‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 8 sur 156 · CONCERNANT CETTE SECONDE EDITION · texte numérisé non relu

CONCERNANT CETTE SECONDE EDITION

Notre attente n'a point été trompée, le Manuel d'Overberg a été accueilli avec empressement en Belgique; la première édition s'est épuisée en peu de temps.

Cet accueil a été un motif de plus pour nous de revoir notre traduction et de l'améliorer, en nous attachant surtout à éclaircir certains passages qui n'étaient pas assez clairs et à reloucher quelques paragraphes dont nous avions retranché des exemples que nous avions considérés comme inutiles : ayant reconnu que ce sont des modèles dont messieurs les instituteurs peuvent tirer très-bon parti, nous les avons presque tous insérés dans cette seconde édition, à laquelle nous avons aussi ajouté quelques nouvelles notes et la circulaire de î'épiscopat belge sur l'enseignement de la religion et de la morale dans les écoles primaires. Cette circulaire, qui est comme le résumé pratique des principes d'Overberg. doit être étudiée non-seulement par les membres du clergé, mais aussi par les instituteurs désireux de remplir consciencieusement et convenablement la noble mission , l'espèce d'apostolat auquel Dieu les a appelés. Nous croyons, en conséquence, qu'on considérera avec nous cette circulaire comme l'appendice , le complément nécessaire du Manuel d'Overberg.

Celte seconde édition contient donc plus exactement que la première, tout l'ouvrage du célèbre pédagogue, à l'exception des paragraphes qui concernent la langue allemande, et d'une partie de ceux qui traitent des règles de trois, etc. Tout le traité approfondi des punitions et des récompenses, qu'on considère avec raison comme un chef-d'œuvre, a été traduit. Inutile sans doute de prévenir les lecteurs qu'il a été composé pour l'Allemagne, ce qui explique l'opinion de l'auteur sur certaines punitions corporelles, comme on en fait la remarque dans l'approbation; le reste est d'une application générale et conforme aux usages et aux règlements des écoles en Belgique.

(1) C'est la prière que vous ailresse aussi celui auquel vous devez de pouvoir étudier col utile ouvrage.

IMRODIICTION D'OTEBBËRG.

A Messieurs les Curés.

Vous accueillerez avec bienveillance ce Manuel, je Tespère, vénérables pasteurs. Je sais que plusieurs d'entre vous en désiraient .ardemment la publication , parce qu'ils comprenaient combien les leçons de l'école normale seraient plus utiles aux élèvesinsliluteurs, s'ils avaient un manuel d'après lequel ils pussent se préparer à ces leçons sous la conduite et avec l'aide de leurs curés, et en faire ensuite la répétion. Plusieurs aussi l'attendaient avec impatience, afin d'instruire eux-mêmes leurs instituteurs de manière à les rendre déplus en plus capables, et tels que la loi exige qu'ils soient.

J'espère que le présent Manuel viendra en partie combler leurs vœux. Je dis en partie, non-seulement parce que vous ne le trouverez peut-être pas aussi parfait que vous le voudriez; mais aussi parce qu'il ne traite pas du point le plus important, savoir : la méthode d'enseignement pour la religion; si Dieu m'en donne la grâce, je traiterai ce point dans un ouvrage spécial, (i)

(t) C'est ce que l'auteur a fait avec un rare bonheur dans son ouvrage intitulé : Manuel de Religion, qui contient le développement des deux catéchismes qu'il avait compasés pour le diocèse de Munster, et qui sont adoptés dans plusieurs autres diocèses.

Nous avons fait disparaître la lacune dont parle iciOverberg, en traduisant et en insérant h la fin de cet ouvrage , sous forme d'appendice, l'introduction de ce Manuel de Religion contenant des observations générales sur la manière l'enseigner le catéchisme aux enfants. (Note da trad. j

Vénérables pasteurs et frères en J.-C, vous aussi ranimez votre zèle pour l'amélioration des écoles! Vous savez que le devoir d'en prendre soin est inséparablement lié à votre charge de pasteur, et qu'il en constitue une des parties essentielles. Vous n'ignorez pas que les instituteurs et les institutrices sont comme des sous-pasteurs qui partagent avec vous le soin de paître les agneaux de votre troupeau , mais qui ne peuvent vous en décharger entièrement; que ces sous-pasteurs sont celles d'entre vos brebis que vous devez le plus soigner pour le bien de tout votre troupeau; que vous en répondrez devant Dieu , si ces sous-pasteurs ne paissent pas bien vos agneaux, soit que vous ne les surveilliez pas, soit que vous ne les assistiez pas, autant que vous le pourriez , par vos conseils et par votre coopération.

Cette pensée, avec la grâce de Dieu, nourrira et excitera toujours plus votre zèle à trayailler continuellement à l'amélioration des écoles, surtout si vous considérez que tout ce qui s'est fait par les autorités pour atteindre ce but, et ce qui se fera peut-être dans la suite, ne produira jamais le bien désiré, si vous ne prenez la chose à cœur d'une manière proportionnée à son importance, (i)

Je n'ai pas besoin d'énumérer en particulier les points sur lesquels votre vigilance et votre zèle pour l'amélioration ou le bien-être des écoles, doivent s'étendre principalement, parce que votre zèle animé

(i) Il est sans doute inutile de faire remarquer combien ce passage s'applique à l'état actuel des écoles en Belgique. La loi organique de l'instruction primaire appelle formellement les ministres du culte à s'occuper des écoles, en leur donnant le droit de les inspecter, en leur remettant la direction de l'enseignement de la religion et de la morale : enseignement qu'elle proclame la branche principale de l'instruction primaire. Quelle responsabilité immense n'encourraient ipas les ministres du. culte, s'ils n'entraient point dans l'esprit de la loi qui leur donne toute facilité pour l'accomplissement de l'un de leurs devoirs qu'Overberg appelle essentiel! Quels reproclics fondés ne pourrait pas leur adresser la société, puisque la paix, le bonheur, la tranquillité et l'ordre dépendent de la manière dont ils rempliront ce devoir ! (IS'ole da trad.j

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de l'amour de Dieu et du prochain , vous rend ingénieux à découvrir ce qui en empêche ou en favorise la prospérité : néanmoins, je me flatte que les observations suivantes, qui sont fondées sur mon expérience , ne seront pas désagréables à quelques-uns.

i° Autant qu'il vous est possible , cherchez dans vos prônes , vos catéchismes et vos exhortations particulières à faire en sorte que vos paroissiens soient entièrement convaincus que l'éducation de la jeunesse est un point de la plus haute importance, et que les plus petites fautes y ont souvent les plus terribles conséquences. Plusieurs efl'ets découleront de cette conviction : elle peut seule vous faire obtenir par vos instructions et vos exhortations que les enfants soient mieux élevés ; qu'ils aillent à l'école plus assidûment; que les salles d'école soient entretenues, etc, etc.

2° Ayez surtout à cœur l'instruction et l'amélioration de vos instituteurs. Imitez en cela l'exemple de Notre-Seigneur par rapport à l'instruction et à l'amélioration de ses Apôtres. Puisqu'ils sont vos aides, leur éducation est un des meilleurs moyens de répandre la sagesse et la vertu dans votre paroisse. Traitez-les en toute circonstance avec une estime particulière, afin de leur procurer plus de respect dans la commune et de la part des enfants. Soutenez-les dans leurs justes réclamations, et lâchez qu'ils obtiennent un honnête traitement, afin que, libres de tout souci pour les besoins de la vie, ils soient en position de pouvoir se vouer entièrement à leur état.

3' Ne souffrez aucunement un instituteur incapable et encore moins un instituteur corrompu : car il y a moins d'inconvénient qu'un homme, une famille manque de pain que toute la jeunesse d'une commune , de l'instruction et do l'éducation nécessaires pour la vie

éternelle. Soyez extrêmement prudents et prévoyants pour le choix d'un nouvel instituteur, en tant qu'il dépend de vous.

4" Veillez à ce que le local de l'école soit bien entietenu ! Oh ! plût à Dieu que tous ceux qui ont éprouvé ou qui peuvent s'imaginer combien il est difficile de tenir classe dans des salles humides, et combien elles sont nuisibles à la santé, voulussent travailler efficacement à les assainir, poussés par une bienveillante pitié envers les instituteurs et les enfants! Des écoles humides rendent l'instituteur et les enfants maladifs, indolents et apathiques : vérité qui mériterait d'être plus généralement reconnue et appréciée.

5" Visitez assidûment l'école; l'instituteur et les élèves en retirent beaucoup de profit. Mais je pense que vous ne devez avoir ni jour ni heure fixe : rendez-vous-y tantôt le matin, tantôt l'après-midi ; elle doit avoir tous les jours l'espoir de vous voir. Je dis l'espoir, parce que vous devez tâcher de rendre votre visite si agréable et si utile aux élèves, que jamais vous n'en sortiez sans qu'ils se disent intérieurement : Puissent-ils revenir encore bientôt ! Ne faites jamais cette visite sans vous y être préparés, surtout lorsque vous vous sentez plus embrasés qu'à l'ordinaire pour le salut des enfants, et plus disposés à leur donner des leçons salutaires. Faites toujours attention , dans vos visites , si tous les élèves en âg:e de fréquenter l'école sont présents : le catalogue du maître vous l'indiquera. Regardez ensuite si, dans l'école, il n'y a rien qui puisse être nuisible à la bonne instruction des élèves; par exemple, si la salle est tenue propre; si tous les élèves ont les livres et les modèles d'écriture nécessaires; si l'instituteur y tient bien l'ordre; s'il se montre convenablement sérieux, doux et amical envers les enfants, et s'il les instruit

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avec soin et selon la méthode simultanée , et non selon la méthode individuelle; s'il comprend lui-même très-bien ce qu'il doit expliquer aux enfants; s'il possède une bonne méthode d'enseignement, et s'il a assez de tact pour l'employer convenablement, etc, etc. — Pour mieux connaître à quel point en est l'intelligence, la méthode et la pratique de l'instituteur, faites-le de temps en temps enseigner en votre présence, comme il a coutume de le faire en votre absence. Je dis de temps en temps; car vous ne devez pas toujours être simple auditeur ou simple spectateur lorsque vous visitez l'école; vous devez aussi vousmêmes instruire et interroger les enfants, en partie .poiir mieux connaître leurs progrès, et en partie pour graver dans leur esprit et dans leur cœur des instructions importantes plus profondément que l'instituteur n'est capable de le faire : vous pouvez aussi le faire pour donner à l'instituteur plus de lumière sur tel ou tel point, et lui montrer, par votre exemple, comment il doit s'y prendre pour enseigner. 6'' Vous savez combien les enfants oublient vite ce qu'ils ont appris pendant l'hiver, lorsqu'ils ne fréquentent pas l'école en été; laites donc en sorte, autant que vous le pouvez, que les enfants fréquentent aussi l'école en cette dernière saison, du moins un jour ou deux dans le cours de la semaine. N'y eût-il en effet, pour eux, que deux heures de leçon la semaine, c'en serait assez pour ne pas oublier lout ce qu'ils ont appris, et, ce qui est plus important, pour les rendre plus attentifs et plus enclins à pratiquer les leçons qu'ils ont reçues. Afin qu'ils retiennent ce qu'on leur a enseigné, tachez de les engager à prendre leur livre lorsqu'ils gardent les bestiaux, et à repasser diligemment ce qu'ils ont appris; faites-leur en comprendre la grande utilité pour eux , et témoignez-leur le plaisir que vous en éprouveriez.

7" Mais, ce qui est surtout dangereux, c'est lorsque les enfants qui ont quitté l'école, oublient l'instruction qu'ils y ont reçue. Ces pauvres enfants sont alors parvenus à cet âge où le démon, le monde et la chair se réunissent pour les séduire par leurs attraits et les précipiter dans l'abîme éternel. Qui pourra leur inspirer la résolution de leur résister? Qui pourra les rendre assez forts et les préserver d'une perte certaine, s'ils ont oublié les vérités du salut qu'on leur avait enseignées? Que leur servira d'avoir appris à lire et à écrire, s'ils l'oublient déjà dans les premières années qui suivent leur sortie de l'école, au point de n'en pouvoir plus retirer aucun profit? Pour parer à ce grave inconvénient, dans plusieurs contrées on a prescrit aux instituteurs de donner des heures de répétition aux jeunes gens de 18 à 20 ans, et tous ceux de cet âge qui ont quitté l'école sont tenus de s'y trouver. C'est très-bon où cela peut être établi, si toutefois l'instituteur qui donne ces répétitions, a assez d'autorité, de faculté et de bonne volonté pour être utile à tous ceux qui les fréquentent, (i)

Les prêtres de la paroisse de.... ont choisi le meilleur moyen , selon moi , pour établir ces répétitions. Le vicaire, avec le consentement du curé, en exposa chaleureusement l'utilité, invita tous ceux qui avaient envie d'y assister de se trouver chez lui à telle heure, les dimanches et les fêtes, et exhorta les parents d'y envoyer leurs enfants et leurs domestiques. Il n'y en eut d'abord que très-peu qui s'y rendirent; mais, par sa manière agréable et intéressante de les occuper, par ses fréquentes instructions sur l'utilité des

(1) C'est ce qu'on appelle Écoles du soir : il nous semble que la plupart des instituteurs à la campagne pourraient en établir; ne dussent-ils avoir que 3 ou 4 élèves, ils feraient un bien immense en les formant; deux ou trois hommes instruits et verincux ne sufliscnt-ils pas pour donner le ton à toute une conimune? (ISole du Irad.)

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écoles dominicales, il ne tarda pas de réunir chez lui 70 à 80 personnes.

S° Tâchez d'établir, dans les écoles de campagne, une classe de travaux manuels dans laquelle garçons et filles apprennent à tricoter, et ces dernières, de plus, à coudre (i). Ce travail est très-utile pour plusieurs motifs : les enfants qui apprennent à tricoter et à coudre avant et après , et quelquefois pendant l'instruction, sont beaucoup plus tranquilles, plus attentifs et plus dociles que les autres. Combien de fois n'arrive-t-il pas que des enfants sont oisifs parce qu'ils ne sont pas occupés à quelque chose d'utile? Or, en apprenant à tricoter et à coudre, ils peuvent échapper à l'oisiveté si dangereuse, et à ses funestes suites. Le gain même qu'ils peuvent faire en tricotant en classe est assez considérable; on trouve donc là une ressource pécuniaire pour une école. En outre, plusieurs curés m'ont dit que peu de temps après avoir établi cet apprentissage dans leurs écoles, ils eurent le plaisir de remarquer partout plus d'indu trie et d'ordre, plus de modestie et de retenue dans les plaisirs, plus de contentement parmi les enfants, et de voir les pieds des pauvres mieux garantis du froid. — Cet apprentissage se fait aisément au moyen d'une personne qui reçoit un salaire insignifiant et qui vient à l'école à une heure convenue; on donne gratuitement aux enfants des aiguilles, de la laine , etc.

9" C'est heureux lorsqu'une école a une fondation dont le revenu suffit pour procurer le traitement à

(1/ Nous attirons l'attention de Messieurs les instituteurs sur ce point: !el apprentissage n'est pas dans les usages du pays; mais pourquoi no 'y intro luirait-on pas , puisqu'il est si avantageux , non-seulement pour lea innées scolaires, mais pour toute la vie des gens de la campagne.

« Pourquoi, dit Timon (Gormenin) dans ses Entreliens de village. Ko X. Pourquoi n'apprendrait-on pas aux petits garçons à Iricoler, à coudre et à narquer , tout comme les iillcs Est ce qu'ils ne sont pas destinés, quelquesins du moins, à être un jour tisserands, fileurs, cordonniers, tailleurs.' ît quel mal y a t il de réunir au bout de ses doigts l'adresse à la force , !l de se préparet , dans la dure vie de la pauvicté, deux ressources au icu d'une? » [IS'ote du Tradj.

l'instiluleur et , en outre , des livres, du papier, des vêtements, etc., aux enfants pauvres. Ne serait-il pas bon qu'on réfléchît si l'on ne pourrait pas faire çà et là du moins un commencement de fondation, que peut-être nos successeurs auraient l'idée d'augmenter? On parviendrait ainsi petit à petit à avoir un capital suffisant. N'y aurait-il pas , en effet, dans plusieurs endroits des fondations de ce genre, si, il y a cent ans, nos ancêtres les avaient commencées en engageant leurs successeurs à les augmenter? Le tout dépend souvent du commencement, dit le proverbe. Or, il y a encore. Dieu merci, des personnes charitables, disposées à partager avec celui qui leur a donné en dépôt les biens de ce monde; si elles n'en font pasi cet usage, c'est que souvent elles ignorent quel bien produirait cette bonne œuvre. D'autres, qui ne sont pas enclins à faire de tels sacrifices volontaires, le seraient, si seulement ils y étaient encouragés par des paroles et de bons exemples. Et quel moyen plus puissant de les y porter, les uns et les autres, que les efforts d'un curé qui chercherait à éclairer ses paroissiens sur les sacrifices de ce genre et sur les legs pieux. ^ S'il leur montrait que c'est certes faire chose agréable à Dieu que de contribuer à la balise de temples de pierre, à la splendeur du culte divin extérieur, mais que cet extérieur ne peut lui plaire qu'en tant qu'il contribue à l'édification, à l'embel lissement des âmes, de ces temples spirituels el vivants de Dieu; s'il leur faisait comprendre que de nos jours rien n'est si nécessaire, pour atteindre ce noble but, que l'amélioration complète des écoles presque toujours oubliées dans la répartition de aumônes des fidèles; s'il leur expliquait que no œuvres sont d'autant plus agréables à Dieu et plu propres à nous procurer le salut éternel, que l'amou de Dieu et du prochain , qui nous y porte , est plu exempt d'amour-propre, et le but que nous tâchon

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^; d'atteindre par ces œuvres, plus élevé; il lui serait ) ensuite aisé de prouver que nous ne pourrions avoir un but plus élevé que celui qu'a eu Jésus-Christ, savoir : le renouvellement et l'édification de riiomme intérieur en nous et en notre prochain; que nous coupons court d'autant plus sûrement à l'aniour-propre que nous n'avons en vue que le bien d'autrui , sans la perspective d'aucun avantage pour nous; il tirerait ensuite la conclusion que, sous tous les rapports, il est, par exemple, meilleur de soigner ou de contribuer qu'un seul enfant pauvre soit aidé à mieux profiter de l'école que de se ménager un anniversaire solennel, etc., etc. Il démontrerait aussi que si l'on commençait seulement par de petites sommes à faire une fondation et qu'on l'augmentât et conservât avec soin, elle s'élèverait avec le temps à un capital suffisant pour couvrir tous les frais nécessaires; que le Seigneur tient compte du don d'un denier, et que de la main du pauvre, qui le prend de son nécessaire, il est plus agréable que de grandes sommes provenant du superflu du riche.

S'il leur faisait de telles instructions et s'il donnait lui-même l'exemple, pensez-vous qu'il n'en résulterait rien, et qu'il ne trouverait pas d'imitateurs? Si, en outre, il faisait connaître les dons qui viendraient petit à petit grossir la fondation, de même que sa conservation , son produit et l'emploi du revenu annuel, et s'il en laissait une indication précise à son successeur avec une exhortation fraternelle de songer à son amélioration et de continuer de la même manière à 'augmenter; je vous le demande, ne parviendrait-on pas à la fin à créer une belle et bonne fondation ? Je laisse tout cela à vos réflexions (i); que le Dieu tout-

[l) En Belgique, où les instituteurs reçoivent un traitement de l'état, ces bndalions sont moins nécessaires ; mais elles y seraient aussi fort utiles Dour l'araélioralion du sort des instituteurs et des écoles elles-mêmes, qui ieraient mieux pourvues des objets nécessaires aux enfants pauvres, etc.

(Note da Trad.)

28 INTRODUCTION d'oVERBERG.

puissant vous éclaiie, vous soutienne et vous fasse embrasser tout ce qui est bon, et qu'il vous inspire de me recommander de temps en temps à sa miséricorde. (Le traducteur vous adresse instamment la même demande.)

A Messieurs les Instituteurs.

C'est à vous, chers frères en J.-C, qu'est destiné ce Manuel, comme le titre vous l'indique suffisamment. Faites-en votre vade-mecum, votre livre de lecture de tous les jours; lisez-y souvent, mais peu à la fois, et ce peu, tâchez de le comprendre à fond et de vous l'approprier; à cet effet, revoyez-le et relisez-le sans cesse.

Si vous ne saisissez pas l'un ou lautre passage, tâchez d'obtenir quelque éclaircissement de la part de vos supérieurs ecclésiastiques ou d'autres personnes. Lorsque vous avez bien compris un paragraphe, lorsque vous l'avez bien médité et que vous vous l'êtes rendu assez familier pour le mettre en pratique d'une manière convenable, faites-en l'essai; mais jamais avant de le posséder parfaitement bien; car, le faire auparavant, c'est courir le risque de ne pas réussir et, par suite, d'être porté à croire erronément que la méthode proposée ne vaut rien du tout. Et ne vous effrayez pas de la perspective que cette lenteur vous empêchera d'introduire dans votre école toutes les améliorations que ce Manuel vous montrera pouvoir y être introdiles; tout n'en ira que mieux. Des inslituteurs ne mettent souvent le trouble dans les communes, que parce qu'il veulent tout changera la fois.

Agissez plus prudemment; marchez pas à pas lorsqu'il est question d'introduire du nouveau. Ce à quoi vous devez d'abord regarder, cest de faire régner dans votre école l'ordre et le silence, et de lâcher d'instruire vos élèves selon la méthode simultanée. Améliorez ensuite tantôt ceci, tantôt cela, et efforcezvous chaque jour de remplir de mieux en mieux vos fonctions. Que la grâce de Dieu, notre Sauveur, vous y excite et vous donne les forces nécessaires !

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