‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 85 sur 156 · CXVII · texte numérisé non relu

CXVII

Troisième moyen. — Rendez votre instruction profitable et amusante. — Elle sera telle, si vous êtes :

l" Toujours affables, gais et actifs;

2" Si vous suivez un bon ordre dans vos leçons et si vous rendez clair et palpable, pour vos élèves, tout ce qu'ils doivent apprendre;

5" Si vous vous servez fréquemment de comparaisons justes, d'exemples, d'histoires, de proverbes, etc.

4" Si vous cherchez dans l'instruction à occuper les yeux de vos élèves. Montrez-leur donc les objets mêmes, si cela peut se faire, ou montrez-en les dessins, si vous les possédez, sinon tracez-les sur le tableau noir;écrivez

de temps en temps ce que vous voulez expliquer, ou faites-le chercher à vos élèves dans leur livre, et faitesles suivre mot à mot.

5" Si vous tâchez de les porter à réfléchir et à trouver d'eux-mêmes ce qu'ils doivent apprendre. Afin de les y porter, faites-leur lire premièrement le passage que vous voulez leur expliquer, et ditesleur sur quoi ils doivent surtout fixer leur attention. Avant l'explication, faites relire une ou plusieurs fois le morceau qu'on doit expliquer. La lecture finie, demandez-en le contenu et examinez s'ils comprennent tel ou tel point pris séparément ; s'il s'est présenté à leur esprit quelque idée, et laquelle? Prenez plaisir à ce qu'ils vous disent, et, lorsque vous voyez qu'ils ont réfléchi, témoignez-leur-en votre satisfaction. Liez ensuite conversation avec eux et amenez-les, autant qu'il est en vous, à trouver d'euxmêmes, ou du moins à paraître avoir découvert comment on doit entendre ou faire telle ou telle chose. Vous pouvez agir de même pour d'autres branches de l'enseignement; par exemple, vous écrivez un problème de calcul sur le tableau; faites les réfléchir sur la marche à suivre pour le résoudre; mettez-les, sans qu'ils s'en aperçoivent, sur la voie ; cherchez avec eux et, lorsqu'ils y sont parvenus, faites-les avancer seuls de quelques pas , pour leur laisser la joie d'avoir trouvé d'eux-mêmes la solution. Dites souvent d'avance à vos élèves qu'ils devront bientôt après , ou un peu plus tard , imiter , répéter , mettre par écrit, ou employer de quelque manière que ce soit, ce que vous allez leur expliquer.

S£C033I> AB.TICLE.

Des différentes sortes d'idées; de la provision qu'en ont

les e.ifants ^ et des diverses sources d'où elles

proviennent,

§ CXVIIL

1° Définition et division des idées.

Quand on pense à un objet, par exemple, à une rose, notre âme se représente cet objet; celte représenialion distincte des choses se nomme idée. Les signes ou qualités qui nous font connaître un objet se nomment signes dislinctifs, marques. Plusieurs choses ont des marques communes entre elles, elles se nomment marques communes ou générales; elles servent à distinguer une classe d'objets d'une autre; mais non un objet seul de tous les autres. Ce qui, en particulier, fait reconnaître une chose, et la fait distinguer de toutes les autres, se nomme une marque propre, caractéristique ou particulière. Les marques qu'on trouve toujours à une chose sont permanentes ; les autres sont variables. Quiconque veut toujours reconnaître une chose quelconque doit apprendre à en connaître les marques permanentes,

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