‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 4 sur 156 · DU TRADUCTEUR. H · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR. H

si simple, que eliacun croyait pouvoir en laire autant, et même ne pouvoir faire autrement. Dès qu'il arrivait au milieu des enfants rangés en demi-cercle , la haute gravité de son visage se transflgurait, pour ainsi dire, en une douce et naïve bienveillance. Il saluait avec bonté son jeune auditoire, faisait avancer quelques-uns des plus petits, les plaçait au premier rang; puis il commençait avec eux un entretien sur quelque sujet qui leur était connu et qu'on eût dit n'avoir aucun rapport avec l'instruction qu'il allait faire. Mais il y rattachait bientôt quelque considération du plus haut intérêt pour les enfants et pour les adultes en général, et qui était présentée d'une manière aussi neuve qu'atirayanle.

« On l'eût pris lui-même pour un enfant à la simplicité de son langage, dans les leçons qu'il donnait dans une école gratuite. Chacun de ses petits auditeurs croyait voir et éprouver ce qu'il leur racontait, et quand ses récils, surtout ceux qui étaient lires de l'histoire sainte, se prolongeaient pendant deux heures , l'attention des plus jeunes élait captivée et soutenue au point qu'il leur semblait n'écouter que depuis quelques minutesr Même, lorsque venait le tour de l'aride calcul , Overberg savait si bien adapter chaque exemple aux idées habituelles des enfants , que cette étude devenait pour eux un exercice non moins agréable qu'utile. Et tout cela paraissait si clair et si convenable, qu'on eût dit qu'il n'y avait pas d'autre moyen de procéder ; mais ensuite, lorsque l'un ou l'autre des assistants essayait de donner une leçon à la manière d'Overberg, il changeait bien vite d'opinion. C'est qu'il faut, pour enseigner d'une manière aussi vivante, avoir au fond de l'âme une vie d'amour que peuvent seuls donner des rapports intimes et incessants avec la source de l'amour infini. La manière d'enseigner d'Overberg n'était pas le produit de la nature, c'était un don de la grâce, fruit et récompense de son amour d'enfant pour Dieu. »

Ces dernières phrases prouvent quels étaient les sentiments d'Overberg et quel est l'esprit qui domine dans ses ouvrages. La crainte de Dieu , tel est le cri de guerre, pour ainsi dire, qui retentit à chaque page; c'est, à ses yeux, la vertu essentielle, fondamentale qui, seule, suifit à l'inslilutcur, parce qu'elle est la source de toutes les autres; mais la crainte de Dieu basée sur l'amour, la crainte de filiale Dieu ; celle, en un mot, dont

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