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Mais est-il donc d'une si haute importance que les enfants puissent raconter de bonnes histoires?
Oui, sans doute; car, par là, les faits se gravent mieux dans leur mémoire; par là, ils deviennent plus habiles à raisonner sagement et convenablement sur d'autres objets; et, ce qui me semble plus important, c'est que, par un continuel exercice, ils deviennent aptes à raconter sans crainte chez eux les histoires qu'ils ont apprises à l'école ; ce qu'ils feront avec plaisir: car raconter et entendre raconter est un délice pour les enfants. Des histoires intéressantes et édifiantes, racontées aux enfants, feront supprimer les contes de fées, de revenants qui contribuent à rendre superstitieux , soupçonneux et peureux. Et, en outre, quel bien ne pourront-ils pas faire par là à leur famille, ou du moins à l'une ou à l'autre des personnes qui les écoutent ! L'innocence du petit narrateur; sa manière naïve de raconter; le silence, l'obscurité, la longueur de la soirée; tout est de nature à disposer les auditeurs attentifs à profiter de l'histoire racontée.
Quelle utilité d'ailleurs ne pourront-ils pas tirer de leurs histoires quand, plus tard, ils auront en une qualité ou l'autre des enfants à instruire? ne leur -fourniront-elles pas un moyen efficace de former ces jeunes cœurs?
Les hommes doivent s'exciten mutuellement à élever leurs pensées vers Dieu ; et chacun doit ac-
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quérir lous les jours plus d'amour pour la verln et plus d'horreur pour le vice, afin de travailler plus efficacement à gagner le ciel; or, pour atteindre ce but , je prétends que le meilleur moyen, c'est de s'exercer soigneusement à raconter les histoires instructives que les livres saints, ou d'autres bons ouvrages, contiennent, et à chanter de bonnes chansons. Ces motifs ne sont-ils pas certes assez puissants pour engager tout instituteur qui a en vue la gloire de Dieu et le salut de son prochain , à s'efforcer constamment à faire faire à ses élèves des progrès dans l'art de raconter de bonnes histoires?