‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 135 sur 156 · CCIX · texte numérisé non relu

CCIX

3° Par rapport à M. ie oarc»

Vous devez vous montrer soumis, dociles, obéissants envers M. votre curé et son vicaire. Vous y êtes tenus à double titre : en qualités d'instituteur et de paroissiens (§ 73). Comme instituteurs, vous êtes les aides de M. le curé à l'égard du troupeau qui lui a été confié : c'est à vous qu'il donne à paître ses tendres agneaux. Il devra rendre compte de tout le troupeau devant le tribunal de Dieu; il a donc aussi le droit de vous donner, en votre qualité de ses aides et de ses coopérateurs, des conseils sur la manière de paître ses agneaux ; et vous êtes tenus en conscience de les observer. Dans toute circonstance importante vous le consulterez toujours comme votre pasteur. Quant à l'enseignement du catéchisme, non-seulement vous devez convenir ensemble de ce qui a rapport à l'ordre et aux explications, mais encore, autant que possible, n'être que sa bouche, son organe. Plus l'instituteur et le curé s'accordent relativement au catéchisme, plus aussi ils se facilitent l'enseignement et font faire des progrès aux enfants : tout gagne à cet accord. Il exige, de la part de l'instituteur, qu'il soit présent au catéchisme que M. le curé fait à la jeunesse et qu'il y remarque bien tout; qu'il se serve du même manuel.

soit manuscrit, soit imprimé, et qu'il convienne avec lui des matières qu'il doit traiter. — Quant au devoir de le respecter et de lui obéir, vous devez l'accomplir avec d'autairt plus de ponctualité que, comme instituteurs , vous êtes obligés de montrer ce respect et celle obéissance non-seulement par des paroles, mais aussi par votre propre exemple.

Voulez-vous remplir comme il faut vos devoirs à cet égard? gardez-vous bien de ce coupable orgueil qu'ont certains instituteurs, surtout ceux qui sont nommés définitivement et qui se rendent insupportables au curé, comme j'en ai souvent vu. Dernièrement encore on m'écrivait : « La nomination officielle a tellement » tourné la tête à l'iusiituteur de.... qu'il s'élève au- » dessus de tout. Rien ne lui semble plus insuppor- » table que de voir un curé surveiller un instituteur » choisi par les autorités. Partout il tâche d'élever » la dignité d'instituteur aux dépens de celle du curé. » Toute la commune connaît et déleste son vain » orgueil , etc. » Ce qui est dit de cet instituteur pourrait s'appliquer à bien d'autres. Je fus d'abord étonné que la nomination ou agréation officielle pût produire ce déplorable eftet; mais cet étonnement cessa bientôt lorsque j'appris qui étaient ceux dont on se plaignait; c'était justement ceux qui avaient été des sujets médiocres dans leurs classes, ayant peut-être appris quelque chose, mais s'étant arrêtés à la superficie. Mon étonnement cessa donc, car je savais qu'ils étaient trop peu instruits pour comprendre leur ignorance. Ils s'imaginent posséder à fond ce dont ils n'ont aperçu que l'écorce , et croient , dans leur stupidité, que ces prétendues connaissances, que quelquefois même ils ne possèdent que dans leurs cahiers, est tout ce qu'on peut savoir. Le certificat d'une école normale les confirme dans cette folle idée. Ils ne se demandent plus : Comprends -tu ce que tu dois

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enseigner? à leurs yeux, le certificat est une attestation authentique qui ne doit laisser aucun doute possible sur leur profond savoir, tandis qu'il indique seulement qu'ils ont acquis les connaissances les plus nécessaires et qu'ils méritent un traitement, afin que, libres de soucis pour les besoins de la vie, ils puissent mieux s'appliquer à leur perfectionnement ultérieur et à l'instruction de la jeunesse. De retour chez eux avec leur diplôme ou leur certiticat, ils croient qu'il doit convaincre tout le monde qu'ils connaissent tout, et de là vient qu'ils commencent à lever la tête. Le curé, dans la paroisse duquel ils sont instituteurs, ne s'est-il pas adonné à l'étude de la pédagogie, de la méthodique, ils remarquent en lui cette ignorance et la considèrent comme une preuve d'infériorité; et, dans la pensée qu'eux, au contraire, possèdent à fond ces connaissances, ils en viennent aisément à s'imaginer savoir tout mieux que lui, et bientôt, dans leur fol orgueil, ils se jugent bien supérieurs à leur pasteur. Leur tête tourne toujours de plus en plus, ils se mettent au-dessus de tout le monde, confirmant et attestant par cette conduite ce qui ne se lit pas dans leur certificat, savoir : qu'ils n'appartiennent qu'à la classe des instituteurs médiocres; qu'ils ne sont pas seulement capables de se diriger eux-mêmes et, à plus forte raison, qu'ils ne conviennent guère pour lormer la jeunesse.

§ ccx.

4° Par rapport aux parents.

Cherchez autant qu'il est en vous, à vivre en paix et en union avec tout le monde, mais surtout avec les parents de vos élèves, et à vous acquérir leur estime et leur confiance. Le proverbe dit : La concorde nourrit; la discorde consume. On peut aussi dire avec vérité : La concorde entre les parents et les

instituteurs corrige et instruit; la discorde, an contraire, rend les enfants plus méchants. Il est facile de comprendre comment cela a lieu. L'instituteur ne s'entend-il pas avec les parents; c'est déjà un mauvais exemple pour les enfants, et qui doit produire sur leur cœur un effet d'autant plus funeste, qu'ils ont des rapports plus intimes avec ceux qui leur donnent de si mauvais exemples. Dans ce désaccord les enfants seront pour l'un ou pour l'autre; et quel que soit le parti qu'ils prennent, le dommage qui en résulte est très-grand. Ordinairement, ils partageront les sentiments des parents, et alors rinslituteur est à leurs yeux un homme haïssable, qu'ils n'estiment et n'aiment plus; et qui , en conséquence, ne peut plus exercer sur eux aucune influence comme instituteur (§ 71). Mais, si l'instituteur vil en bonne harmonie et en unian avec les parents, ils lui prouveront à l'occasion leur estime et leur confiance. Ce mutuel accord éveillera dans le cœur des élèves l'amour , l'estime et la confiance envers leur instituteur, et mettra celui-ci en état d'être vraiment utile aux enfants, et de leur inspirer les mêmes sentiments envers leurs parents : les enfanttj en profitent donc de deux manières.

Or, voulez-vous vivre en paix et en union avec les parents, et vous attirer leur estime : a) ne vous mêlez jamais des affaires d'autrui ; — b) éloignez de vous tout soupçon d'un vil intérêt. Ne faites pas valoir votre droit au point de revendiquer jusqu'à un cheveu, comme dit le proverbe, si vous pouvez vous en abstenir; et, si vous y êtes obligés, faites-le le plus modérément possible. — c) Prenez fort à cœur le bien être de vos élèves, et à l'occasion donnez-en des preuves aux parents. Dans cette vue parlez-leur de temps en temps de la conduite de leurs enfants à l'école; fiiites-leur part du contentement que leurs.

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progrès vous donnent et de leur bonne conduite, comme 'aussi de voire Vegret de n'avoir pu pousser tel ou tel enfant aussi loin que vous l'eussiez désiré, sous le rapport de l'étude, ou sous celui de Tamendément de la conduite; de l'espérance que vous avez de les faire avancer, etc. Demandez-leur comment ils se conduisent chez eux, et s'ils mettent en pratique les leçons qu'ils reçoivent à l'école. Faites en conséquence à ceux auxquels vous les croirez utiles , quelques observations d'une manière affable sur la part qui leur incombe dans l'instruction et l'éducation de leurs enfants, pour qu'ils fassent des progrès à l'école et qu'ils deviennent toujours meilleurs. Priezles spécialement d'envoyer chaque jour , autant que possible, leurs enfants à l'école, de les exhorter à y être appliqués et obéissants, et de s'informer souvent de ce qu'ils y ont appris de bon. Il est très-important que les parents agissent ainsi. Les avez-vous convaincus que vous avez à cœur le bien de leurs enfants, ils vous honoreront de leur estime et de leur confiance et recevront volontiers de votre part des observations fondées. Voici quelques bons avis que l'instituteur doit donner, selon l'occasion, aux parents qui en ont besoin et qu'il sait disposés à les recevoir.

Je vais m'énoncer comme si je parlais réellement aux parents.

i* a IN'envoyez pas vos enfants trop jeunes à l'école, afin d'en être débarrassés à la maison; car c'est trèsnuisible aux petits enfants et même aux plus grands; ceux-ci, en effet, en sont distraits, et les petits, qu'on ne saurait encore assez lenir à l'élude, y trouvent le temps long, perdent par là le goût de l'école et s'isabituent à l'oisiveté et à l'inattention en classe, ce qui leur est très-nuisible (i).

(i) Inutile sans doute de prévenir que cet avis ne concerne pas les parents qui peuvent envoyer leurs enfants dans une école gardienne où se

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2" « Vos enfants ont-ils atteint Fage de pouvoir fréquenter l'école avec fruit, faites la leur fréquenter; car, plus vous les tenez à la maison et les laissez privés d'une instruction réglée, plus ils deviennent d'ordinaire dissipés et perdent le goût et la facilité pour l'étude. Ne faut-il pas que vous leur accordiez un temps pour apprendre ce qui est nécessaire à leur salut éternel? Or, n'est-il pas plus avantageux pour vous d'envoyer vos enfants à l'école, pendant qu'ils sont jeunes et qu'ils ne peuvent par conséquent guère travailler, que de les y envoyer plus tard, lorsqu'ils sont plus grands et plus en état de vous assister dans votre travail ?

o" « Dès qu'ils atteignent l'âge de fréquenter l'école, tâchez de les y préparer. La principale chose que vous puissiez faire relativement à ce point, c'est de les habituer à l'obéissance. (Que l'instituteur consulte ce que nous avons dit plus haut de l'obéissance; il pourra y trouver quelques observations utiles qui concernent les parents). Vous les exciterez à l'amour de l'école et de l'étude, en leur montrant combien de choses utiles les enfants y apprennent; parlez leur aussi des regrets de tant de personnes qui se reprochent de n'avoir pas, dans leur jeunesse, fréquenté davantage l'école, ou d'y avoir si peu appris. Promettez-leur parfois comme une récompense, de les y envoyer s'ils veulent être sages, bien obéissants et exécuter fidèlement ce que vous leur commanderez.

» Plusieurs parents agissent en cela très-imprudemment en menaçant leurs enfants de les y envoyer en quelque sorte comme par punition. Cette crainte que vous leur inspirez , leur ôte tout goût pour l'école et pour l'étude, la leur fait redouter, les rend timides, empêche l'amour et la confiance envers l'instituteur, et

font ces admirables exercices si bien appropriés à l'enfance. Plût à Dieu que tout© commune considérable, même à la campagne, possédât une de cps écoles, un de ces asiles fondés par la piété pour les bien-aimés du Seigneur. (iVotc du Trad.)

est ainsi la seule cause qu'ils ne retirent aucun profit de la fréquentation de l'école. Par conséquent gardezvous bien de les rendre ainsi craintifs et ne permettez pas que d'autres le fassent. La fréquentation de l'école doit être présentée aux enfants comme quelque chose de désirable, comme une récompense; mais jamais comme un joug ou une punition.

4" « Autant qu'il est possible , prenez soin que vos enfants se trouvent à l'école à l'heure fixée ; qu'ils n'y aillent ni trop tôt ni trop tard. Ne leur permettez pas de s'absenter de l'école un seul jour sans nécessité. •

« Les laisser sortir trop tôt pour aller à l'école, c'est les exposer à se trouver sans surveillance. Arriver trop tard ou s'absenter, c'est très-nuisible pour l'étude; leurs condisciples les devancent ; ils perdent de plus en plus le goût de l'étude et retirent peu de fruit de la fréquentation de l'école, comme cent exemples le prouvent. Vous devez aussi avoir soin que vos enfants soient propres pour aller en classe.

5** « Lorsque vos enfants partent pour l'école, exhortez-les souvent à l'obéissance, à l'ordre, à la tranquillité et à l'application. Après la cl?sse demandez-leur en temps convenable ce qu'ils ont appris. S'ils peuvent vous en rendre compte , manifestez votre contentement de ce qu'ils ont été bien attentifs et de ce qu'ils ont retenu ce qui a été l'objet de la leçon. Si , par hasard , vous ne comprenez pas ce que vos enfants ont appris à l'école, vous pouvez néanmoins vous en informer et vous le faire raconter; car vous n'encouragez pas moins les enfants à être attentifs et appliqués. Lorsque les enfants savent lire, faites-vous lire souvent quelques pages d'un bon livre, surtout pendant les longues soirées d'hiver, et obligez les plus grands à vous raconter ce qu'ils ont appris dans l'histoire sainte. Vous encouragerez fort les plus

jeunes à s'appliquer à la lecture et les plus grands, à apprendre cette histoire si intéressante, en leur répétant souvent : Apprenez diligemment l'histoire sainte, et vous pourrez nous en raconter quelques traits: j'aime tant à vous entendre, et ce sera aussi un plaisir pour vous. Apprenez bien à lire, et le soir vous pourrez me faire une lecture. — Faites-vous montrer souvent leurs cahiers d'écriture, et voyez si ce qu'ils ont écrit en dernier lieu est mieux que ce qu'ils avaient fait J5 jours auparavant, ou le mois précédent. 11 est très-avantageux que les parents en agissent ainsi; car plus les parents témoignent de joie et de satisfaction lorsque leurs enfants ont appris quelque chose, plus ils les excitent à être attentifs et appliqués à l'école et à leurs études. La cause pour laquelle quelques enfants apprennent si bien et d'autres si mal, dépend souvent de la manière d'agir des parents, et du plus ou moins d'importance qu'ils attachent aux progrès de leurs enfants.

» Du reste, comme, en questionnant vos enfants et en les faisant lire, rendre compte de leurs leçons et montrer leurs cahiers d'écriture, vous ne pouvez pas toujouis savoir s'ils se conduisent à l'école d'une manière satisfaisante, il serait bon de vous informer près de l'instituteur de leur conduite ou d'en demander un témoignage par écrit, tout instituteur, digne de ce nom» vous le donnera bien volontiers de temps ea temps (t).

6° » Ne méprisez rien de ce qui se fait à l'école, moins encore l'instituteur à qui vous avez confié vos enfants. Si vous saviez, en effet, combien vous nuisez par là à vos enfants , certainement vous vous garderiez bien de le faire. Ce mépris est un moyen infaillible d'inspirer aux enfants du dégoût pour l'étude, de les rendre ennemis de l'application, désobéissants et opi-

(!) Le bulletin hebdomadaire ou mensuel, adopté dans plusi<»nrs éroles, tient les parents au courant de tout ce qui concerne leurs enfants.

CKote du Trad.J

lîiâtres à l'égard de leurs maîtres. Des parents qui agissent ainsi ne doivent point s'étonner si leurs enfanls n'apprennent rien à l'école; et, s'ils deviennent au contraire plus pétulants, qu'ils se l'imputent à eux-mêmes. Ne rendent-ils pas, en effet, impossible tout progrès pour leurs enfants, en leur inspirant ainsi, par leurs paroles, du mépris et de la haine pour leurs instituteurs, aussi bien que pour l'étude. Qu'ils ne se fassent pas illusion, ils devront un jour en rendre un compte rigoureux au tribunal du souverain juge,

7** » Lorsque des parents (vous pouvez parler ainsi en général, lorsque vous aurez à dire des choses que vous n'aimeriez pas de dire en face à ceux auxquels vous parlez, comme si cela les regardait spécialement) , lorsque des parents ne veulent pas donner leur assentiment aux principes et à la méthode de l'école, qu'ils écoutent un instant la raison qui leur dit : Je n'ai jamais étudié à fond cette matière, c'està-dire, l'art d'instruire les enfants; par conséquent ce qui ne me plaît pas peut être très-bon, sans que je m'en doute. Il m'est souvent arrivé qu'une chose me déplaisait d'abord, et que je reconnaissais ensuite qu'elle était excellente. Il est vrai, on n'instruisait pas de cette manière lorsque je fréquentais l'école; mais il en est sans doute de l'art d'instruire comme de tout autre, on peut y apporter des perfectionnements. Le proverbe : Le nouveau ne vaut pour l'ordinaire pas grand'chose, n'est pas toujours vrai; l'expérience le prouve. Je veux donc m'en rapporter aux supérieurs que Dieu a établis pour me remplacer relativement à l'instruction et à l'éducation de mes enfants. Je prierai Dieu qu'il les éclaire. Si j'ai quelque doute sur la bonté de la méthode suivie par l'iUvStituteur, j'en parlerai à ceux que la chose concerne; mais je me garderai bien de blâmer quoi que ce soit relativement à l'école en présence do mes enfants.

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8" » Lorsqu'il y a dans la personne de rinstitiitenr quelque chose qui déplaît aux parents , qu'ils se gardent bien de le prendre tout de suite pour un ^U'faut. Notre amour-propre et nos préjugés peuvent isénient nous faire regarder comme mauvais ce qui on-seulement ne l'est pas, mais qui, au contraire, ;t louable et estimable. Mais ïrouvent-ils, en effet, n lui quelque défaut qu'ils ne peuvent ou qu'ils osent tolérer, parce que c'est nuisible pour leurs nfanls, qu'ils réfléchissent comment ils pourront le lus convenablement y remédier, sans nuire à l'autorité de l'instituteur. S'il suffit de lui parler amicalement de son défaut, qu'ils usent de cet expédient ; mais, si la remontrance amicale ne produit rien, qu'ils s'adressent à leur curé, et, s'il est nécessaire, aux autorités supérieures. Mais surtout qu'ils ne perdent pas de vue combien les parents nuisent à leurs enfants et quel péché iiS commettent devant Dieu, s'ils font, sans nécessité, perdent à l'instituteur l'autorité qui lui est nécessaire pour bien remplir son devoir. Qu'ils prennent donc bien garde que leurs^ enfants ne sachent pas qu'ils ont été obligés de porter plainte contre l'instituteur devant les supérieurs.

9" » Obligez vos enfants à travailler à leurs devoirs de classe ou à lire à la maison, sans toutefois trop exiger et après leur avoir permis une recréation modérée. L'oisiveté, en effet, aussi bien pour les enfants que pour les adultes, est la source de tous les vices et de leurs funestes suites. Les enfants qu'on fait étudier à la maison se laissent bien mieux gouverner à l'école, et apprennent infiniment plus que ceux qui vagabondent toute la journée selon leur bon plaisir, se distrayant par mille choses inutiles et s'en remplissant la tôle. Lors donc que l'instituteur leur donne quelque chose à apprendre ou à faire chez eux, ne les empêchez pas d'y travailler; soignez au contraire de votre mieux

qu'ils se mettent à l'ouvrage avec empressement et en temps convenable.

lO** Faites une scrupuleuse attention à ce que vos enfants, soit à la maison, soit ailleurs, ne voient et n'entendent rien de mauvais qui pourrait Tes dégoûter du bien et les porter au mal. C'est pourquoi veillez sur vos actions et vos omissions ; veillez sur vos discours, afin du moins de ne point donner de scandale à vos enfants; car le scandale donné par les parents est le plus dangereux pour les enfants. N'oubliez pas ces proverbes qui expriment si bien la vérité : Les mauvais discours corrompent les bonnes mœurs (Ecriture sainte). — Les jeunes sifflent comme chantent les vieux, — Les pierres mêmes entendent. Songez que vos enfants peuvent secrètement se placer derrière la porte et écouter ce qui se dit, ou examiner ce qui se fait.

« Ne racontez jamais d'un air de satisfaction vos fredaines de jeunesse ou les fautes d'autres jeunes gens; car de tels récits excitent puissamment les enfants à l'imitation. Faites bien attention à la manière d'être des enfants et des grandes personnes qu'ils fréquentent. Si vous ne connaissez pas les mœurs et le caractère de tous ceux qu'ils fréquentent , ou si vous les connaissez pour être des gens dangereux, dé grâce empêchez-les de les voir, vous souvenant du proverbe : Une brebis galeuse infecte souvent tout un troupeau. Grand Dieu! combien d'exemples ne nous en fournissent pas les enfants!

« 41" Ne les conduisez pas avec vous à des noces, à des festins ou à d'autres réunions nombreuses ; car il y a mille tentations, mille dangers pour la jeunesse. Ne les laissez pas, autant qu'il est possible, aller seuls avec des domestiques ou des servantes, tant que vous n'en connaissez pas à fond les mœurs et la façon de penser , et que vous ne pouvez être sûrs que vos enfants sont, avec eux, à l'abri de tout danger. En

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général, cherchez à empêcher qu'il n'y ait une trop grande familiarité entre les enfants et les domestiques, car elle pourrait être très-dangereuse. Aimez-vous vos enfants, désirez-vous leur bonheur, ne voulez-vous pas vous exposer au danger d'avoir un jour de vifs reproches à vous faire et de vous tordre les mains de désespoir? ne laissez pas coucher vos garçons avec leurs sœurs ni prés des servantes, ni vos lilles avec leurs frères ou vos domestiques. Ne dites pas que cela ne signifie rien, étant encore si petits. Certainement, lorsque les deux enfants qui dorment ensemble sont encore très-jeunes, par exemple, âgés de deux ou trois ans, il n'y a rien à craindre; mais si l'un de ces enfants est un peu plus âgé, il pourrait y avoir déjà tellement du danger, que vous seriez effrayé si vous le conceviez ainsi que les suites qui peuvei.t en résulter. Aussi , quand même vos enfants devraient se coucher sur du foin ou sur de la paille, il vaudrait mille fois mieux les y laisser que de les faire dormir dans le même lit avec le danger de se perdre pour le temps et pour l'éternité. Il n'est pas non plus à conseiller que vous preniez près de vous pendant la nuit un de vos enfants de sexe différent : la pureté des enfants est une chose très-précieuse, mais aussi très-tendre, qui peut très-facilement se souiller et se flétrir.

12" » Veillez à ce que vos enfants pratiquent aussi à la maison et partout où vous pouvez les observer, les bons préceptes qu'ils ont reçus à l'école.

» Exhortez-les souvent à observez les saints commandements de Dieu, comme on le leur répète si souvent à l'école. 11 sera aussi très-avantageux de faire connaître à l'instituteur comment vos enfants se conduisent à la maison; quel caractère ils annoncent; à quoi vous les connaissez le plus enclins; si vous leur voyez pratiquer ce qu'ils ont appris à l'école; s'ils se corrigent ou non : délibérez ensuite ensemble

sur ce qui est expédient de l'aire pour leur aaiciide nient. »

Ces conseils, et d'auîres du même genre que l'instituteur jugera convenable de donner aux parents pour l'éducation de leurs enfants, doivent leur être adressés selon l'occasion et les circonstances.

L'instituteur doit, avant tout, prendre garde de ne; pas agir avec fierté et avec le ton d'un homme quii veut les instruire; car, en ce cas, ses conseils seraient) rarement suivis.

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