‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 132 sur 156 · CCI · texte numérisé non relu

CCI

2» Exercice mental sur les 4 premières opérations .

Aussitôt que les enfants sauront compter jusqu'à 10, l'instituteur pourra déjà commencer à les exercer au calcul mental pour les quatre opérations fondamentales; ce qui peut se faire :

a) Pour Vaddition, Sans expliquer aux enfants ce que c'est qu'additionner, donnez-leur- eu tout de suite une idée pratique; par exemple, vous avez 2 noisettes et votre ami en a 5 : combien en avez-vous ensemble? Faites-leur, en effet, compter les noisettes. Servezvous de plusieurs exemples de ce genre.

b) Pour la soustraction. En même temps que vous exercez les entants à additionner mentalement, apprenez-leur aussi à soustraire de même. Sans leur expliquer ce que c'est que la soustraction, donnez-leur-en d'abord un exemple. On les exercera tour à tour sur l'addition et sur la soustraction. Il ne faut encore rien dire des emprunts; les enfants en prendront connaissance en calculant au tableau.

c) Pour la multiplication et la division. Les enfants ont-ils acquis quelque facilité pour les deux opérations précédentes, passez à la multiplication et à la division sans les définir. Vous leur donnerez toutes sortes de petits exemples de multiplication et de division, sans néanmoins négliger l'addition et la soustradion. Vous leur ferez résoudre de temps en temps des problèmes pour la solution desquels ils devront en même temps «employer plusieurs opérations. Le commencement de la multiplication pourra s'effectuer plus aisément en leur apprenant le plus facile de la table de multiplication. Procédez, à cet effet, de la manière suivante :

Donnez d'abord à un élève deux des petits bâtons que nous vous conseillons d'avoir pour leur apprendre le calcul; dites-leur : Comptez ces bâtons. L'enfant compte un, deux. Prenez en même temps ces bâtons en main et élevez-les, afin que les enfants les voient, et dites : Voyez, combien y a-t-il ici de bâtons? — Bien, deux. Maintenant commencez à compter par deux, et comptez encore une fois ces deux bâtons, comme si vous y en aviez ajouté deux. L'enfant

compte 5,4. — Ajoutez deux bâtons aux deux autres; tenez-les en l'air en disant : Voyez, vous avez compté deux fois deux bâtons, vous les avez pris deux fois; combien font-ils ensemble? — Bien, 4; donc 2 pris 2 fois, ou 2X2 font 4. Commencez maintenant à compter par 4 , et comptez encore une fois les deux bâtons comme si vous y en aviez ajouté 2, etc»

Opérez de même avec le nombre 5. Lorsque les enfants apprennent de cette manière à multiplier par 2, 3 et 4, et qu'ils emploient et répètent dans quantité d'exemples ce qu'ils ont appris, ils se l'impriment facilement et profondément dans la mémoire.

Les enfants pourront apprendre par cœur chez eux, à différentes reprises, le reste de la table de multiplication. Ils doivent être souvent examinés pour voir s'ils la savent imperturbablement, quels que soient les nombres indiqués.

En apprenant les quatre premières opérations aux petits, les plus grands ne resteront pas oisifs. Dans chaque opération, l'instituteur leur donnera quelques exemples faciles , pour qu'ils apprennent par les réponses des grands, comment ils doivent opérer. Ensuite il s'adressera tantôt à ceux ci , tantôt à ceux-là, en leur donnant des exemples adaptés à leurs connaissances. Il fera bien aussi de proposer aux plus grands quelques problèmes, dans lesquels se trouveront des nombres décimaux. II doit toujours avoir sous la main une bonne provision de ces problèmes.

Ceux qu'il fait résoudre mentalement, doivent être si simples que les enfants puissent facilement en retenir de mémoire tous les nombres. Il faut toutefois éviter de les occuper trop longtemps de calcul mental.

Un bon moyen de porter plusieurs enfants d'une manière agréable à acquérir de la facilité pour ad-

dilionner, pour soustraire et pour réciter la toble de multiplication, c'est \g jeu de ces trois opérations. Je ne saurais entrer dans tous les détails de ce jeu; je me bornerai à en donner une petite idée. Les lettres «, 6, G,d, e, t représenteront des enfants.

Le jeu d'addition se fait ainsi : a demande 1 -f- 1 ? b répond ; font 2; ce dernier demande ensuite : 2+ 1? c répond, 3. 5 + 1? c? répond, 4, etc. — Une autre fois a commencera ainsi : l-|-2?6 répond : font 3. 2+2? c répond, 4, etc. — La troisième fois a commencera

I + 3? 6 , répond : font 4 ; 2 + 3? c répond 5 , etc. — On procédera de même avec 4, 5, etc.; savoir : aux nombres 2, 3, 4, 5, etc., jusqu'à 10, vous ferez ajouter d'abord 1, puis 2, 3, 4, 5, etc.

ku jeu de soustraction ^ a commence : i de 10? 6 répond : reste 9. 1 de 9? c répond , 8, etc. Une autre fois a commencera, 2 de 10? h répond, 8; 2 de 9? c répond, 7, etc. Soustrayez de même des nombres 10, 9, 8, etc., 1, 2, 3, 4, etc. Avec des enfants plus avancés, vous pourrez commencer par 20 et en soustraire 1, 2, 3, etc., et les faire additionner jusqu'à 20.

Kvijeu de multiplication y a commence: 2 X 2? 6 répond : font 4. 2 X 3? c répond : font 6. 2 X ^> etc.

II ne faut jamais omettre dans la réponse les mots font et reste. Lorsqu'un enfant les omet; lorsqu'il ne répond point du tout ou pas avec justesse; lorsqu'il questionne mal, par exemple, lorsqu'il demande 6 et 2? il faut lui défendre de répondre les trois premières fois que son tour reviendra, mais laisser répondre celui qui le suit. Dans ces jeux , il faut passer du plus facile au plus difficile.

300 MAKUEL

Page 1