I. De la Calligraphie
§ cxc.
Avertissement.
i° Calligrapliie signifie ici écriture lisible et agréable aux yeux. — 2" Les lettres se divisent en majuscules et en minuscules. — 3° Quelques-unes de ces dernières ne dépassent pas les lignes, c'est-à-dire, n'ont qu'un corps; les autres les dépassent, soit celle de dessus, soit celle de dessous, et quelquefois les deux : elles sont appelées lettres bouclées. — 4« Il y a trois différentes espèces de traits à remarquer dans les lettres : ils en sont les parties constitutives. Le trait par
loquel commence une lettre, et qu'on nomme le délié; le plein. Irait principal qui la constitue; enfin, le trait de liaison par lequel on la lie à la lettre suivante (i). — 5" Il ne doit jamais y avoir à une lettre aucun trait superflu, comme il ne doit y manquer aucun trait nécessaire. — 6'' Chaque lettre doit avoir son plein et son délié; ce dernier, de même que les liaisons, doit être très-fin. Les pleins doivent être assez gros, mais pas également partout, comme on peut le remarquer dans un bon modèle. Le plein et le délié convenables des traits dépendent en grande partie de la bonne tenue de la plume. — 7° Les lettres courtes, c'est-à-dire, qui ne dépassent pas les lignes, doivent être toutes de la même grandeur.
— 8** Quant à celles qui dépassent les lignes, leur prolongement ne doit être ni trop grand ni trop court. — 9" Toutes les lettres d'un mot doivent être liées ensemble par des traits de liaison. — iO" Les lignes doivent être parallèles au bord supérieur du papier de même que entre elles; et, lorsqu'il n'y a point d'alinéa, être à égale distance Tune de l'autre.
— 11° Il dépend beaucoup, pour bien écrire, d'avoir une plume taillée convenablement et de la bien tenir. Elle ne doit être tenue ni trop haut ni trop bas, mais plus bais par de petits enfants que par de grandes personnes, autrement elle serait trop perpendiculaire sur le papier. On doit la tenir de manière que les deux parties du bec se posent bien également sur le papier (2). On la tient avec le pouce et le troisième doigt, la laissant reposer sur le côté de ce
(1) L'écriture française ou anglaise présente une partie constitutive qui ne 8e trouve pas dans l'écriture allemande : ce sont les tournants. G est la partie la plus difficile et qui contribue le plus à la beauté de l'écriture; elle exige donc l'attention journalière de l'instituteur.
(juant à la pente, dont ne parle pas Overberg, la plus généralement adoptée se base sur la pente d'une ligne tirée des trois quaiti d'un carré à l'angle le plus éloigné, {Note do Trad.)
(2) Pour obtenir cette pose , le bout de la plume doit être dirigé vers le nœud de la cravate ou du moins vers l'éptule droite : c'est la tenue la plus naturelle pour faire des pleins bien nets. {Note Ua Trad.)
doigt, un peu au-dessous de l'ongle. Il faut s'attacher à ce qu'il n'y ait pas de raideur dans la main, — iâ'* L'instituteur doit tailler la plume aux plus petits. Pour éviter qu'ils ne poussent trop sur la plume, il n'a qu'à la tailler un peu grossièrement avec une longue pointe et une large fente. Il faut du reste tailler les p'umes hors du temps des classes. Pour ne pas oublier à qui chaque plume appartient, l'instituteur pourra faire un chiffre sur le dos de la plume, et faire retenir à chaque enfant son numéro. Quant aux grands, il doit leur montrer comment on doit les tailler (i). — 15" Pencher la tête, s'appuyer sur la poitrine, poser les genoux l'un sur l'autre ; tout cela doit être évité soigneusement en écrivant; car ces mauvaises positions n'empêchent pas seulement de bien écrire, mais elles sont très-nuisibles à la vue et à la santé. Croiser les genoux peut aussi nuire à la moralité. Comme, en écrivant sur les genoux, on ne peut facilement éviter de se p**ncher, il faut sévèrement l'interdire à vos élèves. — 14" Quiconque veut apprendre à bien écrire aux enfants, doit s'appliquer à avoir soi-même une belle écriture, et s'exercer beaucoup en copiant de bons modèles, afin de pouvoir soi-même tracer sur leurs cahiers des lettres modèles. Aussi longtemps qup l'instituteur écrira mal , il ne doit pas le faire sur le tableau ou sur les cahiers de ses élèves, mais leur donner à imiter de bons modèles écrits par d'autres ou lithographies, et les leur faire copier.