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CXIX

Souvent nous ne nous leprésentons que les marques communes de plusieurs choses; nous avons alors une idée générale. Mais si nous pensons à une chose en particulier, nous avons une idée particulière. Lorsque nous nous représentons un objet tel qu'il est en réalité, ou que nous lui approprions les signes et les qualités qu'il a, nous en avons une idée juste, vraie; s'il en est autrement, nous en avons une idée erronée, fausse.

DE PÉDAGOGIE. iG9

§ cxx.

Lorsque nous poiivons assez bien nous représenter une chose ou que nous la connaissons assez pour pouvoir la distinguer d'autres de même nature, nous en avons une idée claire; sinon, nous en avons une idée obscure. Lorsqu'on veut rectifier Tidée fausse qu'on a d'une chose, il faut apprendre à en connaître les marques propres. Or, on apprend à les connaître par un examen attentif, par la comparaison, la réflexion et l'explication. Lorsque nous pouvons montrer et expliquer les signes auxquels nous connaissons un objet, nous en avons une idée nette; si nous ne pouvons le faire, notre idée est confuse ou embrouillée. Il y a plusieurs choses dont nous n'avons pas d'idée nette ; et la cause doit en être attribuée , ou à la chose, ou à nous-mêmes. Enfin, l'idée est complète ou incomplète, selon que nous connaissons ou que nous ne connaissons pas les marques nécessaires pour distinguer en tout temps tel objet de son semblable.

Nos idées sont donc :

Générales ou particulières;

Vraies ou fausses;

Claires ou obscures;

Nettes ou confuses;

Complètes ou incomplètes.

§ CXXL

De ce qui précède, vous pouvez conclure que vos élèves doivent :

i° Etre tenus en garde contre les idées fausses;

2° Concevoir des idées nettes des choses dont la connaissance leur est nécessaire, si vous ne voulez pas qu'ils les confondent , et qu'ils soient imbus d'idées fausses, à leur grand détriment et à celui

d'autrui.

i/r MANUEL

3* Les idées les plus nettes sont les meilleures, et elles sont nécessaires si Ton veut spécifier la différence des choses ou les décrire à d'autres, et apprendre à les connaître.

A"" Lorsque vous voulez vérifier si vous-mêmes avez une idée nette d'une chose, vous n'avez qu'à vous demander : Puis-je me rendre compte en quoi celte chose diffère de tell6 autre ou de toutes celles avec lesquelles on pourrait la confondre? Par exemple : sais-je en quoi la contrition parfaite diffère de l'imparfaite; l'économie, de l'avarice.

§ CXXIL

2® Provisiou et qualité des idées chez les enfants.

Vos élèves ont déjà quelque idée de maintes choses qu'il leur est utile ou nécessaire de connaître; il en est aussi plusieurs dont ils n'ont pas la moindre connaissance. Les idées qu'ils ont déjà sont en partie fausses, en partie fort obscures, confuses ou trèsincomplètes. Or, les idées ou les opinions fausses qui peuvent être nuisibles maintenant ou le devenir dans la suite, doivent, autant que possible, être redressées. Les idées obscures des choses dont la connaissance est utile ou nécessaire à vos élèves, doivent, à l'occasion, être rendues claires; les idées confuses, nettes; et les idées incomplètes, complètes. Les idées nécessaires qui leur manquent encore doivent leur être inculquées.

§ GXXIIL

Pour corriger les idées vicieuses des enfants et leur en donner de justes, claires, nettes, complètes, vous devez observer avec soin les trois points sui vanls.

Premier point. — Vous devez apprendre à connaître la provision et la qualité des idées de vos élèves. Vous acquerrez cette connaissance : 1° par un examen minutieux et fait d'une manière convenable; 2° en faisant attention aux discours et à la conduite de vos élèves; 3" en vous mettant au courant des idées ot des opinions erronées qui sont adoptées dans le pays : car vos élèves en sont déjà imbus, ou ils le seront bientôt, si vous ne les prévenez.

Deuxième point* — Vous devez montrer à vos élèves le plus clairement possible que telles ou telles idées erronées qu'ils ont déjà ou qu'ils pourraient adopter, sont fausses; car, si vous ne le faites, ou ils ne les al)andonneront jamais, ou , s'ils ne les ont pas encore adoptées, ils les adopteront un jour.

Troisième point, — Si vous voulez montrer à vos élèves la fausseté de leurs idées et leur en donner do justes, claires et nettes, vous devez toujours leur montrer la voie par laquelle l'homme parvient à concevoir une juste idée de telle ou telle chof e.

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