‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 136 sur 156 · CCXI · texte numérisé non relu

CCXI

5" Par rapport aux occuçatioas accessoires et au reste de la conduite.

Lorsque l'école rapporte suffisamment à l'instituteur pour son entretien, il doit s'adonner exclusivement à son état et ne s'occuper de choses accessoires qu'en guise de récréation. La charge si importante d'instituteur demande tout son temps et toutes ses forces. S'il s'occupe de choses accessoires sans nécessité et au détriment de l'école, il manque à son devoir. Mais, s'il n'a pas assez pour vivre, il devra certainement chercher à gagner ce qui lui manque, d'une manière honnête, à l'exemple de S. Paul. (Actes des Ap. XX. 34). Mendier par paresse et .vivre toujours de la poche des autres, c'est très-inconvenant pour tous, mais surtout pour un instituteur, qui doit en tout donner bon exemple à la jeunesse : d'ailleurs il perd par là l'autorité qui lui est nécessaire.

Mais il doit éviter de se livrer à des occupations, qui pourraient : 1" lui faire perdre la considération dont il doit être entouré; par exemple, faire de la musique pour de l'argent à des réunions publiques ; inviter oi; servir à table à des noces, etc.; 2" l'empêcher d'acquérir la confiance et l'estime de toute la commune. Il n'est donc pas convenable qu'il rédige

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des actes, des requêtes, etc.; qu'il soil intendant, receveur, etc.; il doit éviter toute espèce de procès; 5° celles qui ne lui laisseraient pas assez de temps pour bien remplir les devoirs de son état; par exemple, l'état de cabaretier, de restaurateur, de cultivateur ou fermier ayant beaucoup de terres à soigner.

Les occupations suivantes sont utiles et convenables pour un instituteur ; a) le soin des abeilles; b) la culture des arbres, pouvant trouver partout des amateurs pour acheter ces jeunes arbres fruitiers;

c) un métier facile et propre, tel que confectionner des cierges, relier des livres, faire des filets, etc.;

d) la culture d'une pièce de terre, d'un jardin et l'engraissement des bestiaux; mais tout cela seulement en petit : ce sera d'ailleurs pour lui un moyen de faire l'essai des principes et des conseils pour l'amélioration de l'agriculture.

L'instituteur a-t-il assez pour vivre du produit de son état; je ne dis pas que ce soit un motif d'être toujours préoccupé de l'école et d'avoir toujours la tête remplie de ce qui la concerne, cela le rendrait de bonne heure inepie à son état; souvent il a besoin de se délasser et de se donner du mouvement. Il cherchera à atteindre ce but par un des exercices susmentionnés, par une promenade, ou de toute autre manière convenable. Rester toujours dans l'oisiveté les jours de congé ; passer son temps à jouer aux caries ou à d'autres jeux inutiles ; fréquenter les cabarets; être tous les soirs ou fréquemment dans les estaminets : tout cela répugne à la dignité d'instituteur. A-t-il lui-même des enfants, il tachera de les élever de manière à ce qu'ils puissent servir de modèle à tous ses élèves.

^^ § CCXÏÏ.

fiiiclques mots sur le règlement de la journée d'un inslituf

L'instituteur réfléchira, le matin, sur l'imporlanci de son état, pour s'encourager par là à en accomplii fidèlements les devoirs. Ses premières pensées pour raient être, par exemple, les suivantes :

« Gloire et actions de grâces vous soient rendues » jamais, Dieu et Père éternel 1 de ce que vouî » m'avez conservé la vie jusqu'à ce jour. Je me pro^ » pose de le consacrer entièrement à votre bonneui » et au salut des enfants que vous m'avez confiés. » Non, mon bon Père! vous n'avez pas donné à » tous une si belle occasion de procurer votre gloire » et le salut de vos enfants. C'est un talent que n vous m'avez confié de préférence à mille autres. » Si j'en fais un bon usage, vous me direz un jour : » Serviteur bon et vigilant, puisque vous avez été fidèle M à faire valoir le peu que je vous avais confié , je vous » dominerai de grands biens à administrer; entrez dans » la joie de votre Seigneur! Mais si, au contraire, » j'en fais un mauvais usage, je serai un jour réduit )j à entendre ces terribles paroles : Betire-toi, servii* leur méchant et paresseux! Prenez-lui ce talent ei » jetez ce mauvais serviteur dans les ténèbres extérieures , » où il n'y aura que hurlements et grincements de dents, » (S. Matth. XXV). » « Je veux être fidèle, Seigneur, » venez au secours de ma faiblesse. »

Sa prière du matin sera la première préparation à ses occupations. Quoique la ferveur, et non la longueur, constitue la bonne prière, il est pourtant à conseiller d'y consacrer un certain temps fixé d'avance.

Pendant cette prière , il repassera dans son esprit les occupations de la journée, et se proposera de s'acquitter de toutes pour la plus grande gloire de

Dieu (i). De temps en temps, par exemple, tous les I)imanches, il fera (d'après les §§ 12-14.) une médifâition sur l'importance de son état. Jamais, sans une raison suffisante, il n'omettra d'assister à la sainte messe, pour s'offrir lui-même et offrir ses élèves au Père céleste, en union avec son Fils unique.

Pour la préparation aux leçons du matin et de l'après-dîner, vous devez avoir un temps déterminé, et être ponctwel à cesser l'occupation présente aussitôt que sonne l'heure pour la préparation. Cherchez à commencer et à terminer chaque exercice précisément au temps fixé- L'examen sur la manière dont on s'est acquitté de sa tâche, pourra plus convenablement se faire après la classe. Quand il dépend de vous, ne dînez pas tout de suite après la classe du matin, ni immédiatement avant celle de l'aprèsdîner ; ce serait nuisible à la santé et les leçons en souffriraient.

Lorsque, le soir, vous examinez votre conscience, comme doit le faire tout bon chrétien, vous devez en particulier vous examiner sur la manière dont vous avez rempli vos devoirs d'instituteur. Cet examen est de la plus haute importance. Si vous le faites comme il faut, il vous préservera des suites terribles auxquelles vous vous exposeriez en négligeant vos devoirs (§ J3); car, comment serait-il possible que des instituteurs qui, tous les soirs, s'examinent en la présence de Dieu, et avec la ferme conviction qu'il peut à chaque instant les citer devant son tribunal; comment, dis-je, serait-il possible qu'ils pussent continuer à les négliger?

Dans cet examen, vous pourrez parcourir vos devoirs dans l'ordre suivant, sous forme de questions :

Ai-je aujourd'hui rempli convenablement les devoirs d'un instituteur.

(S) Voyez la prière qui se trouve en bas de la p. T2. {liote da Trad,)

a) Avant la classe. — IN'ai-je négligé aucune occasion d'augmenter les connaissances théoriques et pratiques nécessaires à mon état? (§§ 17-54, 56.) Ai-je bien dirigé mon intention avant Tinstruction? — Ai-je repassé les leçons?— Ai-je tiré tout le parti possible, poui rinstruction de mes élèves, des leçons que j'avais a donner (§ 58, a, b, c.)?

b) Pendant la classe. — Ai-je commencé aujourd'hui la classe à l'heure fixée et de la manière convenable (§ 40.)? — Y ai-je été soigneux, patient et doux? Affable, amical, joyeux et paternellement sévère?- N'ai-je pas préféré injustement un enfant à un autre (§§ 19, 22-28)? — Y ai-je fait observer une bonne discipline? — Y ai-je traité les enfants conformément aux préceptes de la pédagogie (§§41-406)? N'ai-je pas! manqué par rapport aux punitions et aux récompenses? (C'est un point de la dernière importance et sur lequel il faut porter une grande attention.) — Ai-je bien instruit les enfants? — Ai-je employé les moyens propres à éveiller leur attention et leur réflexion? (§§ 108 et 117); -- à leur donner des idées justes et claires? (§ 126) ; — à exercer leur mémoire? (§ 171.) — Ai-je eu en tout principalement en vue de leur inspirer un amour réel et une crainte filiale envers Dieu? — Y ai-je travaillé? — Me suis je occupé convenablement de toutes les sections?

c) Après la classe, — N'ai-je rien à me reprocher par rapport à ma conduite envers les élèves hors de l'école? — Par rapport au local? — A M' le curé? — Aux parents? etc.

N'ai-je pas peut-être négligé par paresse ou opiniâtreté un conseil utile concernant quelque réforme à faire dans l'école? — Ai-je tâché aujourd'hui de mettre en pratique les leçons que j'ai données à mes élèves? — Ne les ai-je scandalisés en rien? — Ai je rempli toutes mes occupations avec pureté d'intention?

— En quoi dois-je en particulier me corriger? — Comment m'y prend rai-je?

Que le Dieu tout-puissant vous l'apprenne et vous aide dans l'exécution. Ainsi soit-il.

DES RÉCOMPENSES ET DES PUNITIONS, (v. § 106,; (i)

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