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II. Ordre, durée et enchaînement des leçons

Chaque section doit recevoir des soins spéciaux pendant certain ten^ps. L'instituteur prendra garde de consacrer trop de temps à l'une au détriment des autres. Pendant qu'il en soigne une, il doit occuper les autres à des choses utiles. Mais, avant tout, qu'il se demande :

1° Dans quel ordre les sections peuvent-elles être instruites chaque jour? — Si des circonstances particulières n'exigent le contraire, commencez par la section inférieure et continuez jusqu'à la supérieure : je vous en donnerai tantôt la raison. Y a-t-il plusieurs divisions dans une section, faites d'abord épeler la plus avancée pour donner aux autres le temps d'apprendre d'autant mieux leur leçon.

2 " Combien de temps la classe doit-elle durer chaque jour? Lorsque le nombre des élèves est considérable, 6 heures seront peut-être nécessaires pour les instruire tous d'une manière convenable. Le temps des classes ne doit pas durer beaucoup plus de 6 heures, sans de graves motifs, parce que rester plus

longtemps assis, peut devenir nuisible, et pour ie maître, et pour les élèves.

5" Combien de temps doit-on consacrer à l'instruclion particulière de chaque section? Si l'on a 6 heures, on pourrait en consacrer i i/2 pour les deux premières, et trois environ pour les deux autres. 11 resterait encore 1 1/2 heure à consacrer d'une manière utile à toutes les sections. II n'est pas nécessaire que cette distribution de temps soit observée ponctuellement; c'est cependant avantageux pour ne pas s'exposer à donner trop de temps à une section au détriment des autres.

4" Combien de fois et combien de temps les leçons indiquées § 50 doivent-elles être répétées? — Les points les plus nécessaires pour parvenir au bonheur éternel, et qui sont en même temps les plus difiiciles à concevoir , doivent être le plus souvent répétés. Or, comme aucune instruction n'est plus nécessaire à retenir que l'instruction de la doctrine chrétienne, dont l'histoire sainte fait partie, une heure employée à cet enseignement pour toutes les sections ne serait pas , ce me semble, trop de temps, (i) Le commencement de la classe de l'après-dîner, est le moment le plus favorable pour cette instruction, parce qu'alors les enfants sont plus attentifs et plus portés à l'application. Mais, dans les écoles où les enfants ne sont pas ordinairement tous présents (§ 48), il faut choisir une heure plus convenable. — La lecture, qui est le meilleur moyen de s'instruire, ne doit être négligée aucun jour, tant pour y rendre les enfants plus habiles que pour leur apprendre à comprendre le Sens de ce qu'ils lisent. La lecture a lieu pour chaque section pendant le temps qui lui est consacré. — Ils ! doivent aussi s'exercer souvent, sinon tous les jours, du moins plusieurs fois la semaine, à copier des

(I) Voyez la circulaire de l'épiscopat beige relative à ce point. [Note du Tral,

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modèles d'écriture. Les plus avancés en auront ïe temps pendant que l'instituteur s'occupe des petits. II fait les remarques nécessaires lorsque l'occasion s'en présente. ^— Quant à l'orthographe , à la composition et au calcul, l'instituteur pourra y employer à peu près 4/2 heure par jour , s'occupanl de l'une ou de l'autre de ces branches. Il y consacrera un partie des heures destinées à troisième et à la qua trième section. — L'enseignement des principes d l'agriculture serait utile, surtout pour la quatrième section, du moins deux fois la semaine pendant le temps de la lecture. Il va sans dire que, dans toutes les leçons, vous devez exciter l'attention et la réflexion des enfants.

5° Comment l'instituteur pourra-t-il occuper utilement ses élèves pendant toute la durée de la classe? Il lui faut beaucoup de prudence et de réflexion pour l se diriger d'après leurs dispositions , le temps et 1 d'autres circonstances. Je ne puis ici qu'effleurer ce j point, a) Ne partagez pas vos élèves en plus de j sections qu'il n'est absolument nécessaire; car, plus ï vous aurez de sections, plus il vous sera difficile 1 d'occuper tous vos élèves en même temps, b) Lorsque vous vous occupez d'une branche à laquelle toutes, ou du moins plusieurs sections, peuvent prendre part, adressez-vous à toute l'école, c) Avant de commencer, assignez aux sections qui ne peuvent prendre part à la leçon qui va vous occuper, un travail qu'elles devront faire pendant la leçon. Déterminez aussi l'occupation à laquelle les élèves devront se livrer lorsque vous aurez fini l'instruction de leur section. Il serait préférable que cette occupation consistât en un travail facile , tel que tricoter, s'il s'agit de filles.

{}° Quel ordre l'instituteur pourrait-il adopter pour la distribution des leçons ? — Comme l'aptitude des élèves et les circonstances locales doivent être prises|sei en considération , il est impossible d'en [)résenler un

applicable à toute école; on ne peut qu'en donner une idée, un aperçu général, d'après lequel chaque instituteur pourra s'en former un, après avoir consulté M' son curé, (i) Voici cet aperçu.

L'instituteur, après avoir fait l'appel et noté les absents, récitera la prière qui sera terminée par léchant d'un canlique. Deux fois la semaine il pourra lire ■lis. élèves une considération dans un livre à la portée

es enfants, et, après l'avoir expliquée, il la lira encore trois ou quatre fois avant de passer à une autre. 11 donne ensuite pendant une heure pour toutes les sections la leçon de catéchisme et d'histoire sainte. S'il traite un point entièrement au-dessus de la portée des petits , il tâchera de les occuper à chercher les lettres, les syllabes , etc. Ce qu'on voit du catéchisme avec les petits, peut servir de répétition utile aux plus grands : ceux-ci, du reste, pourraient faire un travail manuel tout en suivant attentivement ce qui est dit aux petits. Le lundi, on examine brièvement sur le catéchisme fait le jour précédent à l'église, et, de temps en temps, les plus grands sont interrogés sur le sermon auquel ils ont assisté. Les autres jours , il faut, entre autres, repasser la matière sur laquelle monsieur le curé doit questionner à la prochaine visite. Le samedi, tout ce qu'on a vu pendant la

emaine se résume et se répète.

Après le catéchisme, l'instituteur s'occupera plus spécialement des quatre sections principales , selon l'ordre indiqué plus haut. Tandis que la 1" est occupée pendant environ un quart d'heure de la manière indiquée § § 176-179, les trois autres pourront

e préparer à leur leçon. Avant que l'instituteur ne . occupe, pendant environ une demi-heure, de la 2% il donnera quelque travail à la 5" et à la 4*'. Ce sera ou un exercice de calligraphie, ou la rédaction

(1) En Belgique , on doit se conformer pour le règlement à l'art lîj, titre II, l , de la loi sur l'instruction primaire. [Note da Trad.)

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d'une réponse à quelque question, etc.; la 4" le continuera pendant la leçon donnée à la 3", et celleci, pendant la leçon de la 4^. La leçon de la T/ dure à peu près une 1/2 heure, et celle de la 4*', 5/4 d'heure. Lorsque Tinstituteur s'occupe de la 2*^ section, la i" s'occupera, sous la surveillance d'un élève plus âgé, à chercher et à montrer sur une page ou dans un livre, les lettres apprises, ou à en suivre le contour avec un faux crayon , ou à les reproduire au tableau.

Il serait à désirer que vous pussiez renvoyer les élèves des deux sections inférieures , aussitôt qu'ils ont reçu l'instruction, et c'est à cette fin que je vous propose de vous en occuper tout d'abord. Il n'est pas, en effet, possible de préserver entièrement ces petits enfants de l'oisiveté et de l'ennui pendant l'instruction des deux sections supérieures, ce qui leur est extrêmement nuisible (i). Si vous ns pouvez les renvoyer chez eux, je ne saurais vous donner un meilleur conseil que de donner tour à tour la charge honorable d'être votre remplaçant près d'eux aux élèves plus âgés qui se distinguent par leur piété el leurs bonnes dispositions. Muis veillez toujours sur ces remplaçants, appelés communément moniteurs, de même que sur les petits, et questionnez de temps en temps ces derniers (2).

Lorsque la première section connaîtra toutes les lettres et ne fera plus que les répéter, vous pourrez

(1) Un moyen de les amuser, c'est de leur mettre en mains une ardoise, et de les faire dessiner, soit sans modèle , soit d'après un modèle.

{Noie du Trad.)

(2) Ce passage et celui qui termine Talinéa précédent , prouvent qu'Overbori: s'il ne parle point explicitement du mode d'enseignement mutuel, ne l'ignorait cependant pas, et que même il y avait recours, lorsque son application ne présentait pas d'inconvénient. — Du reste, il ne pouvait pas étce partisan de l'enseignement mutuel pur, parce que ce mode d'enseigner consistant à faire donner l'instruction par les élèves avancés, ne permet pas d'établir des rapports directs entre le maître et les élèves, et, par conséquent, n'est nullement favorable à l'éducation. Il n'en est pas de même du mode simultanémutuel conseillé par l'auteur; son emploi a pour but d'occuper plus sûrement et plus utilement les élèves; il peut donc avoir de très-bons résultats sans nuire aucunement à l'éducation. [Note da traducl.)

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placer auprès de chaque élève de la section d'épeliation un élève de la 1", et le faire suivre dans le même livre pendant qu'on épelle. Il en est de même à regard des élèves de la 2™', qui épellent couramment; vous pourrez les placer auprès de ceux des élèves de la 3™°. La classe du matin se termine par une courte prière.

La classe de l'après-dîner commencera également par la prière et le chant. On s'occupe des sections dans le même ordre que le matin. Lorsqu'on a le même nombre d'heures que le matin , on consacre riieure employée à la leçon du catéchisme, soit à l'instruction jugée la plus nécessaire , soit à la leçon à laquelle tous prennent part, ou à l'exercice orthographique et à la composition.

L'après-dîner du samedi et de la veille d'une fête, les élèves liront l'Évangile du jour suivant, et l'instituteur le leur expliquera (§§ 81 , 83, etc.) (i).Si les élèves doivent chanter le lendemain un cantique, l'instituteur le répétera avec eux. La classe se terminera, comme celle du matin, par une courte prière ou par un cantique.

Des Devoirs après la classe.

§ CCVL

a) Par rapport à rinstruction donnée, et par rapport aux enfants,

A la fin de la journée, réfléchissez : 1** si, en classe, vous vous êtes conduits en tout conformément à vos

(1) Overberg recommande aux instituteurs les Explications des Évangiles, par Parizeh ; nous tâcherons de procurer la traduction de cet ouyrage qui serait si utile à MM. les ecclésiastiques et à M\l. les instituteurs On a en français le» Explications des Ê^an^iles , Lille, Lefort; — Evangile do la Jeiinesso oa Leclarei dominicales; — Explication des Evangiles, par Guillois. Ces trois ouvrages sont convenables. — 11 ya pour les élèves , les Eyangiles des Dimanches , avec des réflexions pratiques ; Namur , Douxfils. (Note du Trad.J

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devoirs; si vous y avez manqué, à quoi il faut attribuer les fautes commises, et comment vous pouvez les éviter à Ta venir. — 2* Si vos élèves ont été appliqués et attentifs; si vous avez agi convenablement pour obtenir qu'ils le fussent, — 3° S'ils ont facilement compris l'instruction que vous leur avez donnée, et si vous avez employé la meilleure méthode pour la leur rendre claire. — • 4** Quels défauts vous avez remarqués en eux, et si vous vous êtes donné les peines suffisantes pour les corriger. — Inscrivez dans le livret indiqué au §39, ce qui se présentera d'utile à noter en faisant cet examen. Prenez, après la classe, tantôt un élève, tantôt un autre, pour causer avec lui familièrement. C'est le moyen d'inspirer de la confiance et de donner un peu de hardiesse aux caractères timides. Mais faites en sorte qu'on considère comme un honneur et un plaisir d'être ainsi appelé après la classe. Rencontrez-vous l'un ou l'autre de vos élèves actuels ou anciens, ne passez pas à côté d'eux, comme si vous ne les connaissiez pas, ou que vous dédaignassez de leur parler; mais saluez-les amicalement et cherchez à leur dire quelque chose d'utile : vous gagnerez par là leur estime et leur confiance, tandis que le contraire vous rendrait suspects d'orgueil. Adressez aussi quelquefois affectueusement la parole aux enfants qui ne fréquentent pas encore l'école; contez-leur à l'occasion quelque histoire intéressante; vous vous attirerez ainsi d'avance leur amitié, et vous leur inspirerez le désir de fréquenter l'école.

Informez-vous, quand l'occasion s'en présente, de la conduite de vos élèves hors de l'école. Plusieurs instituteurs regardent cela comme une inquisition déplacée : ils ont tort; car, pourquoi êles-vous instituteurs, sinon pour corriger vos élèves? Or, pouvezvous le faire, si vous ne savez pas en quoi tel ou tel

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enfant a encore particulièrement besoin de correction? Et comment le saurez-vous, si vous ne vous souciez point de leur conduite hors de l'école? Un bon instituteur s'informe donc soigneusement de la conduite de ses élèves; et, s'il trouve qu'ils ne mettent pas en pratique ses instructions, il se dit : Peut-être les enfants ne m'onl-ils pas bien compris, ou ne leur ai-je pas assez touché le cœur; ou peut-être ne se souviennent-ils pas de mes instructions en temps convenable, ou enfin ne fVéquentent-ils pas de mauvais compagnons? Il s'informe ensuite plus amplement, et lâche, autant que possible, de faire disparaître les causes qui empêchent la mise en pratique de ses instructions. Pendant l'office divin et le catéchisme à l'église, vous devez lâcher de tenir vos élèves dans un ordre parfait et une grande tranquillité.

§ CCVIL

2" Par rapport à ia salle d'école.

L'instituteur doit faire tout son possible pour que la salle d'école ne laisse rien à désirer. Elle doit : i" ne pas être située dans un lieu où il se fait beaucoup de bruit, parce que les élèves en sont troublés et deviennent inattentifs. Elle ne doit pas être trop exhaussée du sol , à cause des dangers que présent les escaliers. Elle ne doit pas, d'un autre côté, être si basse que, par un temps pluvieux, le plancher soit humide; car cela est malsain, et pour le maître, et pour les enfants,

2" Elle doit avant tout être vaste, élevée et assez bien éclairée. Car, tenir les enfants pressés les uns contre les autres, c'est fort nuisible aux progrès, à la santé, et souvent aux mœurs. Une salle d'école n'est pi)s assez vaste par cela seul que les enfants n'y sont pas serrés : l'instituteur doit pouvoir y circuler trèslibrement entre les bancs et sur les côtés; il doit

aussi y avoir assez de place devant le tableau pour y réunir un certain nombre d'enfants. Dans une école trop basse, l'air ne peut être maintenu assez frais ni assez pur. N'y fait-il pas assez clair? les enfants se gâtent la vue. Les fenêtres doivent être placées , ou les bancs être disposés, de manière que la lumière ne frappe pas directement les yeux des enfants, et qu'ainsi ils ne soient pas tournés du côté des fenêtres; autrement, ce serait très-nuisible à leur vue. Si toute.- 1 fois cette disposition ne peut être évitée, les fenêtres ne doivent point être assez basses pour que les enfants puissent, étant assis, voir ce qui se passe à l'extérieur.

3" L'école doit être munie de bons bancs , d'un poêle, d'un tableau noir et de son chevalet. Les plus grands élèves doivent avoir des bancs plus hauts; les petits, de plus bas; et ceux qui écrivent, des bancs commodes, avec un pupitre large d'un pied au moins, et un peu penché; je les préfère aux tables, parce que les enfants n'ont pas besoin de changer de place pour écrire. Placez-les de manière qu'ils ne se voyent pas en face l'un l'autre; qu'aucun ne tourne le dos à l'instituteur : par là vous obvierez à plusieurs inconvénients. Il sera bon que, sous les pupitres , il y ait une planche sur laquelle les enfants puissent placer leurs livres et autres objets classiques ; il faut un encrier pour deux élèves ; en ce cas , l'instituteur se chargerait de la fourniture de l'encre; il peut la faire lui-même, et la faire payer au marc le franc, par tous les élèves qui écrivent, (i) De cette manière, l'encre coûtera beaucoup moins cher

(I) Nous croyons faire plaisir à MM. les Instituteurs en leur communiquant une recette pour faire très-aisément de la bonne encre.

Dans quatre seaux d'eau de pluie, faites bouillir légèiement pendant tiois ou quatre heures :

1 livre 1/4 de Noix de Galle ;

10 onces do Gomme arabique ;

18 onces de Couperose ;

du Bois de Brésil peur IG à 20 centimes. {ISote du Trad )

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aux enfants. Les bancs doivent être fernoes et pas trop rapprochés l'un de l'antre.

4° L'école doit être tenue propre et bien aérée. La malpropreté dans une école est infiniment nuisible à la santé des enfants et à leur avancement dans les études. Pour conserver l'air pur dans une école, il faut, avant la classe du matin et avant celle de l'aprèsdîner, ouvrir deux fenêtres, ou la porte et une fenêtre pour établir un courant d'air. Cela peut exiger en hiver un peu plus de chaulfage; mais ne vaut-il pas cent fois mieux en user un peu plus que de nuire à l'instruction et à la santé des enfants? Lorsqu'il ne fait pas trop froid, laissez toujours une fenêtre ouverte pendant la classe (i). Le plancher et les bancs doivent être nettoyés, si pas tous les jours, du moins plusieurs fois dans le courant de la semaine. Une école doit aussi être blanchie souvent ; on doit pouvoir remarquer en y entrant, que la propreté y est enseignée en théorie et en pratique.

5° Il faut aussi faire en sorte qu'il y ait toujours une chaleur modérée. Une trop grande chaleur, de même qu'un trop grand froid ou la fumée du poêle, nuit à l'attention et à l'application. Pour avoir une chaleur modérée, il faut que les murs de l'école aient assez d'épaisseur et qu'elle soit chautfée convenablement. 11 faut empêcher, par des arbres qui donnent de l'ombre ou par des stores, que le soleil n'y pénètre directement. Ne permettez pas que les élèves se placent près du poêle chauffé, lorsqu'ils viennent du froid; car la transition subite du froid au chaud, ou du chaud au froid, est très-nuisible à la santé.

§ CGVIIL

Nous convenons de tout cela, diront certains instituteurs, mais comment parvenir à organiser les choses

(1] Il est bien plus simple, plus avantageux et moins dangereux, pour les enfants , d'établir un ventilateur. {JNvte du TraU]

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sur ce pied? — Plusieurs points ne dépendent que de vous, par exemple, tenir l'école propre, la cliauffer convenablement. Quant aux fenêtres, vous pourrez les ouvrir vous-mêmes en temps opportun. N'est-il pas d'usage où vous êtes, que l'instituteur fasse laver et chauffer l'école? vous pourrez le faire faire par les enfants les plus âgés et les plus raisonnables. Le meilleur serait pourtant de payer une personne pour cet ouvrage. Quant aux points qui ne dépendent pas uniquement de vous, mais des autorités, vous devez lâcher de les engager à faire ce qui convient. Je sais par expérience combien de communes ne sont pas portées à améliorer les écoles, mais il faut avouer que souvent les instituteurs en sont la cause. Plusieurs remplissent si mal leurs devoirs , qu'il semble que les écoles n'existent que pour faire vivre un homme oisif et avare, décoré du titre d'instituteur. La commune n'en retire pas le moindre profit. Les élèves ne deviennent ni plus raisonnables ni plus disciplinés ; la fréquentation de l'école les rend au contraire plus lourds, plus paresseux, plus pétulants. Est-il étonnant que, dans ces communes, les autorités se montrent si peu portées à faire des dépenses pour l'école? Plusieurs instiluteurs ont encore le défaut de vouloir faire toutes les améliorations d'emblée et en une seule fois : augmentation de traitement, habitation plus commode, salle d'école plus vaste , etc. ; il n'est pas certes étonnant que de telles exigences rencontrent de sourdes oreilles : elles sont excessives ; car les communes ont à soigner d'autres choses que les écoles; elles ne peuvent faire toutes ces dépenses en même temps. — D'autres instituteurs , sans demander tant à la fois, font leur demande d'une manière inconvenante : Je veux, vous devez, etc. La commune ne se montre-l-elle pas disposée à accorder? on s'adresse à l'autorité supérieure, et si

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l'on en obtient une décision favorable, on triomphe et on tourne en dérision l'autorité communale. Mais que produit cette conduite? rien, sinon que les habitants s'exaspèrent contre l'instituteur maladroit et indiscret, et se disent : Coûte que coûte, nous ne ferons pas le bon plaisir de M. l'instituteur.

Si vous ne voulez pas détourner la commune de travailler avec zèle à l'organisation de l'école, remplissez vos devoirs en honnêle homme, de manière qu'on ne puisse porter aucune plainte fondée contre vous. N'exigez pas trop à la fois : montrez-vous modérés et désintéressés. Dites, par exemple ; L'école a besoin de réparation , il en de même de mon habitation ; je tâcherai de me contenter de celle-ci telle qu'elle est, s'il le faut, mais du moins remettez d'abord l'école en bon état; vous penserez ensuite à mon habitation. — Rédigez toujours votre requête d'une manière honnête et démontrez combien ce que vous demandez est nécessaire ou utile aux enfants. Consultez à cet effet M. le curé et d'autres personnes qui peuvent vous donner un bon conseil, et demandez à Dieu la réussite de vos démarches. Ne vous plaignez que lorsque la nécessité l'exige, et faites-le en exprimant avec quel déplaisir vous êtes obligés de le faire.

La mise en pratique de ces conseils pourra vous être d'un grand secours pour réussir; toutefois je sais que bon nombre d'instituteurs lidèles à les suivre, n'ont cependant pu parvenir à leur but. Ceux d'entre eux qui étaient le mieux intentionnés ne perdirent pas courage; ils se disaient ; L'ignorance, un vain orgueil, le manque d'une véritable crainte de Dieu : telles sont souvent les causes de celte opposition ; il ne dépend donc, après Dieu, que de moi, de voir s'effectuer quelque changement, du moins dans la suite. Si je cherche à bien instruire mes élèves et à leur inspirer la véritable humilité, ils constitueront avec le temps

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îiîie commune capable d'apprécier le bien qui résulterail de rainélioralion de Fécole. Leur respect envers Dieu et leur amour pour les enfants, les engageront à couunencep les améliorations nécessaires. Si môme la mort m'enlève avant le jour où cette résolution sera prise, je pourrai du moins emporter dans la tombe la consolation que j'ai rempli mon devoir et que la commune que je quitte sera mise sur un meilleur pied, si mon successeur marche sur mes traces.

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