LXI
J'ajoute encore quelques avis relatifs à la conduite que vous devez tenir pour empêcher le mensonge.
i*» Lorsqu'un enfant s'accuse de sa faute sincèrement, de lui-même , ne le punissez pas pour cette faute. De môme si, sur votre demande, il l'avoue franchement, il ne faut pas le punir, à moins que vous ne prévoyiez ou que vous ne craigniez avec raison que cette indulgence, motivée sur la sincérité de l'aveu, ne porte l'enfant à commettre de nouveau la même faute ou quelqu'autre de la même espèce.
2» Lorsqu'un enfant cherche à déguiser ou à cacher
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une faute par un mensonge délibéré, vous devez le punir doublement pour ce mensonge prémédité.
ô" Soyez prudents pour ne pas donner à vos élèves occasion de mentir. Lorsque vous soupçonnez qu'un enfant n'aimera pas d'avouer telle chose, ne vous en informez pas, à moins que la connaissance ne vous en soit nécessaire pour pouvoir bien diriger l'enfant , ou pour tonte autre cause importante En négligeant cet avis on donne souvent occasion de mentir. Vous estil indispensable de savoir ce qu'il vous semble que tel enfant n'aimerait pas de dire? faites attention si, dans le cas qu'il mente, vous aurez le moyen de le convaincre de mensonge : vous pourrez en ce cas vous en informer, vous gardant cependant bien de le questionner avec un ton et des gestes qui feraient craindre à l'enfant un châtiment, s'il venait à avouer la vérité. Dans ces questions, vous ne devez pas entrer, pour ainsi dire, brusquement par la porle dans sa maison, c'est-à-dire, ne pas tout de suite apostropher rudement cet enfant, en lui disant : As -tu Tait cela? mais vous devez le préparer à l'aveu de sa faute en lui témoignant de l'affection, souvent aussi en lui mettant devant les yeux les suites funestes du mensonge. Une voix et une mine menaçantes en questionnant , de même que des questions non préparées, donnent souvent lieu à un mensonge, lequel n'est pas d'abord entièrement délibéré ., mais qui en entraîne à sa suite une foule de délibérés, pour voiler ceux qui ne le sont pas.