‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 79 sur 156 · CV · texte numérisé non relu

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Rendez-les attentifs aux nombreux bienfaits qu'ils ont reçus et qu'ils reçoivent encore tous les jours du bon Dieu, et tâchez, en les leur rappelant souvent, de les amener à s'en réjouir, à se faire une habitude d'y penser fréquemment. Persuadez-les chaque jour davantage que Dieu aime tous les hommes d'un amour vraiment paternel, et qu'il gouverne le monde avec sagesse et bonté, c'est-à-dire, qu'il n'arriver rien icibas que par l'ordre ou la permission de Dieu ; que Dieu, dans tout ce qu'il ordonne ou permet, a les vues les plus sages; qu'il connaît et emploie les meilleurs moyens pour atteindre son but , et que ce but n'est autre que notre sanctification et notre félicité vraie et durable; qu'il est encore plein de miséricorde pour nous lorsqu'il permet que nous éprouvions des désagréments et des contrariétés. Dieu châtie ceux qu*il aime; Dieu nous traite comme ses enfants; car, quel est le fils que son père ne châtie pas ?,.. Il nous punit pour notre bien, afin que nous recevions son salut, (Hebr. XII, 6. 7. et 10).

DE PÉDAGOGIE. ib\

Tachez de leur faire paraître toujours de plus en plus claire et évidente cette vérité : Qu'aimer Dieu et avoir la conscience de faire le bien pour lui plaire, est le seul moyen de rendre l'homme réellement heureux, c'est-à-dire, intérieurement tranquille, gai et content; que chacun, dans son état, peut aimer Dieu, faire le bien et, par conséquent, être heureux.

Quel bonheur pour vous et pour vos élèves, si vous parvenez à leur persuader, par leur propre expérience, que la crainte du Seigneur, (ce sentiment respectueux et filial, qui fait éviter soigneusement tout ce qui lui déplaît) réjouit le cœur, le remplit de contentement et de bonheur. (Prov. 1. i2).

Habituez-les, autant que vous le pourrez, à juger et à apprécier selon leur juste valeur les choses temporelles, afin qu'ils considèrent si, et jusqu'à quel point, elles peuvent contribuer à porter l'homme à aimer Dieu, à faire le bien et, par conséquent, à le rendre plus heureux.

Vous les y habituerez insensiblement si vous jugez vous-mêmes les choses temporelles de cette manière, et si vous le montrez par vos actions et par vos paroles.

De là , ne parlez jamais de beaux habits et de mets friands comme d'objets qui sont vraiment désirables. Proclamez au contraire celte vérité : « Des vêtements simples, une nourriture frugale et saine nous rendent plus propres à faire le bien et, par conséquent, nous donnent plus de chances d'être réellement heureux. » Ne dites jamais : En voilà qui sont heureux: ils ont beaucoup d'argent; ils ont un revenu considérable. — Ce n'est pas ainsi que s'exprimait Jésus-Christ ; apprenez-lenr que, selon sa doctrine, l'argent et les richesses font le malheur de ceux qui y attachent leur cœur; et que cet amour de la fortune naît aisément chez les riches. Ajoutez :

« L'argent et les richesses font le malheur de ceuK qui n'en font pas bon usage; et, pour bien les employer, il faut avoir du discernement, savoir réfléchir et se vaincre. L'argent et les richesses ne rendent heureux que lorsqu'on sait s'en servir pour faire le bien » et qu'on le fait de bon cœur. » — Ne dites jamais non plus : quel avantage pour nous, que nous serions heureux si nous n'étions pas obligés de travailler. Cela est faux : le travail est pour nous une source de plaisirs. Nul ne savoure la douceur du repos, du sommeil et de la nourriture, s'il n'a travaillé. Les fruits que Von s'est procurés par son propre travail, sont le double meilleurs. Aussi voyez les enfants, ils courent dix fois plus souvent aux arbres qu'ils ont plantés eux-mêmes qu'à ceux qu'un autre a plantés; et si leurs arbres croissent, fleurissent, portent des fruits, quelle joie! ils sont loin de se réjouir autant de la belle venue, de la floraison et des fruits des arbres que d'autres ont plantés. Le travail est, de sa nature, utile et agréable. Il nous est aussi nécessaire que le boire et le manger. Un homme qui depuis longtemps n'a ni bu ni mangé, éprouve un certain malaise; il l'éprouve également si son esprit et son corps ont été privés de tout travail. Le boire et le manger dont on a usé modérément , fortifient le corps et raniment l'esprit; le travail modéré produit le même eff'et. L'assiduité au travail nous préserve des tourments d'un ennui dangereux, de nombreuses tentations et de mauvais désirs. Il est certainement salutaire aussi que nous soyons dans la nécessité de travailler pour vivre et pour devenir meilleurs. Car, s'il n'en était pas ainsi, nous passerions plus de temps dans l'oisiveté, nous nous ennuyerions davantage, nous commettrions plus de mal et nous nous rendrions toujours plus malheureux ; car , l'oisiveté est le commencement de tous les vices, et elle conduit à une fi» malheureuse.

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§ cvi.

Sixième règle. — Distribuez convenablement les récompenses et les punitions.

Cette règle est si importante, et eile exige de tout instituteur de la jeunesse tant de discernement, de réflexion et de prudence, qu'elle mérite d'être traitée séparément; nous la renvoyons à la fin de cet ouvrage; elle V sera l'objet d'une dissertation développée. (§ 2!5-!240).

IBÉTIIODIQIE GÉNÉRALE.

De la mélliode d'enseigner.

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