‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 3 sur 156 · IL-J. JACQUEMOTTE, Vic.-Gén · texte numérisé non relu

IL-J. JACQUEMOTTE, Vic.-Gén

PKÉFAGE DU TRADUCTEUR.

Notre inlenlion avait d'abord été de faire précéder la traduction de ce Manuel de l'abrégé de la vie du respectable auteur, B. Overberg; mais, en la relisant, nous l'avons trouvée si intéressante que nous avons reculé devant la pensée de l'abréger. Nous ne doutons nullement que la lecture de ce Manuel ne fasse naître le désir de connaître cette vie, dont la traduction forme un petit volume in-18, publié pour la seconde fois à Paris en 1843.

Overberg naquit dans la principauté de Munster, le 1" Mai 1754, et mourut le 9 Novembre 1826. Il eut à lutter, pour faire ses études, contre tous les obstacles qu'engendre le défaut de fortune; mais son caractère plein de résolution et d'énergie, et surtout sa confiance en la divine Providence, les lui firent surmonter.

On ne saurait se faire une idée du bien immense que ce prêtre modeste fit dans le cours de sa vie, non-seulement comme président du séminaire de Munster, mais, en particulier, comme professeur à l'école normale pendant 42 ans, et comme auteur de plusieurs Manuels concernant l'art d'enseigner.

Celui dont nous donnons la traduction est le premier qu'il publia. Ayant fait par lui-même l'essai de tous les préceptes qu'il y donne, tout y est éminemment pratique. Ce 'premier fruit des méditations et de l'expérience d'un homme dont toute l'existence était consacrée à l'instruction et à l'éducation , fu^. irès-bien accueilli par le clergé et par les instituteurs; et les' )lus célèbres pédagogues de cette époque n'en parlèrent qu'avec Hoge : aussi en 1835 cet ouvrage comptait-il déjà sa 7™* édition, )reuve sans doute évidente de son mérite.

Ne pouvant insérer ici la vie entière de l'auteur, nous nous

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boroerons à en metlre rinlroduction sous les yeux des lecteurs : elle présente un aperçu de sa méthode et de l'effet produit par ses leçons et par son zèle, découlant de , son tendre amour pour Dieu.

« Si nous cherchons le premier mobile du grand mouvement spirituel qui tout à coup donna à cette partie de rAUcmagne tant de bons instituteurs et de bonnes institutrices , nous le trouvons dans les leçons d'Ovcrberg. Chaque année il faisait des instructions publiques aux jeunes gens qui se destinaient à l'enseignement primaire et à une foule d'autres auditeurs; car cet homme extraordinaire savait rendre si neuves et si intéressantes les choses même les plus connues, que beaucoup de personnes de la ville, qui depuis longtemps ne s'occupaient plus des écoles, venaient par pure curiosité écouter ses leçons sur celte matière. Mais, si la curiosité seule attirait d'abord des hommes du caractère le plus différent aux pieds de la chaire d'un simple professeur d'école normale, il s'y joignait bientôt un autre sentiment plus noble qui les saisissait et les retenait avec une force en quelque sorte surnaturelle. Le plaisir est de sa nature contagieux, aussi, lorsqu'on voyait Overberg au milieu d'une classe, ne ressentait-on pas seulement le bonheur qu'il éprouvait à enseigner, on croyait encore goûter quelque chose de cette joie céleste des gardiens invisibles de l'enfance qui contemplent incessamment Dieu dans le ciel. Et, lorsqu'Overberg lui-même venait à exprimer, du fond de son cœur, l'intime félicité et l'avant-goût de l'éternelle récompense promise à l'instituteur zélé, tous les assistants partageaient son émotion : il avait enlr'ouvert, en quelque sorte, à leurs yeux le séjour de l'ineffable paix , de cette paix divine qui règne dès ici-bas dans les âmes comme la sienne. Beaucoup pensaient alors , et quelques-uns disaient : » Je voudrais devenir un instituteur comme Overberg. »

» Parler et enseigner comme Overberg semblait, au premier abord, quelque chose de très-facile et de tout naturel. Après l'avoir entendu traiter, avec tant d'élévation et d'entraînement, de la vocation de l'instituteur en présence des élèves de l'école normale et devant la foule accourue pour l'entendre; lorsqu'on le suivait à l'église, où chaque dimanche il donnait aux enfants l'instruction religieuse, on trouvait sa manière de s'exprimer

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