‹ Manuel de pedagogie et de methodique generaleChapitre 89 sur 156 · CXXVII · texte numérisé non relu

CXXVII

Deuxième Règlf. — Faites que vos élèves remarquent en eux-mêmes, c'e t-à-dire^ dans leur sens intérieur, les objets qui sont du ressort de ce sens.

C'est là l'unique moyen de leur apprendre à les connaître convenablement. Afin d'y procéder comme il faut, distinguez les trois cas suivants.

§ CXXYIII.

Premier cas, — Si l'âme de vos élèves fait ou éprouve réellement ce que vous voulez leur apprendre, vous n'avez d'autre chose à faire qu'à les rendre attentifs à l'action présente, ou au sentiment qu'ils éprouvent. Par exemple, supposé que la nouvelle S8 répandit dans l'école qu'un élève chéri de ses condisciples se fût blessé à la tête en tombant; qu'à cette triste nouvelle la tristesse s'emparât de ■tous les élèves; vous auriez une belle occasion de leur apprendre à connaître la pitié. Vous n'auriez, en effet, qu'à les rendre attentifs au sentiment qu'ils éprouvent en ce moment en eux-mêmes et qui les rend tristes; leur dire ensuite que la tristesse produite par la pensée des maiix d'un autre, se nomme pillé; de cette manière ils apprendraient, par ce qu'ils éprouvent dans leur intérieur, ce que c'est que la pitié.

Des enfîints qui aiment sincèrement leurs parents ,

DE PÉDAnOGÏE. Ï75

n'ont qu'à être poiiés à reniîirquer ce qu'ils éprouvent, si on veut leur apprendre ce que c'est que le sentiment d'aimer, ou comment on est disposé envers celui qu'on aime! Vous pouvez leur parler de la manière suivante.

« Aimez-vous vos parents? — Pourquoi les aimezvous? — Il est vrai qu'ils vous font beaucoup de bien, qu'ils vous en ont toujours fait et qu'ils ont souvent à souffrir pour pouvoir vous en faire encore davantage. Que vous en semble, vos parents sont-ils bien bons? — Donc vous les estimez. Qu'éprouvezvous vous-mêmes lorsque vous réfléchissez qu'ils sont bons et qu'ils sont heureux? Est-ce du chagrin ou du plaisir? — Du plaisir, c'est certain. — Or si vous pouviez leur procurer un lK)nheur perpétuel, le feriez-vous? — Oui sans doute; vous avez donc le désir de conserver et d'augmenter leur bonheur.

— Vous est-il indifférent que vos parents soient contents ou mécontents de vous, qu'ils vous aiment ou qu'ils ne vous aiment pas? — Non; vous avez aussi le désir de plaire à vos parents et d'en être aimé. Ainsi donc vos dispositions envers vos parents consistent à les estimer — à être heureux de leur bonheur — à désirer de les voir toujours plus heureux

— enfin, à désirer de leur plaire et d'en être aimés. Or, savez -vous comment on appelle le sentiment qui naît de ces dispositions? — Bien, cela s'appelle aimer ses parents. — Pouvez-vous me dire maintenant ce que c'est qu'aimer ses parents, ou quelles dispositions on doit avoir envers eux pour les aimer? »

Vous pourrez ensuite leur montrer ce que c'est qu'aimer Dieu et son prochain.

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