DE CE MANUEL
moins utile pour l'un ou l'autre d'entre vous, qu'un autre ouvrage.
B) Ne rejetez pas de suite ce que vous trouvez de nouveau dans tel ou tel ouvrage pédagogique, uniquement parce que cela vous paraît singulier; car, en l'approfondissant peut-êlre en aurezvous une tout autre idée. — Ne le rejetez pas non plus parce que l'étude et la pratique vous en paraissent pénibles; car un bon instituteur ne doit craindre aucune peine, tant qu'elle ne surpasse point ses forces : ce qui d'abord est difficile , devient très-facile après quelque exercice.
C) Procédez prudemment et lentement pour rejeter ou introduire du nouveau, de peur de repousser quelque chose de meilleur ou du moins d'aussi bon, ce qui est toujours nuisible , ou de peur de vous priver de quelque nouveauté qui pourrait réellement vous être avantageuse. Des essais doivent ordinairement décider ce point, c'est-à-dire, ce qui est le meilleur ; mais des essais suffisants et faits d'une manière convenable. Il peut arriver que des essais réitérés à différentes reprises ne réussissent pas , uniquement parce que celui qui les faist n'a pas encore acquis l'habileté nécessaire.
D) Qu'un instituteur qui soigne ses élèves d'une manière convenable, les fasse avancer en peu de temps, ce n'est pas encore une preuve que sa méthode soit la meilleure; car l'expérience nous apprend que des ouvriers habiles qui s'adonnent de cœur à leur métier, façonnent mieux leurs ouvrages avec de mauvais outils, que d'autres avec les meilleurs. Ce n'est pas encore une preuve de la bonté d'une méthode que, dès son apparition, elle soit prônée dans les journaux et adoptée dans plusieurs écoles; car on sait par expérience combien l'attrait de la nouveauté, le désir de gagner, de plaire, de se distinguer, et, enfin, la crainte d'être considéré comme un rétrograde, exercent d'influence.
Mon intention était de parler de ma propre expérience, et de m'étendre un peu, pour les faire connaître, sur les ouvrages publiés récemment par des hommes versés dans l'art d'enseigner : mais les instituteurs ayant la facilité de se former dans des écoles normales, y apprendront plus à fond tout ce qui concerne leur noble état.
.le finirai donc en prenant congé de vous, chers instituteurs,