien quelque chose; car c'est très utile, si vous voulez bien apprendre. Vous connaissez sans doute le proverbe relatif à ce point?
Él. Oui : en questionnant on parvient à savoir.
TwsT. Et cependant vous questionnez si rarement! Ne voulez-vous donc pas vous y mettre une bonne fois ? Demandez hardiment. Si vous cherchez à questionner intelligiblement, peu importe s'il vous arrive de faire une question insignifiante. — Mais, Elisabeth, que dirent les parents du Sauveur en le trouvant au milieu des docteurs? •
El. Mon fils, pourquoi avez-vous agi ainsi; voyez, votre père et moi , nous vous avons cherché avec douleur.
Inst. Oui; ainsi parla sa mère pleine d'admiration et de joie de retrouver son cher Fils. — Que répondit le Sauveur?
El. Pourquoi m'avez-vous cherché?
Inst. Que voulait-il dire par là?
El. Qu'ils n'avaient pas besoin de le chercher.
Inst. Dit-il aussi le motif pour lequel ils n'avaient pas besoin de le chercher?
El. Oui : Ne savez-vous pas que je dois être à ce qui regarde mon Père?
Inst. Ses parents comprirent-ils alors ce qu'il voulait dire par là?
Él. Non.
Inst. Cela ne sig^iiliait-il pas : Ne saviez-vous point ou n'auriez-vous pas dû penser que je ne ferais que ce qui est agréable à mon Père céleste?
ÉL. Oui.
Inst. Oui ; nous pouvons prendre les paroles de Jésus dans ce sens, parce que nous savons qu'il ne voulait et ne faisait que ce qui plaisait k son Père céleste. — Resta-t-il encore longtemps dans le temple?
Él. Non ; il retourna à Nazareth avec ses parents.
L'instituteur pourra ensuite faire indiquer aux enfants, tour à tour, quel fruit ils peuvent retirer de cette histoire, et ajouter encore de nouvelles instructions à celles que chaque élève indiquera (§ 85.)
§ CLXXXVIIl.
3" Moyens de porter les enfants à aimer ia lecture et à lire en leur particulier.
a) Relisez ce qui est dit aux §§ 7iî, 116, H7.
b) Représentez-leur parfois l'utilité qu'ils trouvent dans la lecture, tant pour eux-mêmes que pour les autres. Elle leur apprend une foule de choses, fait disparaître l'ignorance si nuisible, et procure de la joie et de la consolation. Lorsqu'on est triste et qu'on ne se sent aucune envie de faire le bien, qu'on lise dans un livre combien Dieu nous aime, combien ses intentions à notre égard sont pleines de bonté, même lorsqu'il permet que nous éprouvions quelque peine : on se sentira bientôt tout consolé. Quiconque sait bien lire, peut se procurer souvent, et même à autrui, ces consolations, cette joie et cet encouragement : avantages dont est privé, à son grand détriment, celui qui ne sait pas bien lire.
c) Cherchez à les convaincre, par leur propre expérience, des avantages de la lecture. A cet effet, ne leur donnez aucun détail, lorsqu'ils vous demandent ce qui est contenu dans un livre, mais faites-le leur lire. Si l'élève qui vous adresse cette demande, ne sait pas lire, faites en répondre un autre qui a lu ce livre, en lui faisant remarquer de quelle utilité est la lecture. Si dans quelque livre vous trouvez des passages qui puissent être agréables et utiles aux enfants, notez-les et lisez-les de temps eu temps à vos élèves. Si vous voyez qu'ils y trouvent du plaisir, vous avez une belle occasion de leur parler de l'utilité de la lecture.
d) On connaît combien on inspire l'amour de la lecture aux enfants, en leur faisant prendre un autre livre. Il serait donc à souhaiter que vous eussiez quelques livres utiles dans lesquels vous pourriez de temps en temps les faire lire en guise de récréation. Il ne faut pas permettre qu'ils feuillettent ces livres» afin que ce qu'ils contiennent leur reste inconnu (i).
Si vous n'avez qu'un seul livre de ce genre, vous les exciterez extrêmement à s'appliquer à la lecture , si vous faites lire tantôt l'un, tantôt l'autre, en récompense de son application.