RECOMMANDATION
il était rempli et que ses ouvrages, inimitables sous le rapport de la simplicité et de l'onction, sont destinés à inculquer.
Cette simplicité qui plaît tant et va au cœur, parce qu'on sent qu'elle vient du cœur, se montre surtout dans l'appendice servant de conclusion à ce Manuel , et que nous insérons ici , parce qu'il donne une idée des avantages que cet ouvrage présente. On verra avec plaisir comment l'auteur en parle sans la moindre prétention , et on sera charmé de lire l'opinion de plusieurs écrivains , hommes spéciaux et compétents dans celle matière; enfin, les instituteurs sauront tirer parti des excellents conseils qu'Overberg leur donne sur la manière d'étudier la pédagogie et de se former dans l'art d'enseigner.
RECOIIAOATIOS DE CE MASIIEl
Il y a actuellement 42 ans que je travaille à former des instituteurs. Dans ce laps de temps, j'ai appris à connaître maints bons, mais aussi maints mauvais instituteurs. Ceux-là s'appliquaient h observer ce qui est dit, § 12 de ce Manuel, sur l'importance des fonctions d'instituteur, et cherchaient à mettre ponctuellement en pratique ce qu'ils avaient appris. Ceux-ci, au contraire, ne suivaient aucun précepte de pédagogie; entièrement satisfaits d'eux-mêmes lorsqu'après les études normales ils étaient approuvés, ils ne songeaient plus ensuite à ce qu'ils avaient appris à l'école normale. Les uns aussi bien que les autres savent déjà par leur propre expérience, ou ils l'apprendront , que le partage d'un mauvais maître sera le chagrin et la tribulation en celle vie, à la mort et après la mort; tandis que le partage d'un bon instituteur sera la gloire, le bonheur et la paix en cette vie, à la mort et après la mort. (Rom. II. 0, 10)
Quiconque veut être et rester un bon instituteur, ne doit jamais se contenter du degré de perfection et d'habileté qu'il a acquis, en sorte qu'il cesse de travailler à parvenir à un degré supérieur. Les moyens requis pour acquérir les qualités, les
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connaissances et les facultés nécessaires à un instituteur sont mentionnés §§ 29 et 34. Comme c'est une folie de vouloir atteindre un but sans moyen, je vous recommande instamment la lecture attentive et continuelle de ces paragraphes.
Le troisième moyen dont parle le § 34 , pour acquérir les connaissances et les facultés nécessaires , c'est la lecture quotidienne et réfléchie des livres qui sont à votre portée. Je crois convenable de faire remarquer, concernant ce moyen, que vous ne devez pas lire tantôt le passage d'un livre, tantôt le passage d'un autre, ne faisant, pour ainsi dire, que feuilleter vos livres; mais au contraire il faut étudier à fond un ouvrage entier que vous devez regarder comme le fondement sur lequel vous voulez vous établir, avant d'entreprendre l'étude d'un autre. Ensuite seulement, après avoir bien étudié un ouvrage et l'avoir pris comme fondement, ce que vous trouverez de meilleur ou de plus dans l'un ou l'autre livre, notez-le comme une amélioration de telle ou telle partie, ou comme un appendice de celui que vous avez adopté. Si vous n'en agissez pas ainsi, jamais vous ne parviendrez à des connaissances solides et liées les unes aux autres : les différentes parties que vous aurez recueillies ainsi de droite et de gauche échapperont bientôt de votre mémoire.
Si vous me demandez quel livre vous devez adopter comme fondement pour vous former à l'état d'instituteur, je vous conseille le présent Manuel, qui parut pour la première fois en 1793, et qui contient ce qui était enseigné depuis dix ans dans l'école normale de Munster.
Quoiqu'il ne soit pas dans les convenances de recommander comme préférable son propre ouvrage, il peut cependant exister des motifs qui non-seulement excusent cette manière d'agir, mais qui éloignent en même temps tout soupçon d'orgueil , de vanité, etc. Ainsi , quelqu'un conseillera de préférence à une autre sa méthode d'écriture, non qu'il la considère comme plus belle, mais parce qu'elle exige moins de temps. Ce sont des motifs de cette nature qui m'engagent à vous recommander ce Manuel- Il est en effet :
1'^ Facile à comprendre, et il devait l'être, parce que \&& instituteurs pour lesquels il a clé composé, n'ont (lue très-peu
iA RECOMMANDATIOM
de connaissances préliminaires. Il y a, et c'est un motif de joie pour moi, il y a plusieurs ouvrages pédagogiques plus approfondis, mieux et plus savamment écrits; mais ces ouvrages supposent aussi, pour la plupart , des lecteurs plus instruits que ne le sont , en général , les instituteurs et les aspirants à l'état d'instituteur. Quiconque veut comprendre à fond ces ouvrages, doit non-seulement savoir raisonner sur des matières abstraites mais, de plus, avoir quelque connaissance du latin et du grec.
2" Modeste dans ses prétentions , et il devait l'être, parce qu'on ne saurait exiger beaucoup des instituteurs qui n'ont d'autre instruction que celle qu'ils ont reçue à l'école normale.
3" Basé sur les fondements les plus solides. Il n'indique rien qui ne cadre avec les principes généralement admis par la saine raison, l'intelligence, la psychologie et l'expérience journalièPCr
Ao Je no connais aucun ouvrage pédagogique pour les instituteurs qui, comme ce Manuel, traite d'un bout à l'autre ce qui en tout, mais surtout dans l'instruction et dans les écoles, est le point le plus essentiel, savoir : le développement des sentiments religieux ou de la crainte de Dieu, tant dans le cœur des maîtres que dans celui des élèves. Le monde méprise ce point essentiel, les impies s'en moquent; mais quiconque aime vraiment Dieu et celui qu'il a envoyé , N.-S. J.-C. , l'estime tellement que la manière dont ce Manuel le considère comme fondement, base de tout, lui rend cet ouvrage d'autant plus cher. Qu'est en effet l'éducation si elle n'imprime pas des sentiments religieux? J'ai lu dernièrement avec une joie indicible dans la préface d'un petit ouvrage d'un auteur catholique, ce qui suit, et que j'adopte comme une réponse à cette question : «L'auteur n'hésite pas a déclarer ouvertement, qu'il regarde absolument comme vaine toute connaissance, tout savoir, toute éducation n'ayant pour but que ce monde, qui périra avec ses convoitises ; puisque ce n'est pas là l'instruction de la religion et, en particulier, l'instruction pratique de la religion du Sauveur qui est la voie , la vérité et la vie, et par lequel nous allons à son Père. Celle instruction peut seule bien élever nos enfants, parce que seule elle met en pratique ces paroles de l'Apôtre : Instruisez-les dans la crainte du Seigneur. » Oh! combien il serait préférable pour
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certains enfants qu'on leur eût appris moins exacleraent telle ou telle science, et qu'on eût employé ce temps à imprimer dans leurs cœurs la crainte et l'amour du Seigneur! Ils en recevraient plus de consolation dans le cours de leur vie et à la mort, que ne peuvent leur en donner toutes les sciences et 4outes les connaissances humaines.
S* Il est complet. Tout ce qui est essentiel et requis pour tenir -convenablement classe, y compris la méthode d'instruire et le tnainlien de 4a discipline, s'y trouve. Certain point y est traité avec assez de détail ; certain aAïtre n'y est indiqué que briève- «lent et, pour ainsi dire, réservé pour en faire un meilleur iisage à l'occasion.
Mais, au lieu d'en dire moi-même davantage sur ce sujet, j€ vais transcrire ce que des hommes, qui font autorité en cette matière , ont écrit en parlant de cet ouvrage : mon but , chers instituteurs, en faisant ces citations, est uniquement de vous engager à étudier diligemment ce Manuel, afin de le prendre pour fondement et pour base de votre conduite.
€ Ce livre mériterait de se trouver entre les mains de chaque instituteur et d'être étudié très-soigneusement et à plusieurs reprises. Je conseillerais à tous ceux qui ne pourraient se procurer plusieurs ouvrages de ce genre, et qui devraient se contenter d'un seul, de se procurer cet ouvrage d'Overberg. > (Natorp, ■conseiller supérieur du consistoire, dans son catalogue d'ouvrages choisis pour établir une bibliothèque élémentaire.)
« En ne considérant cet ouvrage que comme une instruction pour les instituteurs , il doit être néanmoins regardé comme très-important , étant rédigé de sorte que chaque instituteur puisse s'y instruire entièrement de ce qui lui est nécessaire de savoir. M. Overberg a traité sa matière avec une telle précision , que même un instituteur qui n'est doué que de médiocres moyens intellectuels, y trouve des leçons à sa portée. » (Journal élémentaire de Graeffe. 5°** année, IH* Liv.)
« Les instituteurs qui ont déjà lu plusieurs autres ouvrages originaux, et qui les ont dans leur bibliothèque, pourront sans doute se passer de cet ouvrage; mais il ne saurait être assez recommandé à ceux qui manquent de moyens et d'occasions de prendre connaissance de plnsieurs ouvrages concernant leur