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cependant ils ne le feront pas sans crainte et sans inquiétude. En outre, tout instituteur qui connait ses devoirs, veillera soigneusement à ce que ses élèves ne se livrent ni au mensonge ni à l'hypocrisie. S'il en est ainsi, on peut espérer qu'une crainte salutaire des punitions naturelles et une ferme espérance des récompenses du même genre, retiendront les enfants , les éloigneront des mauvaises actions et les engageront à en faire de bonnes, non-seulement pour quelque temps, mais pour toujours; parce que, par la liaison permanente des bonnes et des mauvaises suites de leurs sentiments et de leurs actions, ils seront peu à peu portés à avoir le mal en horreur et à aimer à pratiquer le bien; et de la sorte ils apprendront à apprécier l'un et l'autre à leur juste valeur.
§ CCXXIL
2° De la manière de s'en servir.
Pour tirer bon parti des suites naturelles, il faut qu'on écarte les obstacles qui pourraient en empêcher Vefjicacité,
Nous avons fait remarquer précédemment (§ 216) que les suites naturelles, à cause de différents obstacles, ne produisent pas la même impression sur tous les hommes : or, les enfants, à cause de la faiblesse de leur raison, sont encore plus exposés que les adultes aux effets résultant de ces obstacles, c'est-à-dire, à être insensibles à ces suites. C'est ce que vous ne devez pas perdre de vue si vous voulez faire un bon usage des punitions et des récompenses naturelles; car, puisque Dieu lui-même les a établies et les a rendues permanentes , vous devez surtout et principalement, travailler à écarter ces obstacles.
Pour montrer la manière dont on doit s'y prendre,) nous parlerons de chacun en particulier; mais, avant j tout, je dois appuyer sur ce qui a été dit §§ 489-117,1
i DE PÉDAGOGIE. 5(>5
I* c'est-à-dire, sur la nécessité de travailler à exciter
j l'attention et à développer les autres facultés de l'âme ,
si on veut parvenir à faire disparaître ces obstacles.
Premier obstacle.
Défaut de connaissance des suites.
L'explication est ici nécessaire pour plusieurs raison s ; Dieu lui-même nous donne un modèle de la manièie dont cette explication doit se faire»
Quand les enfants ne reconnaissent pas les suites naturelles de leurs actions comme en étant réellement les eifets, ou qu'ils ne considèrent pas assez Tiniînence qu'elles ont sur leur salut, on doit leur en donner l'explication théoriquement et pratiquement. C'est nécessaire pour iloAix raisons : 1° parce que souvent les enfants ne sont pas excités par ces suites à faire le bien et à éviter le mal qui les produisent; '1" parce que souvent ils considèrent comme cause de res suites ce qui est directement opposé à leur cause réelle, et que, par là, ils peuvent tomber dans des erreurs dangereuses.
Expliquons ce dernier cas par un exemple. Des enfants inappb'qués s'ennuient d'ordinaire en classe : or, comme beaucoup s'imaginent que rester dans un lieu où l'on enseigne c'est la même chose qu'apprendre, il s'ensuit qu'ils regardent cette situation désagréable comme suite de l'étude. C'est une erreur manifeste, et je n'ai pas besoin de vous prouver combien elle est nuisible, puisque vous voyez assez quelle aversion ils doivent concevoir pour l'étude, et quelles sont les suites de cette aversion.
Dieu parlant à nos premiers parents après leur chute, nous donne le plus bel exemple de la manière dont on doit entreprendre cette explication. Après avoir fait sentir un instant à Adam et à Eve le grand change-
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mont qui s'était opéré en eux, il le leur rendit encore plus sensible par sa présence dans le paradis et par la question : Adam, où êtes-vous? car, par sa présence et par cette question, ils remarquèrent d'autant mieux combien leur cœur était changé, puisqu'ils en éprouvèrent d'autant plus de crainte et de honte. Il leur fit ensuite voir d'où provenait ce changement désagréable, afin qu'ils ne se trompassent pas en en cherchant la cause, mais que surtout ils reconnussent que c'était leur désobéissance qui en était la vraie source et que, par conséquent, ils l'évitassent dans la suite. Voyez, dit-il, ne provient-il pas de ce que vous avez mangé du fruit de Varhre dont je vous avais défendu\ de manger, (Gen. III).
Pour imiter ce modèle, vous pouvez, par exemple, adresser les questions suivantes à un enfant qui ne rf connaît pas certaines suites comme découlant de sa conduite en général, quand celle-ci laisse à désirer; dites-lui donc : « Quel sentiment éprouvez-vous maintenant? Ëtes-vous honteux? Étes-vous inquiet? Êtesvous ennuyé, etc., etc. » Par de telles questions on rend l'enfant plus attentif à son état intérieur et il apprend mieux à le connaître. Continuez donc de la sorte : « Cet état ne vous est pas sans doute agréable? vous ne voudriez pas y rester toujours, et vous ne voudriez pas qu'il revînt souvent? Maintenant, connaissez-vous d'où provient cet état désagréable? Il
provient de (on énumère ici les fautes qui l'ont
produit.) »
Exemple d'un enfant inatlentif, destiné à montrer de quelle manière on peut rendre le rapport entre l'nction et les suites plus évident qu'il ne Test.
Quand le rapport des suites avec l'action n'est pas assez évident pour qu'on puisse le montrer de prime abord, on l'explique par une conversation plus détaillée. Par exemple, l'instituteur a-t-il à corriger un
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onfant inatienlif dont il soupçonne n'être pas compris entièrement lorsqu'il lui démontre que la longueur du temps et les autres désagréments qu'il a à supporter chaque jour pendant la classe, proviennent de son inattention? Il pourra l'appeler après Ja classe et lui parler amicalement , à peu près en ces termes :
« J'ai remarqué que vous n'êtes pas à votre aise en classe; comme je vous suis fort attaché, j'en éprouve de la peine. Savez-vous comment on appelle ce que TOUS éprouvez? c'est l'ennui, le dégoût. Vous croyez peut-être que c'est l'étude qui produit cet effet en vous; examinons si vous avez raison. S'il provient de l'étude, bien certainement aujourd'hui ou hier, comme vous étiez accablé d'ennui , vous aurez sans doute appris quelque chose de nouveau; or, ditesmoi , qu'avez-vous appris aujourd'hui pendant le temps de la classe? Voyez, vous n'en savez rien ; et hier? également. L'ennui provient-il donc de l'étude? Écoulez, je vais vous raconter quelque chose que vous ignorez encore. »
Ici l'instituteur ferait bien de tâcher de raconter une petite histoire agréable , tirée de la Bible on d'ailleurs, mais d'une manière intéressante, et dire ensuite : « Avez-vous trouvé le temps long? Savezvous ce qui est cause que vous le trouvez souvent tel ? Étiez-vous maintenant attentif ou inattentif? M'avezvous compris? Vous voyez donc que le temps ne vous a pas paru long, parce que vous avez été attentif, et que, par suite, vous avez bien compris tout.
» Soyez de nouveau bien attentif, je vais vous raconter encore autre chose. Lorsque vous ne me comprendrez pas, interrompez-moi pour me questionner. »
Que l'instituteur lui raconte, maïs d'une manière très-intelligible et très-intéressante, ce qu'il a expîi-
que la dernière fois en classe; cela le rendra certainement plus attentif, ensuite il continuera :
« D'où vient que vous n'avez plus trouvé le temps long, ou du moins pas aussi long que ce matin? C'était pourtant la même instruction? — Bien, parce que vous avez été plus attentif; de là vous avez compris et par conséquent vous avez aussi appris quelque chose de nouveau. Ce matin, n'étant pas attentif, vous n'avez pu rien apprendre; outre l'ennui, vous aviez encore à combattre le sommeil et vous deviez continuellement craindre que je ne vous en tirasse avec honte en vous interrogeant : quelle peine est donc la plus grande, ou celle que vous venez de vous donner, ou celle que vous éprouviez ce matin? Laquelle des deux est la plus utile pour vous, etc., etc. »
§ ccxxm.
Outre les suites immédiates , il faut souvent aussi rapporter les éloignées et les opposées.
Dans les occasions où les enfants connaissent déjà , par leur propre expérience, l'une ou l'autre suite de leurs sentiments ou de leurs actions, l'insiituleur devra en profiter avec soin pour leur faire connaître : 1° les suites un peu éloignées des mêmes sentiments et des mêmes actions ; 2° le» suites des actions et des sentiments opposés; car, bien que la vue des suites éloignées soit d'un moindre effet, la représentation de ces suites , jointes à celles qu'on a déjà éprouvées, augmentera l'effet tant de celles-ci que de celles-là.
En outre, les enfants ne sont jamais plus portés à
croire ce qu'ils ne voient pas, que dans le moment où
. ils reconnaissent par expérience une partie de ce
qu'on leur prédit. Quant à l'exposition de l'opposé,
voyez § 142.
il en résulte que l'instituteur pourrait, à l'occasion,
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reprendre la conversation précédente avec Télève ' inattentif. « L'ennui qui vous accable, le sommeil ; qui s'ensuit, et la crainte d'un affront si vous étiez appelé au tableau ; tous ces désagréments que vous reconnaissez déjà maintenant comme produits par l'inattention, ne sont qu'une faible partie de ses mauvaises suites, dont l'une résulte toujours de l'autre, et qui vous accableraient toutes, si vous ne vous corrigiez. Maintenant vos parents soignent encore pour vous ce qui concerne vos vêtements, votre nourriture, et même vos plaisirs ; ces soins cesseront lorsque vous serez plus grand; or, vous serez alors malheureux, si vous n'êtes propre à aucun travail. Si vous étiez même assez riche pour avoir du pain sans travailler, vous n'éviteriez certainement pas le triste sort de tous les hommes ignorants et inhabiles : vous seriez à charge à vous-même et à autrui ; vous ne pourriez, en conséquence, résistera l'ennui qui devient toujours plus insupportable avec l'âge et engendre divers mauvais passe-temps par lesquels on s'attire bientôt des désagréments de la part des particuliers et des autorités. Mais ne vous imaginez pas que vous n'éprouverez de nouvelles mauvaises suites que lorsque vous serez âgé; car , même actuellement, elles vous accableront l'une après l'autre si vous ne prêtez l'oreille à mes remontrances : c'est du reste ce que je vais vous prouvez. Vous savez bien que , d'accord avec vos parents, je dois soigner, autant qu'il est en moi , que vous ne soyez pas ignorant dans les choses qu'il importe de savoir : or, si vous négligez d'apprendre ces choses pendant les heures d'instruction, il faudra apprendre en d'autres moments ce que vous aurez négligé, comme doivent le faire les personnes âgées qui ont perdu leur temps à l'école. Voyez ce qui arrive à un domestique paresseux : il doit souvent travailler hors des heures ordinaires de travail pour
faire ce qu'il a négligé auparavant, et pendant que les autres peuvent travailler pour eux ou se reposer. En outre, il se rend toujours plus méprisable par sa paresse, et finit par être chassé s'il ne se corrige. C'est ainsi que, vous aussi , vous devrez regagner le temps perdu en classe, pendant que vos condisciples se récréeront. Et puis, croyez-vous que des enfants inattentifs en classe et par conséquent peu dignes de ralFection de leurs parents, de leurs instituteurs et des hommes de bien, puissent en être aimés d'une manière particulière? Peut-on désirer autant de s'entretenir avec de tels enfants qu'avec ceux qui sont attentifs et désireux d'apprendre? Peut-on désirer autant de leur raconter quelque chose d'intéressant ou de leur faire plaisir de quelque manière? Le.^ rechercherait-on pour les avoir pour domestiques, ouvriers , etc. Vous comprenez donc comment les mauvaises suites de l'inattention vous atteindront les unes après les autres, si vous ne vous corrigez. Mais savez-vous, enfin, quelle est la suite la plus terrible que vous vous attirez par là? — Bien; vous vous attirez la colère de Dieu, Et si vous continuez à être inaltentif, serez-vous en état de bien apprendre ce que vous devez faire ou omettre pour aller un jour en paradis? Et si vous n'allez pas dans ce séjour du bonheur éternel, où irez-vous? Dans quel péril ne vous place donc pas votre inattention! Pouvez- " vous vivre content sur la terre, tandis que votre conscience vous adresse des reproches continuels et vous montre dans quel danger vous vous trouvez? Croyez-vous que ces reproches diminueront avec l'âge si vous ne vous corrigez? Et ensuite quel ne serait pas votre sort si vous veniez à mourir dans cet état, etc. »
Suites de l'opposé, par exemple, de l'attention.
Pour en venir aussi aux suites de l'opposé ou du contraire, on pourrait continuer de la sorte ;
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« Vous pouvez eucore échapper à toutes ces mauvaises suites, et cela d'autant plus facilement que vous commencerez plus tôt à vous corriger. Le moindre délai rend en toutes choses la correction plus difficile, mais spécialement par rapport à l'inattention.
» Quelques suites, par exemple, l'ignorance de plusieurs choses utiles, ne peuvent se réparer que très-difficilement ou point du tout; car, outre que dans l'âge avancé la faculté d'apprendre diminue, ordinairement le temps et l'occasion nécessaires manquent. Mais, si vous commencez tout d'abord à être plus attentif, vous vous attirerez les suites les plus agréables. »
On pourrait ici représenter, entre autres, que l'attention et l'application rendent beaucoup plus agréables les heures d'étude et de récréation; que des enfants appliqués et attentifs peuvent avoir la consolante conviction que leurs parents et tous ceux qui les aiment sont contents; que ce contentement sera une source abondante de joie, parce que chacun se sent naturellement enclin à faire plaisir à ceux dont la conduite est digne d'éloge; que de cette attention que prêtent des enfants qui apprennent beaucoup de bonnes choses, résultent plusieurs jouissances qui auparavant leur étaient inconnues, par exemple, la joie de pouvoir rendre à autrui de bons offices; que la bonne réputation qu'un enfant s'acquiert dans sa jeunesse, par sa bonne conduite, lui procure dans l'âge mûr bien des avantages temporels , parce que les personnes vertueuses les recherchent pour les employer, espérant avec raison que, puisque dans leur enfance ils avaient les vertus de leur âge, ils auront celles d'un âge plus avancé, etc.
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§ CGXXIV.
On doit essayer l'effet des récompenses positives, avant d'en venir aux punitions positives.
Si l'instruction précédente reste sans effet, Tinslitu- Icur, avant de recourir aux punitions, essayera de porter l'enfant inattentif du moins à un commencement d'amendement, en lui promettant Tune ou l'autre récompense positive; non pas toutefois qu'il doive tenir grand compte d'un amendement intéressé qui ne sera jamais sincère ni de longue durée, mais seulement pour avoir l'occasion de procurer à l'enfant quelque expérience des suites naturelles et agréables qui en résultent, et de le porter ensuite à désirer de jouir plus longtemps de ces suites et de se corriger. Nous reviendrons sirr ce point important en parlant en particulier des récompenses.
Les suites naturelles doivent, autant que possible, elre rendues sensibles.
Si, nonobstant cet essai, l'inattention continuait, l'instituteur devrait rendre sensibles à l'enfant les suites de l'inattention, l'une après l'autre, et, dans ce but, lui faire faire pendant la récréation des autres, ou même, si cela restait sans effet, pendant leur dîner, ce qu'il aurait négligé. Il pourrait lui parler en ces termes : « Ne vous ai-je pas dit souvent que vous ressentiriez toujours plus les suites de votre inattention? or, comme vous n'avez pas encore aujourd'hui fait votre devoir, vous le ferez après la classe, afin que plus tard vous n'ayez pas à travailler trop à la fois. Vous n'avez pas le temps de retourner chez vous pour y manger quelque chose, et si même vous vous mettiez à l'ouvrage courageusement, vous vous presseriez trop et votre travail serait mal fait; résigiiez-^vous donc à rester ici ; et comme vous n'auriez
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pas fini convenablement voire lâche avant la classe de l'après-midi si on vous apportait votre dîner, on vous donnera du pain de peur que la privation de tonte nourriture ne vous incommode. »
L'instituteur doit veiller à ce qu'on n'apporte rien en secret à l'enfant ainsi puni.
l'instifuteur doit exprimer son méconlentcnieiil cl son peu dVstime pour
l'enfant inallenlif , et ne recourir aux punitions positilives
qu'après avoir épuisé tous les autres moyens
Si les moyens dont nous venons de parler ne sulïisent pas, il devra en venir à l'expression de son mécontentement et de son peu d'estime. Comme il est d'une si grande importance que les enliints fassent de bonne heure grand cas du contentement et de l'estime des gens de bien, surtout de leurs supérieurs, il faut les accoutumer à en considérer l'expression comme l'une des suites les plus agréables, et leur mécontentement et leur mépris comme l'une des suites les plus pénibles , en réservant en conséquence ce moyen pour le dernier. L'instituteur pourrait exprimer à l'enfant inattenlif son mécontentement et son peu d'estime pour lui, par exemple, en l'excluant de quelque plaisir, d'une promenade dans laquelle il a promis de raconter ou d'expliquer quelque chose d'intéressant, en lui faisant observer qu'il ne comprendrait pas, à cause de son inattention, ce qu'il veut apprendre aux autres. Dans les essais précédents, il faut de temps en temps attirer l'attention de l'enfant sur les mauvaises suites plus éloignées de son inattention. Si tous ces moyens restent sans résultat , il faudra bien en venir aux punitions positives.
§ ccxxv.
les suites des récompenses exigent la même manière d'agir que les suites des punitions.
Vous devez agir par rapport aux suites agréables comme il a été dit que vous deviez le faire par rapport aux suites désagréables , c'est-à-dire , saisir l'occasion de les faire connaître aux enfants lorsqu'ils éprouvent réellement l'une ou l'autre. Expliquez-leur en même temps , et celles qui sont éloignées , et celles qu'ils connaissent par leur propre expérience , faisant en sorte qu'ils puissent les éprouver réellement autant qu'il est possible. Mais gardez-vous, par exemple , d'attendre relativement à un enfant inattentif qu'il soit entièrement corrigé : vous devez profiter du moindre commencement d'amendement et le lui faire remarquer à lui-même par sa propre satisfaction et par le contentement qu'il éprouve. Si la correction traîne un peu en longueur, vous devrez chercher à augmenter l'impression des premières suites agréables par quelque récréation que vous lui procurerez, mais surtout par l'expression de votre contentement et de votre estime. Quant aux suites qui dépendent de vous , faites tout votre possible pour que l'enfant ne les considère pas comme arbitraires. Dans cette vue, lorsqu'il sera de nouveau question d'aller vous promener avec vos élèves, vous devez dire à l'enfant qui s'est corrigé de son inattention : « Maintenant vous pourrez venir avec nous; car, comme vous êtes plus attentif, vous pourrez en retirer quelque utilité. »
Vous ne serez pas étonnés que je me sois arrêté si longtemps sur l'exemple de l'enfant inattentif, si vous réfléchissez à ce qui est dit § 221. Il me paraissait important de vous exposer dans un exemple ce qui est dit dans ce §, afin de vous mettre par là en état de l'appliquer à tout autre cas , lorsque vous
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aurez appris à connaître, en réfléchissant et en questionnant des gens d'expérience, les conséquences naturelles des sentiments et des actions des entants.
te qu'on doit faire quand des enfants ne sont sensibles qu'au boire cl au manger.
Quand des enfants, comme il s'en trouve beaucoup, ne sont surtout sensibles qu'au boire et au manger, il faut tâclier de leur faire comprendre ce proverbe : Qui travaille beaucoup a besoin de plus de nourriture que celui qui ne travaille que peu ou point du tout; et le leur rendre si familier qu'ils ne s'étonnent point de le voir mettre en pratique à leur égard, et de s'entendre dire lorsqu'ils ne se sont pas donné de peine : « Voyez , vous ne vous êtes pas appliqués aujourd'hui; donc une portion telle qu'on donne à ceux qui s'appliquent, vous serait nuisible, c'est pourquoi elle doit être diminuée. » — Et si le contraire a lieu : « Aujourd'hui vous pourrez supporter un peu plus de nourriture, parce que vous avez bien travaillé. » Jamais on ne doit dire ; « Puisqu'aujourd'hui vous avez bien ou mal travaillé, vous aurez plus ou moins de nourriture : » car, de cette manière, la liaison naturelle de cette conséquence avec tous ses avantages disparaîtrait aux yeux des enfants, et il en résulterait tous les dommages susmentionnés par rapport aux punitions et aux récompenses positives.
Second obstacle,